DES TRAVAUX DES ANATOMISTES QUI ONT SUIVI HARVEY
1641. Dewale (Jean), Walæus, né à Koudekercke , bourg de la Zélande, près de Middelbourg, le 27 décembre 1004. Nommé en 1648 professeur de médecine à l’université de Leyde ; il fut un des premiers à se rallier à la découverte de la circulation du sang et des vaisseaux lymphatiques.
Epistolœ duœ de motu chyli et sanguinis ad Thomam Bartholinium , Gasparis /ilium, Leidœ , 1641, in-8°.
Methodus medendi brevissima , ad circulationem sanglants adornata, Ulm , 1660,in-12.
Le nom de Dewale a été cité dans la découverte de l’enveloppe fibreuse du foie ( Capsule de Glisson ); mais nous avons vu, en parcourant l’anatomie de Vésale, que déjà ce giand anatomiste lavait décrite, et que par conséquent ni Dewale ni Glisson ne peuvent revendiquer cet honneur.
1641. Schneider ( Conrad -Victor ) , de Bitterfeld, en Misnie , professeur de botanique , d’anatomie et de pathologie à 1 université de Wittenberg. Il a principalement écrit sur la membrane pituitaire et les os de la tète. Il rectifia
I erreur que 1 humeur catarrheuse suinte du cerveau par la lame criblée de lethmoïde. La membrane des fosses nasales
porte encore aujourdhui son nom. ( Membrana Schneideriana. )
Liber de osse crebri forint, et sensu ac organo odoratus, et moi bis ad ulru/nque spectantibus , de coryza, hcemorrhagia narium, polypo , sternutatione , omissione odoratus. Wiltenbergœ , 1655, in-12.
1642. Wirsung (George), célèbre anatomiste Bavarois.
II piofcssa 1 anatomie à 1 université de Padoue. Onlui attribue
GLISSON.
la découverte du conduit pancréatique. (Voir Haller, biblioth. anat. )
1651. Highmore (Nathanaël) né à Fordingbridge , dans le comté d’Hampton en 1614. Son nom se rattache aux sinus des os maxillaires supérieurs. ( Antre cl’ Hijyhmore.)
1653. L’histoire pour être juste ne doit pas oublier que Michel Lyser a contribué à la découverte des vaisseaux lymphatiques. (Voir Barthollin). On a de Lyser un bon manuel de l’anatomiste.
Culter cinatomicus } hoc est methodus hrevis } facilis et perspicua artificiose et compencliose humana corpora incidendi , cum nonnidlorum instrumentorum iconihus. Hafniœ , 1653.
1654. Glisson (François), né càRampisham, dans le comté de Dorset, en 1597. Il fut professeur de médecine et d’anatomie à l’université de Londres , et un des premiers membres de la réunion de savants qui fut l’origine de la Société royale de Londres. 11 mourût en 1677.
Le travail par lequel Glissou est connu en anatomie a pour titre : Anatomia hepcitis, cui prœmittuntur quœdam ad rem anatomicam universe spectanüa. Londini 16o4. Cet ouvrage parut dix ans avant celui de Malpighi; il ne faut donc y chercher aucune des vues élevées que Ion trouve dans ce dernier: il renferme même des erreurs dans lesquelles l’anatomiste italien s’est gardé de tomber. Ainsi Glisson admet encore les conduits hèpatico-cystiques que quelques anatomistes du siècle précédent avaient imaginés dans des vues théoriques, malgré les dénégations de Fallopia. Ce qu’il y a des plus remarquable dans le travail de Glisson c’est la description de la tunique propre du foie , connue encore aujourd’hui sous son nom.
En résumé le livre de Glisson est au-dessous de sa grande réputation. On n’y trouve aucun des procédés qui caractéri-
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sent le profond anatomiste. Il s est contenté de faire dans le loie différentes coupes afin de reconnaître les prolongements de sa capsule. Quant a 1 arrangement de ses éléments organiques, il n’y est indiqué que d’une manière hypothétique et nullement d’après l’observation directe. Ainsi il n’admet aucune communication entre la veine porte et la veine cave } il prétend aucontraire que cette première s’abouche avec les canaux cystiques et hépatico-cystiques ; il fait communiquer les nerfs avec les vaisseaux lymphatiques , et considère ces premiers comme étant destinés à porter aux organes les matériaux de leur nutrition. Cette propension aux hypothèses a fait dire à Haller de Glisson : Vir profundœ médita tionis , multipliai prœter anatomicam cognitionem , lande conspicuus } non qnidem ampla dissecandorum cadavei um opportum ta te instructus } ea } quee ci supererat , sollicitas asus est } ut tamen in hypothèses promis esset. (Bibl. anat.)
Glisson est un des premiers qui aient écrit sur l’irritabilité, mais nous n’avons pas à le juger sur ce point qui est du ressort de la physiologie.
Après ces anatomistes nous devons mentionner d’une manière spéciale un médecin qui, par l’attention qu’il a apportée à l’étude du système nerveux peut en être nommé en quelque sorte l’Harvey : nous voulons parler de Willis (Thomas), né à Bedwin dans le comté de Wilt, le 6 février 1622. Il fit ses études au collège du Christ à Oxford et les interrompit avec d’autres condisciples pour aller à la défense de Charles II , attaqué par les Parlémentaires. Ceux-ci ayant triomphé, il revint à Oxford pour y suivre les cours de la faculté de médecine. Il fut reçu bachelier en 1646, et après le rétablissement de Charles ( 1660), il fut nommé professeur de philosophie naturelle. Peu de temps après il se fit recevoir docteur en médecine. Il quitta
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Oxford en 1666 pour aller s’établir à Londres, où il devint bientôt un des médecins les plus célèbres et les plus recherchés de la Capitale. Cette position attira à Willis beaucoup d’ennemis , car on prétend que sa mort, qui arriva en 1675, fut en partie déterminée par les attaques auxquelles il avait été en butte.
Le principal titre de Willis comme anatomiste est son travail sur le cerveau et les nerfs : Cerebri anatome , cui accessit nervorum descriptio et usus. Lond. 1664, in-4°, travail remarquable pour l’époque où il fut composé, tant à cause des faits qu’il renferme, qu’à cause de la hauteur de vues à laquelle son auteur s’est élevé. On peut dire que Willis est le fondateur de l’anatomie de l’encéphale. Succédant à Yésale , à Fallopia , à Yarole , etc. , dont les recherches surlecerveauavaientété faites presque sans direction, faute de termes de rapports , AVillis a dû les refaire afin d’y introduire l’ensemble et la méthode quelles réclament. En effet, parmi ces organes si divers et si multipliés dont l’encéphale se compose . on n’avait fait aucune attention ni à l’ordre dans lequel la nature les a disposés, ni à leurs connexions. On s était contenté de couper le cerveau par tranches , les uns procédant de haut en bas , les autres en sens contraire , mais tous n’obtenant pour résultats que des parties mutilées et détachées de leurs rapports réciproques; de-là , comme 1 observe Willis , une source de confusion dans la détermination de ces parties : Hinc factum qaod vetercs anatovnici , in cerebro dissecando , quidprimum , quid secundum , quidque deinceps ordine naturœ collocaretur h and satis attendentes , (jloburn ejus quasi in taleolas resciderint , et phœnomena e tali scctione casu cmcryentia , pro verts cerebri partibus facile habuerint ■ curn intcrea tamen ab ahis , dissectione aliter institut a , partes et processus a pnombus lonye diversi appareant. 11 importait donc de cor-
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rigcr ce vice de dissection; c’est ce que l’anatomiste anglais a obtenu au moyen de sa méthode. Voici en quoi elle consi.sfc : Apres avoir étudié l’enveloppe externe du cerveau . se.s îeplis, ses sinus, il 1 examine dans sa configuration extelieuie, d abord à sa partie supérieure, ensuite à sa base. Pour cela, il soulève 1 organe d’avant en arrière , ayant soin de noter les parties dans l’ordre où elles se présentent. Nous devons à cette manière de procéder la classification des paires nerveuses crâniennes telle quelle subsiste encore de nos jours. Il conseille d’injecter les artères cérébrales afin de pouvoir mieux en suivre les distributions ; de cette manière il a pu en donner une démonstration plus complète que ces devanciers. Il a surtout fixé l’attention des anatomistes sur l’anastomose des artères cérébrales postérieures et des carotides internes par la communicante ( artère communicante de W illis). Il extrait ensuite l’encéphale de la boîte du crâne ; et le dépouille de ses membranes , puis relevant les lobes postérieurs il prolonge au moyen de deux incisions sémicirculaires la fente cérébrale jusqu'aux scissures deSylvius, et détachant le corps du trigone de son pilier antérieur, il î en verse toute la masse antérieure de manière à mettre à nu le méso-lobe. Les organes inter-hémisphériques se présentent ainsi à nu, et on peut les étudier sans changer leurs rapports ou leurs connexions. C’est, pensons-nous, la méthode que Laurencet a proposée de nos jours.
Maintenant que nous connaissons la méthode de l’anatomiste anglais, nous allons le suivre dans les différentes parties que son travail embrasse , et examiner en combien il se rapproche de celui des modernes.
Les anatomistes de nos jours s’accordent généralement à considérer l’encéphale comme formé d’une série de ganglions alignés du côté tergal de l’animal , et reliés entre eux par un cordon de connexion, qui est la moelle épinière;
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celle-ci est composée elle-même de deux cordons parfaitement semblables , adossés l’un à l’autre , laissant entre eux , sur la ligne médiane , des sillons plus ou moins profonds et prononcés, et réunis par des commissures; l’une grise, pulpeuse existant au centre de la moelle; les deux autres plus superficielles, et formées par la substance blanche de chaque cordon , constituant une sorte d’entrecroisement. De ces dernières, l’antérieure ou la ventrale est la plus importante ; elle n existe qu a 1 origine de la moelle allongée , vers le sommet des pyramides , et n’est évidente que dans un petit nombre d’animaux , ceux qui occupent les degrés les plus élevés de lechelle (mammifères.) Arrivées vers les vertèbres céphaliques , les deux moitiés de la moelle commencent à s’écarter l’une de l’autre , pour gagner chacune des paires de ganglions dont l’encéphale se compose. Les faisceaux antérieurs où les pyramides traversent le pont de Varole , et après avoir formé les cuisses du cerveau , trouvent sur leur trajet deux nouveaux renflements, les couches des nerfs optiques et les corps striés , dans lesquels ils se renforcent et s’épanouissent pour former les plans fibreux des hémisphères du cerveau. Celui-ci peut donc être considéré comme formant la paire antérieure des ganglions, et comprend des masses plus ou moins volumineuses qu’on peut se représenter comme formées pai une sorte de feuillet replié sur lui-même, de dehors en dedans et de haut en bas, de manière à embrasser des cavités connues sous le nom de Ventricules latéraux. Les éminences ou les circonvolutions qui se développent à la surface de ces hémisphères chez les vertébrés supérieurs , sont également comme le résultat d’un autre plissement qui permet la multiplication de la surface cérébrale sans augmentation de son volume apparent. Parmi les parties qui entrent dans la composition du cerveau , il faut distinguer