‹ Précis de l'histoire de l'anatomieChapitre 52 sur 101 · VV ILLIS · texte numérisé non relu

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soigneusement les organes latéraux au pairs et les médians ou impairs; les premiers, tels que les couches des nerfs optiques, les corps striés, les pieds d’hypocampe et les circonvolutions elles-mêmes appartiennent au système dirigent. Les seconds, comme le corps calleux, le septum, le trigone, les commissures du ventricule médian, etc., font partie du système convergent et constituent des moyens d union des deux hémisphères. En avant de la paire cérébrale se présentent les masses olfactives, désignées ordinairement sous le nom de nerfs olfactifs. Le plus généralement elles forment des dépendances du cerveau avec lequel elles communiquent au moyen d’un pédicule creux dans quelques espèces. M. De Blainville les considère comme de véritables ganglions sans appareil extérieur, formés comme les autres paires , d une couche extérieure de substance grise et dune couche intérieure blanche. Cet anatomiste leur donne pour commissure transversale la commissure antérieure du ventricule médian, et il regarde comme leur moyen d’union avec le centre un double faisceau de fibres blanches qui passe sous les corps striés, va se réunir aux pédoncules cérébraux , et aboutit aux cordons pyramidaux de la moelle.

Immédiatement en arrière de la paire cérébrale sont placés les lobes optiques , ou ce que l’on nomme les tubercules quadrijumeaux , parce que dans leur état parfait de développement, ils offrent à la surface de leur masse commune quatre éminences mamillaires séparées par un double sillon cruciforme. Les ganglions de cette paire sont un peu creusés en dessous: leur commissure transverse est fort épaisse; ils communiquent avec la moelle par des faisceaux qui se rattachent aux renflements olivaires de celle-ci , et envoient a la paire cérébrale une commissure longitudinale, en même temps quils en reçoivent une du cervelet {Processus cerehelli ad testes .)

AVILLIS.

Celui-ci constitue la paire postérieure, cl est composé d’une partie fondamentale qui forme une seule masse sur la ligne médiane , à laquelle s’ajoutent latéralement deux lobes plus ou moins considérables, qui finissent même par constituer la portion la plus volumineuse du ganglion, ou les hémisphères du cervelet. La commissure transverse de cette paire se fait par des fibres qui vont passer sur la face inférieure de la moelle allongée, et qui constituent là ce quon appelle la protubérance annulaire, ou le pont de Varole. Sa communication avec le centre est établie par les faisceaux restif ormes , et avec les tubercules quadrijumeaux par les processus cercbelli ad testes (Hollard.)

Tel est l’encéphale considéré dans son ensemble ; étudié dans la série, il nous présente des modifications qu’on peut rapporter aux suivantes.

La moelle épinière est développée en raison inverse du cerveau et directe des lobes optiques. Elle se forme avant ce dernier, et n’est point constituée , comme Gall l’a prétendu , par une série de renflements analogue à la double série de ganglions qui remplacent la moelle épinière dans les animaux articulés. Elle consiste d’abord chez les jeunes embryons en cordons non-réunis en arrière, et qui forment une gouttière qui se ferme en arrière quand les deux cordons viennent à se toucher et a se confondre, de manière que l’intérieur de la moelle est alors creusé d’un long canal qui est la continuation du calamus scriptorius (ventricule du cervelet.) Cet état est permanent chez les vertébrés inférieurs.

L’entrecroisement des pyramides antérieures existe chez l’homme ét les mammifères. Chez ces derniers il devient de moins en moins apparent en descendant des quadrumanes aux rongeurs.

WILLIS

Chez les oiseaux on ne remarque qu’un ou deux faisceaux tout au plus dont l’entrecroisement soit distinct.

Chez les reptiles et les poissons l’entrecroisement n’existc plus.

Chez les Ovipares (poissons, reptiles, oiseaux) les tubercules quadrijumeaux ne sont qu’au nombre de deux, et ils occupent la face supérieure de l’encéphale , entre le cervelet et les lobes cérébraux 5 leur forme est toujours ovalaire.

Les tubercules quadrijumeaux sont développés dans toutes les classes et les familles de la même classe , en raison directe du volume des nerfs optiques et des yeux.

Le cervelet est lormé de trois parties bien distinctes, une moyenne , le verrnes (lobe médian) , et deux latérales , les hémisphères. Ces parties sont constamment développées en raison inverse l’une de l’autre.

Dans toutes les classes, les reptiles exceptés, le lobe médian du cervelet est développé en raison directe du volume des tubercules quadrijumeaux.

Dans toutes les classes les hémisphères du cervelet sont développés en raison inverse de ces mêmes tubercules.

La protubérance annulaire est développée en raison inverse des tubercules quadrijumeaux et de la moelle épinière, et en raison directe des hémisphères du cervelet.

Chez les reptiles, les oiseaux, les mammifères et l’homme, les couches optiques sont en raison directe du volume des lobes cérébraux , et en raison inverse des lobes optiques.

Les couches optiques n’existent point chez les poissons.

La glande pinéale existe dans les quatre classes des vertébrés.

Elle a deux ordies de pédoncules, les uns provenant de la couche optique, les autres des tubercules quadrijumeaux.

Les corps striés n’existent pas chez les poissons, les reptiles et les oiseaux. v

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Chez les mammifères leur développement est proportionné è celui des hémisphères cérébraux.

Chez les poissons le cerveau forme un simple bulbe arrondi, situé au devant des tubercules quadrijumeaux et dans lesquels s’épanouissent les pédoncules cérébraux.

Dans les trois classes inférieures les lobes cérébraux sont sans circonvolutions , comme aussi sans cavité ventriculaire.

Les circonvolutions apparaissent dans les mammifères.

La corne d’Ammon (pieds d’hypocampe) n’existe ni chez les poissons , ni chex les reptiles, ni chez les oiseaux.

Elle existe chez tous les mammifères , plus développée chez les rongeurs que chez les ruminants , chez ces derniers que chez les carnassiers les quadrumanes et 1 homme , où elle est , toutes choses égales d’ailleurs , moins prononcée.

La voûte à trois piliers manque chez les poissons et les reptiles.

Elle manque aussi chez la plupart des oiseaux ; mais on en rencontre les premiers vestiges chez quelques-uns , tels que les perroquets et les aigles.

La voûte à trois piliers suit chez les mammifères, le rapport de développement de la corne d Ammon.

Elle est plus forte chez les rongeurs que chez les rumi- /nants; chez ceux-ci que chez les carnassiers, les quadrumanes et l’homme.

Il n’y a ancun vestige du corps calleux dans les deux classes inférieures des vertébrés ; cette commissure ne commence à apparaître que chez les oiseaux , où l’on n’en observe

encore que le genou antérieur.

Le corps calleux ainsi que le pont de Y arole sont des parties caractéristiques de l’encéphale des mammifères.

Le corps calleux est développé en raison directe du volume des corps striés et des hémisphères cérébraux ; il augmente progressivement des rongeurs aux quadrumanes et à l’homme.

VYILLIS.

Le corps calleux est développé en raison directe du développement de la protubérance annulaire.

Les hémisphères cérébraux , considérés dans leur ensemble , soûl ( lév eloppés en raison directe des hémisphères du cervelet , et en raison inverse de son processus vermiculaire supérieur.

Les hémisphères cérébraux sont développés en raison inverse de la moelle épinière et des tubercules quadri-

jumeaux.

Les nerfs ne naissent pas du cerveau pour se rendre aux organes , mais ils se rendent au contraire des organes au cerveau et à la moelle épinière , pour se mettre en communication avec ces centres nerveux. (Serres.)

On nous pardonnera d’être entré dans ces détails; ils étaient nécessaires pour bien apprécier toute la valeur des travaux de Willis.

Line première remarque à faire, c’est que l’anatomiste anglais à compris 1 immense avantage que l’anatomie de 1 homme peut tirer de l’anatomie comparée ; il ne s’est pas contenté d’étudier le cerveau humain, mais il l’a comparé à celui des animaux; méthode à la fois sûre et philosophique, et dans laquelle la nature semble en quelque sorte s’être chargée de faire l’analyse d’un organe si difficile a etudier, quand on le prend à son summum de développement : Ipsius cerebri humant moles immensa impedimento est , quo minus accurate intricatissima ejus compares , varnque recessus et appendices disccrni et investiejari poterint : quœ quidem omnia , veluti in epitomen redacta, Zootomia magis commode et plane refert.

Il étudie les organes cérébraux dans l’ordre où ils sont places sur le trajet de la moelle; cette dernière est pour lui un faisceau de connexion, une espèce de gros nerf

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d’où procèdent les autres nerfs de l’économie. En cela il était d’accord avec les anatomistes de son époque , l’embryogénésic n’ayant pas encore fait connaître la manière dont l’axe cérébro-spinal et les nerfs se rélient ensemble. D’après cette même manière de voir il fait procéder la moelle du cerveau et du cervelet; de chaque hémisphère il fait partir un faisceau fibreux qui, après avoir traversé les corps striés , les couches des nerfs optiques et la protubérance annulaire, vont constituer les pyramides. Il y admet cependant un ordre de fibres ascendantes et descendantes , chargées du transport des esprits animaux : Quando cerebrum eo ritu discinditur , ut prominentiœ , quœ medullœ oblongatœ crurum apices sunt, nudœ relinquantur istœ per longum in medio seccntur ( nimirum in parte medullari ubi corpori calloso conjungebantnr) , atque interior earum substantia per totum striata apparehit ; scilicet striœ medullares prorsum et retrorsum ascendere et descendere videntur : ne quis dubitet , quin istœ striœ relut ductus sive canales facti a natura fuennt, pro spirituum e corpore calloso in medullam oblongatam et e contra , itu redituque.

W illis n’a pas connu l’entrelacement des fibres des pyramides ; cependant il a su qu’ils se présentent à différents dégrès de développement chez l’homme et les mammifères; qu’en deçà de ces derniers elles manquent complètement, et que leur volume est en raison directe de celui de la protubérance annulaire : Hœc corpora pyramidalia ,

quamdiu eadem pia mater investit , et vasorum plexibus obducit , non ita manifesto apparent ; verurn membrana isthac avulsa , adeo conspicua sunt , prœsertim in homine et cane , ut nervi velut majores videantur ; in quibus animalibus protuheraniia annularis paulo major est , hi processus ab eadem ad rectos angulos

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produit j ampliores conspectiorcsque existant, et e contra m volucrïbus plane desunt. De même il fait voir qu’il existe des rapports de structure entre le cerveau de l’homme et celui des mammifères, mais que toutefois çel organe subit une dégradation évidente, à mesure qu’on descend dans la série. A partir des rongeurs les circonvolutions s effacent : In quadrupedibus minoribus , uti , Mure , Lepore , Cunicido et quihusdam aliis, cerebri superficies omnino plana et œquabilis , anfractibus caret; tamen a limbi complicatione et fornicis subtensione , cavitas , ventriculos reprœsentans , résultat.

Les ovipares ne présentent plus ni circonvolutions , ni corps calleux , ni trigone. Chez les oiseaux chaque hémisphère est creusé d’un ventricule recouvert par une membrane striée; ces hémisphères sont réunis entre eux par des commissures que 1 on voit au fond de la scissure médiane , disposition qui est surtout apparente sur le cerveau de l’oie et du coq d’Inde : Quo hœc melius perspiciantur , ce? ebri anseris , aut cjalli Indici dissectionem instituas ; atque membranis discissis , cerebri fissuram, et ?nedietateni ejus unam ab altéra levite?'1 comprimendo , diducas. et separare peinas, donec ventum erit ad ipsum fundum, in quo duo corpora medullosa existant, quœ nervorum instar, transvershn prote?isa , he?nisphœria invicem connectunt.

Entre les lobes cérébraux et cérébelleux se présentent les lobes optiques ou les tubercules quadrijumeaux. Willis est le premier qui les ait considérés comme des masses distinctes : Atvero si partium harum situs , carumque ad corpora vicma ?xspectus et habitudines probe ad?iotentur, plane liquebit , ipsas relut ixgionem quamdam peculia rem constituere , a ce?*ebro et cerebello , etiam ab ipsa medulla oblongata prorsus distinctam.

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Il fait cette observation intéressante que ces tubercules sont développés en raison directe des impulsions instinctives de l’animal ; qu’ainsi ils sont moins volumineux chez l’homme et les carnassiers , que chez les ruminants et les pachidermes. II ce protuberantiœ sunt minores m /10mine item in cane et felej denique si recte observavimus, in cœteris animalibus qncc recens édita , ad viciant quœrendum impotentia , et minime instructa sunt: in vitulo , ove,porco, et similibus , longe majores apparent. Il ajoute qu’ils manquent complètement dans les poissons et les oiseaux : In piscibus et volucnbus omnino desunt.

Ici la sagacité de notre anatoministe est mise en défaut par les modifications que présentent les lobes optiques chez les ovipares ; voyant que chez eux ils sont formés non de deux paires, mais simplement d’une paire de tubercules, il les a considérés comme représentant les couches des nerfs optiques du cerveau des vivipares.

Du reste, AVillis a parfaitement déterminé les connexions des tubercides quadrijumeaux , d’une part avec eux-mêmes par une commissure transversale , de l’autre avec la moelle allongée et avec le cervelet : Quoad viani , qua ex medulla oblongata in lias prominentias duciturj manifestum est , quod infra nervorum opticorum origines, utrinque processus medullaris , cum villis sibi propriis } descendit , qui in prominentias prœdictas terminatur : Dein si ex his exitum quœras } ccque clarum est ; e prominentiis postcrioi'ibus } qui testes dicuntur, utrinque procession mcdullarem oblique asccndere, qui in ccrebellum delatus , per totaux ejus compagem divaricatur.

Le cervelet qui vient immédiatement après les lobes optiques reçoit l’expansion de trois faisceaux fibreux; le premier

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venant des Testes ( processus cerebelli ad testes ); le second venant du cervelet lui-même, et croisant le premier dans sa direction pour embrasser la moelle allongée; le troisième allant s’insérer directement dans la moelle ( corps restiformes) : In utroque pedunculo cerebrum sustentante } très distincti processus medullares reperiuntur. Horum primus a protubérant iis orbicidaribus emissus , oblique ascendit j secundus recta a cerebello descendons , et per priorem decussatim transie ns j medidlam oblongatarn circumdat ; tertius processus c postica ccrebelli regione descendons , mcdullcc oblonyatœ inseritur, ejusque truncum , relut chorda adscititia exauyet. Voici comment YVillis explique la formation de la protubérance: Secundus sire médius cerebelli processus , recta ad medidlam oblongatarn descendons , quam pnmum Ixujus latera attingit , non statim iisdem implantari videtur, verum in molein ampliorem succrescens , diversis , nempe circularibus fibris , ejusdem medidlœ superficiem ambit: Cuinque adeo in utroque latere , istiusmodi ambo cerebelli processus ^ a summitate caudicis medullaris versus basin ejus delati , mutuo occurrunt , circularem istam prohiber antiam efficiunt.

Il résulte de cette disposition qu’il existe un rapport de développement entre le cervelet et la protubérance. L homme et celui qui a cette dernière la plus volumineuse: elle est petite chez les rongeurs; elle manque chez les oiseaux ou du moins elle se trouve réduite à l’état de rudiment : Hujus compages longe amplior est in homine quam in alto quoms animait ; in lepore, cuniculo, mure } et similibus perexigua est: m volucnbus aut omnino deest , aut prœ tenuitate ejus vtx ocidis conspicuus est. Par contre il existe un rapport inverse de développement entre les tubercules quadrijumeaux et la protubérance : Circci ejus molem hœc constans observatio est: Ouibus

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