‹ Précis de l'histoire de l'anatomieChapitre 65 sur 101 · ANG10L0GIE · texte numérisé non relu

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brablcs plexus; enfin leurs propriétés, tant vitales que physiques, furent examinées avec un soin qui prouve qu’on avait compris la part qu’elles prennent à l’accomplissement des actes circulatoires. Les anomalies ou les lésions des artères ne furent point négligées et firent l’objet des recherches d’Abernethy , de Boehmer, de Neubauer, de Walter, de Malacarne, de Scarpa, etc. (Bibliogr.)

Veines.

Les veines donnèrent lieu à moins de recherches que les artères; la découverte de la circulation du sang leur avait fait perdre beaucoup de leur importance , et l’on peut dire que l’on trouve plus de détails sur ces vaisseaux dans les œuvres de Yésale, de Fallopia, d’Eustachi etc. , que dans ceux des anatomistes modernes. Nous citerons cependant pour la topographie, soit générale soit partielle du système, l’ouvrage de Walter sur les veines de la tête et du cou , celui du même auteur sur la veine porte , et enfin les tables de Loder qui sont ce qu’il y a de plus complet à cet égard. (Bibliog. )

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Aucune question n’a donné lieu à plus de débats que celle de l’absorption. Déjà dès la découverte des lymphatiques , nous avons vu les anatomistes se partager en deux camps , celui de l’absorption veineuse et celui de l’absorption lymphatique; et aujourd’hui, après deux siècles de controverses et de recherches assidues , la question n’est pas encore complètement vidée , tant elle présente de difficultés et d’incertitudes. Nous allons tacher cl en faire connaître ici les diverses phases.

Les anatomistes qui découvrirent les lymphatiques, Aselli, Bartholin , Rudbeck , les considérèrent d’abord comme des

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vaisseaux distincts des veines à leur origine , mais s’y ralliant dans leur trajet. A cet effet , ils leur donnèrent des radicules pompant les liquides à la manière des sangsues (voir pag. 250). Cette doctrine qui consacrait, l’absorption des lymphatiques, aux dépens de celle des veines alors généralement admise , fut l’objet de vives contestations. On commença même par nier l’existence des lymphatiques ; mais Ruysch prit parti en leur faveur et publia son beau travail sur les valvules de ces vaisseaux. Il démontra l’existence de ces replis dans toutes les parties du système et la marche qu’ils prescrivent au cours de la lymphe; c était répondre victorieusement et mieux que leurs inventeurs , à tous les adversaires des lymphatiques. La question sembla alors un instant être résolue ; mais bientôt l’absorption veineuse retrouva de nombreux et d’illustres défenseurs dans Van Zwammerdam , Boerhaave , Meckel l’ancien , Haller et Monro Le premier avait vu qu’en liant des vaisseaux mésentériques et les ouvrant quelque temps après audessous de la ligature , on trouvait dans le sang des stries de chyle, qui n’avait pu y être amené que des intestins , et il en conclut qui c’étaient les radicules des veines qui avaient effectué l’absorption. [Nota ad prodroma Hornii.)

Boerhaave se fonda principalement sur la disproportion de volume qui existe entre les artères et les veines mésentériques et sur ce que le sang de ces dernières est plus séreux , circonstances qui lui semblaient prouver que les veines sont destinées à rapporter autre chose que le sang des artères, et qu’elles servent également aux absorptions. ( Prœlec tiones academicœ .T . i,p. 416). Quand aux lymphatiques, nous avons vu qu’il en avait fait la continuation directe du système artériel, ou des artères lymphatiques. (Voir pag. 512.)

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Mcckcl alla plus loin : il supposa que les veines sont pourvues d’orifices béants à la surface et dans toutes les cavités du corps.

Enfin Haller s’appuya sur la non-existence des lymphatiques chez les ovipares ainsi que dans la placenta.

A ces motifs, les partisans de l’absorption lymphatique répondirent par l’expérimentation et des faits anatomiques. John Hunter ayant ouvert l’abdomen d’un chien vivant , prit dans les endroits où il vit des chylifères pleins de chyle et d’autres qui ne contenaient que de la lymphe, deux anses d’intestin correspondant à ces vaisseaux et les embrassa chacune entre deux ligatures , après avoir lié les artères et les veines qui s’y rendaient, et y introduisit du lait par une ouverture qu’il ferma ensuite. Les vaisseaux lactés d’une des anses continuèrent à charrier une liqueur blanche, ceux de la seconde qui, jusque-là avaient été transparents, devinrent blancs à leur tour, mais le sang qui émanait de l’une et de l’autre ne contenait pas la moindre trace de chyle. Ces expériences variées de différentes manières et répétées par d’autres physiologistes , Hexvson, Sheldon , Cruikshank donnèrent constamment les mêmes résultats. 11 en fut de même d’autres expériences où les lymphatiques et les veines ayant ete mis en contact avec des substances reconnaissables par leur odeur ou les réactifs chimiques , ces substances furent retrouvées dans les premiers, et non dans les secondes.

Cette expérience, il faut bien le dire, ne renversait point l’observation de Van Zwammerdam qui avait bien constaté la présence du chyle dans les veines mésaraïques; nous allons faire voir comment de nouveaux faits diminuèrent peu à peu l’importance de lobservation de l’anatomiste hollandais et finirent meme par détruire les conséquences qu’il en avait tirées.

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Le premier fut la découverte des lymphatiques , qu’on avait cherché vainement jusque-là au-dessous des mammifères; Haller avait prétendu que, chez les ovipares en général, les veines mésaraïques seules s’ouvrent dans l’intestin et que l’absorption y est exclusivement exercée par les veines. Des recherches nouvelles montrèrent que le célèbre physiologiste s’était trop hâté de conclure; John Iïunter, Monro, Hexvson parvinrent successivement à constater l’existence des lymphatiques , nonseulement chez les oiseaux, mais encore chez les reptiles et les poissons. Les résultats de leurs recherches furent , que chez ces derniers les absorbants forment de nombreux plexus qui remplacent les ganglions; qu’on ne rencontre point de valvules dans leur intérieur, en sorte qu’on peut les injecter aisément par les troncs , caractères qui semblent les rattacher au système vasculaire des classes inférieures du règne animal. Dans la morue, par exemple, et probablement dans beaucoup d’autres espèces, ils forment, entre les tuniques musculaire et villeuse du canal intestinal , un beau réseau dans lequel le chyle absorbé semble se réunir d’abord; de-là ils aboutissent à une large citerne située du côté droit , près de l’orifice supérieur de l’estomac, d’où la lymphe passe par des plexus et enfin , par un étroit orifice , dans la veine jugulaire.

Le système lymphatique des reptiles diffère peu de celui des poissons: il n’a ni glandes ni valvules, et forme à son origine des réseaux plexiformes qu’on serait tenté de prendre pour des veines, tellement ses ramifications sont volumineuses. Cette absence des ganglions et leurs communications nombreuses avec les veines, confondent, en quelquesorte, ces deux ordres de vaisseaux en un seul système. A partir des oiseaux, les ganglions se forment sur le trajet des lymphatiques et l’on y observe des valvules encore incomplètes, puisquelles n’empéchent point la rétrocession de la

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lymphe. Leurs connexions avec le système veineux continuent à être très-nombreuses , principalement avec les veines intestinales^ rénales et sacrées.

Chez les mammifères , les lymphatiques prennent un caractère d individualité qu’ils ne présentent point, dans les ordres précédents. Leurs communications avec le système veineux sont moins nombreuses ; des valvules complètes tracent le cours de la lymphe, et de nombreux ganglions apparaissent sur leur trajet. Abernethy (1) a signalé dans les glandes mésentériques de la baleine, des cavités dans lesquelles s’ouvrent non seulement les vaisseaux lymphatiques du canal intestinal, mais encore les artères et les veines ; ce qui permet au chyle de se mêler aux exhalations provenant des artères , et de passer immédiatement dans les veines. De semblables communications ont été constatées parVrolik dans le phoque.

Tels sont les faits d’anatomie comparée qui renversent complètement les assertions de Haller, et qui réduisent à sa juste valeur l’expérience de Yan Zwammerdam , sur la présence du chyle dans les veines du mésentère. 11 est bien clair en effet que du moment où il existe une communication entre les veines et les lymphatiques, on n’a plus besoin de recourir à une absorption veineuse pour expliquer le passage de ce liquide dans le torrent veineux.

Tout semblait donc favorable à un retour vers l’absorption lymphatique; cependant on était encore arrêté par les incertitudes qui régnaient sur l’origine de ces vaisseaux. Nous avons vu que Boerhaave, se fondant sur les expériences de Nuck, avait admis une continuité directe entre les artères et les lymphatiques (page 512), et cette opinion avait

(J) Philos, trans. 177G. pag. 27.

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été admise par tous les physiologistes de son école , surtout par Haller dont l’autorité était si puissante. L’état de la question réclamait donc de nouvelles recherches dont voici les résultats.

Le premier qui révoqua en doute l’existence des artères lymphatiques, fut Monro, professeur à l’université d’Edimbourg : Disserta tio de vents lymphaticis et earum in primis origine ; Berol. 1757. Il soutint que les lymphatiques naissaient des diverses surfaces du corps , soit internes, soit externes , se fondant sur les injections et les expériences physiologiques de John Hunter.

F. Meckel, un des disciples les plus distingués de Haller, prétendit que les absorbants communiquaient avec les surfaces au moyen d’un tissu gélatineux , enveloppant leurs extrémités : Nova expérimenta et observationes de finihvs venarum et vasorum lymphaticorum in ductns visceraque excretoria corporis humani , ejusdemque structurai utilitate. (. Berlin 1771.) Cette opinion fut également admise par Blumenbach.

Lieberkuhn examina au microscope les villosités intestinales , et il crut voir que chaque vaisseau lacté se renflait à son origine pour former une petite ampoule ovalaire , au sommet de laquelle était une ouverture , et quelquefois plusieurs pertuis : Ramusculus vasis lactei extenditur in ampullulam vel vesiculam ovulo haud absimilem , in cujus apice foraminulum quoddam exiguum microscopio detegitur. Interdum tarnen , licet rarissime, plurima, ut ex papillis mammarum, vidisse memini. Pour arriver à cette conclusion il avait soin de remplir les chylifères de lait . en en nourissant les animaux qu il ouvrait ensuite , ou en en laissant boire à des personnes mourantes. (. Dissertatio anatomica, pliysiologica , de fabrica et actione villorum intestinorum tenuum hominis ; Âmstel. 1760.)

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Hcdwig admit une opinion analogue : il étudia les villosités intestinales de l’homme, du cheval, du chien, de la poule, de l’oie, de la carpe, du chat , de la souris, du veau ^ etc. , mais il ne parvint pas à constater chez tous les orifices ou les bouches absorbantes. ( Disquisitio ampullanmi Lieberkuhn physico-micro scopie a ; Lipsiœ 1797.)

ÏIcYA son, sans admettre les ampoules de Lieberkuhn, dit que les villosités sont cylindriques, spongieuses et garnies à leurs extrémités de porosités qu’il regarde comme les orifices des vaisseaux lactés. ( Experimental inquiries part. II, containiny a description of the lymph. syst. in the hum. subj. and in other animais.)

Cruykshank admit avec Hunter, non une bouche unique au sommet de chaque villosité , mais un nombre variable d’orifices répandus sur toute leur surface. [The anatomy of the absorbent visselsin hum an body ; Lond. 1786.)

Enfin parut la magnifique iconographie de Mascagni , ouvrage prodigieux sous le rapport des recherches qu il nécessita , et qui résume l’état de la science sur les lymphatiques, pendant le cours du 18me siècle.

Mascagni (Paul), naquit en 1752, au Castellet, hameau du Haut-Siennois. Il fit ses études médicales à Sienne, sous le professeur Tabarini cpii remarqua son zèle et son adresse et dirigea scs travaux anatomiques. Mascagni fut en état de succéder à son maître , en 1 / / 4 , dans la chaire d’anatomie que la perte de la vue ne lui permettait plus d’occuper. De cette époque datent ses recherches faites au moyen du microscope sur la structure intime des parties , et scs premières vues sur les tissus élémentaires. L’étude du système lymphatique préoccupait alors vivement les esprits; Mascagni se livra à des recherches toutes spéciales sur ce système. Les premiers de ses travaux sur ce sujet furent adressés par lui à l’Académie des Sciences de Paris, qui

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avait proposé trois fois de suite, pour sujet de prix, l’exposition de l’ensemble de ce système. Ses mémoires étaient en français et mal écrits ; le vice de la forme nuisit au mérite de l’ouvrage , et le prix ne fut point donné par l’Académie. Du reste ce n’étaient là que les premières ébauches de la grande iconographie qui parut en 1787, et qui plaça Mascagni au rang des grands anatomistes de l’Europe.

En 1800^ il passa de l’université de Sienne à celle de Fisc , et un an après il fut appelé à Florence pour y enseigner, dans le grand hôpital de Santa-Maria-Nova , l’anatomie, la physiologie et la chimie. Mascagni mourut le 19 Octobre 1815.

Comme tous les hommes qui ont fait d’une partie de la science l’objet d’études exclusives , Mascagni tomba dans des exagérations qui nuisirent peut-être à la confiance que son habileté et son expérience devaient inspirer. Il présenta les lymphatiques comme formant la base de l’organisation de tous les tissus, jusqu’aux dents , les cheveux , l’épiderme, les ongles. Déjà Bordeu avait dit que le tissu muqueux est le siège des absorptions, et nous avons vu de quelle manière ingénieuse il avait appliqué cette idée à scs théories médicales. De nos jours, elle fut encore reproduite par Fohrnann , qui présente également la substance muqueuse ou non injectable , comme l’origine de tous les lympathiques du corps.

Selon Mascagni les parties élémentaires consisteraient en vaisseaux absorbants , prenant naissance par des bouches ou des orifices libres , analogues aux points lacrymanx ; ces vaisseaux par leur réunion constitueraient les membranes les plus simples et les parois des plus petits vaisseaux sanguins , lesquels formeraient à leur tour les membranes plus composées. Nous verrons, dans la période suivante, comment celte manière de voir fut modifiée par Fohmann.

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Avec Mascagni la question de l’absorption lymphatique lut résolue , et elle fut généralement admise jusqu a l’époque où MM. Magendie et Ségalas vinrent de nouveau la mettre en doute.

Des poumons.

Depuis les recherches de Malpighi , il avait été généralement reconnu que les poumons se composent de cellules ou de vésicules formées par l’expansion des dernières extrémités bronchiques, et sur les parois des quelles viennent se répandre les ramifications des artères et des veines pulmonaires. L’anatomiste italien n’avait attribué à ces organes, dans l’acte respiratoire, qu’une part purement mécanique, et cette opinion, qui résultait évidemment du défaut de connaissances chimiques, subsista jusque vers la fin du 18me siècle , époque où l’immortel Lavoisier substitua à la théorie de l’hématose imaginée par les anciens , et dont le cœur était censé être le siège, sa théorie chimique de la respiration, qui rendit enfin aux poumons toute leur importance. Parmi les travaux qui ont été faits sur ce sujet dans le cours du 18me siècle, on doit citer celui d Helvetius qui voulut substituer aux vésicules de Malpighi un simple parenchyme celluleux. (Bibliog.) La question importante des changements que la respiration imprime aux poumons à la naissance fut pour la première fois agitée durant cette période. Ce fut Ploucquet qui appela sur ce point l’attention des médecins légistes, et qui établit les règles de la docimasie pulmonaire. Scheel posa cette question importante : l’eau amniotique introduite, dans les voies respiratoires, ne peut elle pas devenir chez le fœtus une cause d’asphyxie. Conimentatio de liquoris amnii asperœ arteriœ fœtnurn humanorum naturel et usu , ejusque in asphyxiant neanatorum et niedicinam forensem influxu . (Copenhague 1799.) Enfin les maladies des pou-

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mons donnèrent lieu à celle série de recherches qui, commencées par Auenbrugger et poursuivies dans le siècle suivant par Bayle, Laënnec ^ Louis, Andral etc., avec un talent d’observation si admirable , devaient faire des lésions organiques des poumons, sous le rapport du diagnostic, la partie la plus avancée de la médecine pratique.

Du système glandulaire.

Depuis Malpighi et Ruysch , les opinions des anatomistes sur la structure des glandes ont été partagées , et l’on est encore à se demander si ces organes se composent d’un système de follicules ou d’un entrelacement de vaisseaux. Nous avons fait connaître le débat qui s’est élevé entre Ruysch et Boerhaave sur cette question importante (p. 299). Il serait inutile d’v revenir ici, et d’ailleurs nous aurons occasion de démontrer dans le cours de cet ouvrage , par des préparations qui ne nécessitent point le secours du microscope , que l’opinion de Malpighi est réellement l’expression de ce qui se passe dans l’intimité du système glandulaire.

Parmi les ouvrages qui ont paru sur les glandes en général , nous devons citer celui de Bordeu , dans lequel cet auteur se contente d’examiner ces organes dans leurs conditions de forme, de position et sous le rapport de leurs propriétés vitales , afin de prouver que c’est à ces dernières que la sécrétion doit être rapportée (page 575). Nous y ajouterons ceux de Hugo et de Terraneus. Parmi les traités spéciaux, nous mentionnerons celui de Siebold sur le système salivaire, de AAalther et de Trew sur les glandes sublinguales. S tenon et AVarthon nous avaient déjà fait connaître les conduits excréteurs des glandes parotide et sousmaxillaire : Walther découvrit ceux des glandes sublinguales. Bianchi, Bertrandi , Franken, Gunz , Ferrein , Ambodiek,

SYSTÈME GLANDULAIllE.

F. A. Walther et Saunders étudièrent le foie; on doit dire que leurs travaux ont été calqués sur ceux de Malpighi , et que c’est ce dernier qui a traité la question de la manière la plus complète et la plus philosophique. (Voir page 285).

Le pancréas avait été peu connu des anciens ; ce ne fut qu’en 1G45 que son canal excréteur fut découvert par Wirsung (duel us Wirsungianus). Depuis, il a été l’objet des recherches de De Graaf, de Rinteln , d’Hoffmann, de Santorini. (bibliog.)

Ce fut Vésale qui donna les premières notions sur la structure de la rate : il fit voir que cet organe est spongieux , formé d’une multitude de lamelles et de fibres trèsdéliées, laissant entre elles des intervalles irréguliers dans lesquels les vaisseaux spléniques se répandent ( Voir page 151). Quant à ses usages il la considéra comme un diverticulum de l’estomac , attirant à lui la partie âcre de de la bile qui aurait nui à la digestion (page 152.)

Depuis, Malpighi trouva dans ce parachyme celluleux des corpuscules arrondis et blanchâtres qu’il prit pour des glandes, (page 291). Ruysch au contraire contesta leur existence et ne vit dans la rate qu’un entrelacement de vaisseaux , où les veines l’emportaient sur les artères par leur capacité et par leur nombre. Les anatomistes sont restés indécis entre ces deux manières de voir, et aujourd’hui encore toute incertitude n’est pas levée. Nous aurons soin de faire connaître , en son lieu , l’état de la science sur ce point. Pour les recherches faites sur la rate , dans le cours du 18me siècle, consultez Stukeley, Duvcrnoi, Ouellmalz, Rolof, Lassone, Wcrlhof, Lobstein. (Bibliog.)

Depuis les admirables recherches d’Eustachi et de Malpighi sur la structure des reins, on a ajouté peu de faits fondamentaux à ceux que ces anatomistes nous ont fait connaître. Cependant l’examen repris par Bellini, et plus

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tard, dans le cours du 18,ne siècle, par Berlin, Ferrein, Droysen, Schumlanski , a servi à confirmer ce que. 1 on connaissait des deux substances de ce viscère et de leurs rapports réciproques. Ferrein est parvenu à reconnaître les conduits excréteurs des glandulcs disséminées dans la substance corticale, ( conduits de Ferrein.) Le nom de Bellini a été attaché aux conduits mêmes des tubulures, [conduits de Bellini ), mais ne leur appartient pas en bonne justice, puisque déjà Eustacbi et après lui Malpighi les avaient décrits.

Nous avons vu qu’il n’est pas encore question des capsules surrénales dans l’ouvrage de Vésale ; après lui Fallopia et Euslachi en parlent , cependant ils ajoutèrent peu d’importance à ces organes. Depuis on les considéra comme des glandes imparfaites, c’est-à-dire sans conduits excréteurs. Cette opinion , déjà admise par Bartholin et Peyer, ensuite par Valsai va, et qui tend à rapprocher les capsules surrénales du thymus et du corps tyroïde , cette opinion , disons-nous, acquiert de la valeur, quand on les examine dans leur développement pendant la période fœtale.

Parmi les auteurs qui se sont occupés de cet objet , consultez : Morgagni, Boeckler, Mayer, Riegcls , Leonhardi. J. F. Meckel. (Bibliog.)

De la (/lande thyroïde.

Se fondant sur l’idée que le corps thyroïde est de la nature des glandes, les anatomistes du 18me siècle s’attachèrent à chercher son appareil excréteur; Vater, Sanlorini, Cosclnvilz, et Schmidtmuller crûrent avoir découvert un ou plusieurs conduits qui s’étendaient de la glande dans le larynx, dans la trachée ou sous la langue. Duvernoy, Morgagni, Haller, démontrèrent que ces conduits n’existent point , et qu’on avait pris pour tels soit des veines soit des

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troncs lymphatiques. Consultez Evertze, Sanlorini, Duvernoy, Lautb père, Morgagni, Lalouette et Gunz. (Bibliog.)

Thymus.

La connaissance du thymus est fort ancienne : déjà Lu fus , anatomiste grec de l’époque qui s’écoula entre Erasistrate et Galien, en parle comme d’un organe dont l’existence n’est pas constante. Depuis l’on reconnut sa cause de cette absence, qui n’est pas réelle, mais tient à la disparution après la naissance. Consultez Muller, Hugo, Hewson. (Bibliog.)

Testicules.

Ce fut Vésale qui , le premier, nous fit connaître la structure des testicules. Nous avons vu combien ce grand homme s’était rapproché de la vérité; il nous représente ces organes comme étant formés par un nombre prodigieux de conduits pelotonnés et qui, après avoir percé la tunique albuginée donnent naissance à un réseau inextricable d’où partent les conduits déférents (p. 156). Depuis , les testicules ont fait l’objet des études de Haller, de Monro , de Hunter, de Prochaska , d’Albinus, et leurs recherches ont été entièrement conformes à celles de l’anatomiste belge. Le nom d’Hyghmore se rattache à la cloison fibreuse que traversent les canaux séminiféres avant de former le réseau dont il est déjà question dans Vésale, et auquel on a donné à tort le nom de Hunter. (Voir la bibliogr.)

Le phénomène si remarquable de la descente du testicule chez le foetus , fixa l’attention des anatomistes dans le cours de ce siècle. Haller, Hunter, Camper en firent connaître toutes les circonstances et en expliquèrent le mécanisme ; on connaît la gaine de Haller, le gouvernail de Hunter, le cylindre de Camper. On peut encore consulter sur ce

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sujet Arnaud, Lobstein, J. F. Meckel , Girardi, Santorini, Paletta, Wrisberg, Vicq-d’Azir, Brugnone, etc. (Bibliog.)

La connaissance des canaux déférents et des vésicules séminales est fort ancienne ; nous avons fait voir à l’article de Fallopia (pag. 197) que la découverte de ces organes n’appartient même pas à cct anatomiste, mais à Ch. Estiennes; depuis, Haller en a fait l’objet d’une étude spéciale. (Bibliog. )

Des ovaires.

Nous rapprochons ici les ovaires des testicules, parce qu’on les a longtemps confondus , et que par conséquent leur histoire ne saurait être séparée. Malgré le rapprochement que l’on a fait entre ces organes , il faut remarquer qu’on leur a trouvé de tout temps une structure distincte. Déjà, dans Mathieu de Gradi et dans Vésale, il est question des petits corps glanduleux dont les ovaires sont couverts. Ce n’est donc pas à R. De Graaf, dont elles portent le nom, qu’il faut rapporter l’honneur de leur découverte , d’autant plus que cet anatomiste s’est mépris sur la véritable nature de ces vésicules, en les prenant pour les ovules même. En général, il faut se méfier des noms propres attachés aux organes, puisque le cours de cette histoire prouve qu’ils sont loin de constituer un droit à la priorité des découvertes. On peut consulter pour les ovaires, sur lesquels du reste les anatomistes n’ont rien fait connaître de nouveau depuis De Graaf, les observations de Gunz, de Motz et de Santorini. (Voir la bibliograph. )

De 1‘ utérus.

L’utérus a fait l’objet d’un nombre considérable de recherches; indépendamment de celles qui appartiennent au 17me siècle et auxquelles se rattachent les noms de Van Zwammer-

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dam, de Drelincourt , de Bartholin, de Nuck, de Ruysch:, nous trouvons dans le dix-huitième Vater, Huber, Haller, Buclrvvald , Weitbrecht , Sue, Roederer, Simson, J. G.AValter, Loder, Weisse , Azzoguidi, Rozenberger, Ribke, Titius, Morgagni, et enfin AVilliam Hunter qui s’est immortalisé par son magnifique ouvrage sur l’utérus dans l’état de grossesse.

Malgré tous ces travaux et les hommes distingués qui les ont entrepris , il s’en faut de beaucoup qu’on soit parvenu à démêler toutes les circonstances relatives à la texture de l’utérus. Une question dont il s’est principalement agi dans le cours du 18me siècle, est celle de la nature musculaire de cet organe 5 les uns l’ont niée , les autres l’ont admise se fondant surtout sur l’état du viscère pendant la grossesse. Là en effet est le nœud de la question , car il est bien évident que les fibres de la matrice subissent, pendant cette période, des transformations qui les font passer par les différents états qui séparent la fibre celluleuse de la fibre musculaire proprement dite. Nous aurons soin de revenir sur cette question importante , sur laquelle les travaux des anatomistes de notre époque ont jeté tant de lumières.

Le premier ouvrage où il est question des muscles de l’utérus est celui de Vésale, cpii parle des deux plans fibreux étendus du fond du viscère le long de ses ligaments ; ce sont ceux que Mad. Boivin a décrits dans ces derniers temps. Vint ensuite Ruysch qui fit connaître le muscle expulseur (pag. 299), et enfin les auteurs que nous avons désignés plus haut et qui , à l’exception de J. G.AValter (1), Azzoguidi

(1) Dans cette réproduction continuelle du nom de Walter, il faut remarquer qu’il y a trois anatomistes du nom de Waller : Jean-Théophile Walter, professeur d’anatomie et d’obstétrique à l’université de Berlin, fondateur de la collection qui s’y trouve, et que le roi de Prusse acheta pour le prix de 400,000 francs, pour ne pas laisser se disperser tant de richesses. La formation

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Bœhmer et Ribkc , admirent les fibres musculaires , sans y reconnaître cependant une disposition aussi régulière que celle que Ruysch avait décrite.

Le nom de Nabotli se rattache aux kistes membraneux que Ton trouve quelquefois dans l’utérus , où on les a confondus à tort avec les œufs de De Graaf. ( OEufs de Naboth.)

Nous terminons ici cet examen spécial des travaux des anatomistes du 1 8nie siècle parce que , dans le cours de l’ouvrage , nous aurons l’occasion de revenir sur chacune des questions qui ont été agitées pendant cette période. Ainsi l’anatomie avait continué à marcher et chacune de ses parties s’était enrichie de nouvelles découvertes. Ramenée de la fausse direction où l’avaient engagée les systèmes de Deleboe et de Boerhaave , elle avait repris la voie de l’observation de la nature, celle qu’Hippocrate , Yésale, Dodoens, Har véc, Malpighi avaient suivie, et dans laquelle nous avons vu les Bordeu , les Bichat , les Yalsalva , les Morgagni obtenir tant de nobles et de légitimes succès.

de ce beau Musée doit être considérée comme un des plus beaux titres de cet anatomiste, car si l’on estime tant la publication d’un bon livre, que ne doit point valoir l’exposition, dans un cabinet public , des merveilles de l’organisation, dont sans doute la description la mieux faite, où les figures les plus parfaites ne peuvent donner qu’une idée incomplète et bien inférieure à ce que la nature nous présente elle-même. Walter est l’auteur des planches d’ostéologie que nous avons déjà citées, (Pag. 594.) Il mourût en 1818.

Frédéric-Auguste Walter, fils du précédent, né à Berlin en 1764, auquel nous devons la description du cabinet de son père: Anatomiches muséum , gesammelt van Johann. Gotslib Walter; Berlin, 1790, in-4°, 2 part.

Enfin Augustin-Frédéric Walter, né à Wittcnberg en 1668, professeur d’anatomie et de chirurgie à l’université de Leipzig , auquel l’on doit la découverte des glandes sublinguales. (Pag. 425.)

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La Belgique resta étrangère au mou vement rapide imprimé aux scienecs anatomiques, la patrie de tant d’anatomistes et de médecins célèbres, n’eut plus aucun nom à produire , après cette série de noms illustres qui commence à Vésalc et se ferme à l’inventeur du forceps.

CINQUIÈME PÉRIODE

ÉTAT DE L’ANATOMIE

DEPUIS LA FIN DU I8me SIÈCLE JUSQU’A NOS JOURS.

SOMMAIRE

Anatomie génétique. — Loi de l’unité de composition des êtres organisés. — Aristote. — Harvey. — Wolf. Sœmmering. — Ovologistes de nos jours. — Examen spécial des travaux des anatomistes durant cette période. — Récapitulation générale.

ANATOMIE GÉNÉTIQUE

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