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la communicalion des lymphatiques avec les veines rénales et sacrées ; le premier aussi il fit voir ces vaisseaux dans les oiseaux de proie , notamment dans la buse.
En 1827 il fit paraître la première partie de son ouvrage sur le système lymphatique des vertébrés. Das saugadersystcm der icerbelthiere. Erstes heft. Das sang ader System der Fische met XVIII Steind/rucktafeln in- fol. ; ( Heidelberg and Leipzig 1827). Cet ouvrage a singulièrement accru la masse des connaissances sur le système absorbant dans cette partie de l’échelle ; on y trouve d’excellentes figures des plexus énormes et compliqués qu’il présente , ainsi que de leurs communications variées avec divers points du système veineux.
En 1852 parut le premier ouvrage que Fohmann a publié depuis son arrivée en Belgique , il a pour but principal de démontrer l’existence des vaisseaux absorban ts dans le cordon ombilical.
Enfin en 1855 il fit paraître son mémoire sur les lymphatiques de la peau , des membranes muqueuses , séreuses, du tissu nerveux et musculaire. Il s’agissait cette fois de démontrer aux yeux ce que l’on avait pu croire impénétrable, l’origine des vaisseaux lymphatiques dans les tissus. Jusqu’ici on n’avait pu voir les lymphatiques à leur origine qu’au moyen du microscope , et le plus souvent l’imagination de l’observateur , ou des opinions préconçues , l’avaient entraîné, au-delà des limites de la vérité, dans un monde idéal où la nature n’était pour rien dans les résultats que l’on prétendait avoir obtenus. Démontrer le système lymphatique sans que l’on eut besoin de recourir aux verres grossissants , les exposer immédiatement à la vue, faire, en un mot, pour eux ce que Ruysch avait fait pour les vaisseaux sanguins , sans toutefois tomber dans ses exagérations , tel fut le problème important que Foh-
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mann s’appliqua à résoudre. « La dernière distribution de ces vaisseaux dans les organes , dit-il , peut être considérée comme un des points les plus obscurs de l’anatomie ; jusqu’ici cette partie du système absorbant n’a été démontrée chez l’homme que dans la peau de la région inguinale , où Haase et Lauth en ont , par hasard , opéré l’injection. La description de ces vaisseaux dans les organes, telle qu’on la trouve dans les ouvrages sur la matière , ne s’étend pas jusqu’au point dont nous parlons. Les auteurs, par exemple , en traitant des vaisseaux absorbants de l’estomac , se bornent à en distinguer deux couches , l’une superficielle entre l’enveloppe du péritoine et la tunique musculaire , l’autre profonde entre cette dernière membrane et la tuniqne muqueuse ; de sorte qu’ils laissent à déviner comment ces vaisseaux sont disposés dans les parties qu’il nous importe le plus de connaître, c’est-à-dire dans les membranes au moyen desquelles l’estomac remplit ses fonctions. En général il nous manque la démonstration anatomique des vaisseaux lymphatiques dans les divers tissus ; Mascagni , immortel par ses travaux sur le système absorbant , n’a pas poussé ses injections aussi loin; ce que nous lui devons sous ce rapport il l’a puisé dans des recherches microscopiques entreprises sur des tissus des animaux , dans lesquels il a trouvé une masse si considérable de ces vaisseaux , qu’il les a regardés comme l’élément constitutif de tous les tissus. Mais quelle que fut l’autorité que l’anatomiste italien eut acquise par l’expérience , on n’accordait néanmoins que peu de confiance à ces observations par le microscope , ou on en niait l’exactitude et on les envisageait comme des effets d’illusion d’optique. La science n’offrant rien de positif sur le sujet que nous traitons, on essaya de suppléer au manque d’expériences par des hypothèses, ce qui donna lieu à cette divergence d’opinions qui subsiste encore de nos jours en cette matière. »
FO H. Il ANN.
« Pour dégager l’anatomie de celte obscurité qui l’enveloppe, il est nécessaire de reconnaître si le problème contre lequel tous les efforts on t échoué jusqu’ici , est susceptible de solution; c’est-à-dire qu’il faut examiner de nouveau s’il est possible de représenter , à l’aide de préparations anatomiques , cette partie des vaisseaux absorbants aussi nettement que nous démontrons dans plusieurs tissus la dernière distribution des vaisseaux sanguins. Nous nous sommes déjà prononcés affirmativement sur cette question dans l’avantpropos de nos mémoires publiés en 1852. En exposant dans les chapitres suivants les résultats de nos recherches, nous nous flattons de fournir la preuve de n’avoir rien avancé qui ne soit établi sur des faits. »
Fohmann aborde ensuite la recherche des absorbants dans les tissus principaux de l’économie. Il nous démontré qu ils forment en général la couche superficielle de ces tissus, celle dans laquelle on ne peut découvrir de vaisseaux sanguins , et où l’imagination, des anatomistes qui 1 ont précédé s est plue à placer leurs vaisseaux séreux, sécrétoires ou excrétoires. On se rappelle encore les débats que cette importante question a soulevés (voir Yieussens). Fohmann trancha la question en faisant voir qu’il n’y a là que des absorbants lymphatiques. Dans la peau il s’en présente une si considérable quantité, qu’il semble que le derme en soit entièrement formé. Ces vaisseaux en s’anastomosant entre eux forment un lacis, s’étendent des deux côtés du derme, percent en tout sens cet organe et en recouvrent les deux faces, de manière qu’on ne peut y enfoncer la pointe d’une aiguille sans léser un ramuscule. D’une ténuité extrême à la surface externe du derme , ils augmentent en dimension à mesure qu’ils se rapprochent de sa face interne, où ils donnent naissance à des rameaux qui produisent, en se joignant, des troncules nombreux , lesquels vont s’unir avec la couche des
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vaisseaux absorbants placés au-dessus de la peau , ou plutôt en constituent la majeure partie. Ces plexus n’ont pas de valvules, on ne trouve à leur place que des rudiments^ qui consistent en rétrécissements et en replis d’une forme irrégulière et si peu développés qu’ils ne peuvent empêcher le mercure de se répandre en tout sens ; les valvules régulières n’apparaissent qu aux branches et aux troncules. Outre ces rétrécissements et ces valvules peu développés, le lacis présente encore eà et là de petites dilatations , et qui appartiennent aux parties internes du derme.
La disposition des vaisseaux absorbants dans le derme offre de l’analogie , sous plusieurs rapports , avec les vaisseaux sanguins dans cet organe , comme dans les autres en général. De même que les artères et les veines, les lymphatiques constituent un plexus dont les rameaux deviennent de plus en plus déliés vers la face externe du derme, et contribuent vers la fin de leur trajet à former le réseau vasculaire. Ils ne sont pas plus pourvus de valvules que les capillaires sanguins ; enfin , comme pour ces derniers , on ne peut y démontrer l’existence de bouches libres , à la manière des points lacrymaux , ou si ces orifices existent , ils ne peuvent se trouver qu’à leurs parois , et ils doivent être d’une ténuité extrême , puisqu’elles ne permettent pas au mercure de s’extravaser. Dans nos injections les plus heureuses , dit Fohmann , nous n’avons jamais vu ce métal percer à la surface de la peau , ainsi que Haase dit l’avoir observé; lorsque ce phénomène eut lieu, il y eut chaque fois lésion du derme.
Fohmann détermine ensuite le rapport de la couche sanguine et de la couche lymphatique du derme. Dans les injections les plus heureuses avec des substances fines colorées dans les artères de la peau , il reste toujours une mince couche qui n’en est pas pénétrée ; cette couche en-
FOHMANN.
veloppe le corps entier , de la même manière que les membranes séreuses revêtent leurs organes respectifs; elle s’étend dans les parties internes, partout où la peau se confond avec les membranes séreuses. C’est dans cette couche qu’une nouvelle injection fait apparaître les vaisseaux lymphatiques, il en résulte que si les vaisseaux lymphatiques et sanguins de la peau ont entre eux des points de ressemblance , que s’ils se portent de dedans en dehors , s’entrelaçant les uns dans les autres pour former le réseau vasculaire , les absorbants à la fin dépassent les sanguins et vont constituer seuls la dernière couche du tissu.
La méthode d’injection de Fohmann consiste en plusieurs manipulations. Il détache d’abord en partie un morceau de la peau qu’il saisit de l’index et du pouce gauche, et y enfonce une lancette bien affilée, de manière à la percer horizontalement et au-dessous de la couche la plus superficielle du réseau vasculaire : puis il introduit dans le petit canal pratiqué par cette opération un tube mince de l’appareil de Sœmmering , et tenant ce tube des doigts mentionnés pour comprimer le canal qui le renferme , il ouvre le robinet du tube pour laisser couler le mercure jusque dans le fond du canal. Parvenu dans ce point il se sert du manche du scalpel pour exercer sur le mercure une pression suffisante. La paroi du canal consistant principalement en lymphatiques dont un grand nombre a été ouvert par la lancette , il s’en suit quelquefois que le mercure se glisse dans un ramuscule lymphatique, et va de-là se répandre par voie d’anastomose dans le lacis de ces vaisseaux. En continuant l’opération on parvient à remplir le plexus dans une étendue considérable.
Fobmann fait remarquer que la peau dans l’état frais ne se prête pas à ces injections. 11 semble que la contractilité des vaisseaux qui subsiste encore pendant quelque temps après
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la mort, empêche le mercure de s’introduire dans leurs minuscules. Pour cela il avait soin de laisser macérer pendant plusieurs semaines et même pendant des mois , dans l’esprit de vin ê 18° les pièces qu’il voulait injecter. Quand on veut faire ces essais sur le cadavre même , il faut attendre que l’épiderme commence à se détacher: quoique ce phénomène soit l’effet d’un commencement de décomposition de la peau , cependant il n’indique pas encore une destruction du derme, et comme il coïncide avec le développement du gaz , l’opération réussit assez souvent, parce que le gaz, en faisant gonfler le derme , pénètre aussi dans les lymphatiques et les distend. Les régions de la peau qui se laissent injecter le plus facilement sont autour du mammelon du sein, au scrotum, sur le gland de la verge.
On pourrait se demander si en suivant le procédé indiqué on n’ouvre pas aussi des vaisseaux sanguins , et si le mercure ne coule pas dans ces derniers au lieu de pénétrer dans les lymphatiques. Fohmann ne nie point la possibilité de ce passage , mais il fait voir qu’il faut l’attribuer à l’opérateur, lorsqu’il a introduit trop profondément la lancette. D’ailleurs il est facile de s’apercevoir de l’erreur ; car, lorsque le mercure coule dans les ramuscules sanguins, il passe rapidement dans les rameaux plus forts, dans les branches et les troncs, tandisqu’en coulant dans les rameaux lymphatiques, il avance lentement et arrive aux troncules lymphatiques, qu’on reconnaît à leurs valvules , et de-là aux glandes correspondantes.
Nous ajouterons que nous avons fait de nombreuses injections mercurielles d’après les indications de Fohmann , et que toujours nous avons réussi, tant ces indications sont exactes et aident l’anatomiste dans son entreprise. On a encore objecté à Fohmann que ces injections n’étaient le plus souvent que des extravasations. Nous déclarons que ceux qui parlent ainsi n’ont jamais essayé d’injecter eux-
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mêmes , sans cela ils sauraient qu’il est tellement facile (le distinguer ce qui est une extravasation de ce qui est injecté , que l’œil le moins exercé ne saurait s’y méprendre. L extravasation se présente toujours par plaques unies , 1 injection est granulée, comme bosselée et indique que le mercure est emprisonné dans les cellules du réseau lymphatique.
Fohmann passe ensuite à l’étude des vaisseaux lymphatiques des membranes muqueuses : on conçoit, que ces membranes ayant une grande analogie de structure avec la peau , les lymphatiques doivent s’y comporter de la même manière; ce sont les mêmes lacis et les mêmes rapports avec la couche sanguine. Nulle part il n’a trouvé des extrémités libres , ouvertes à l’instar des points lacrymaux. On se rappelle que c’est dans les villosités intestinales que Lieberkuhn , Cruickshank et d’autres anatomistes avaient placé les bouches
absorbantes des vaisseaux lactés: Fohmann prouve que ces villosités , étant des prolongements de la muqueuse , en présentent les caractères, c’est-à-dire quils renferment outre un peu de matière animale , les dernières ramifications des vaisseaux sanguins et des absorbants qui dépassent les premiers pour les envelopper. En cela il diffère de 1 opinion de Rudolphi (1) et de J. F. Meckel (2) qui nient la présence des vaisseaux sanguins dans les villosités.
La méthode d’injection des membranes muqueuses est la même que pour la peau. Les parties du système où l’on réussit le mieux , sont à la trachée-artère , à l’œsophage , à l’urètre. 11 est plus difficile de réussir sur les muqueuses intestinales de l’utérus ou de la vessie à cause de leur mollesse.
(1) Anatomisch-physiologisclie abhandlungen. Ubcr die Darimolten. Berlin, 1802. , „ ..
(2) Deutsches archiv. fiir physiologie. 5tcr band 2tes heft. liber ne w
losa der mensclien und einigci thieren.
FOHMANN.
Nous avons réussi le plus souvent sur la muqueuse du vagin tant de la femme que de plusieurs animaux , aucune partie n’étant plus riche en lymphatiques.
L injection des lymphatiques des membranes séreuses conduit notre anatomiste à admettre que ces membranes sont exclusivement formées par ces vaisseaux. Cette injection lui a surtout réussi sur la séreuse abdominale de la poule. On ne peut nullepart, dit-il, démontrer d’une manière aussi évidente la texture de ces membranes que sur l’anse intestinale qui contient le pancréas. Le mercure en pénétrant dans les rameaux lymphatiques qui rampent entre le péritoine et la tunique musculaire , se répand par voie d anastomose dans des ramuscules plus ténus et arrive enfin aux dernières distributions. Dans les parties où l’injection a ainsi réussi , il n’y a plus de péritoine , mais un plexus serré des lymphatiques les plus déliés. L’opinion de Fohmann sur la composition des membranes séreuses diffère donc essentiellement de celle de Bichat et de Béclard. Selon ces derniers , il entre dans la composition de ces membranes , outre les capillaires sanguins et les lymphatiques, des vaisseaux séreux continus aux premiers , que l’inflammation ou 1 injection rendent très - apparents et font paraître plus nombreux. Pour notre part, nous devons déclarer que nous n’avons jamais pu parvenir à obtenir ce résultat. Quelques soins que nous ayons apportés à nos injections , à quelque degré que nous ayons fait rougir les parties , nous n’avons jamais vu les séreuses présenter quelque trace de vaisseaux colorés. Nous n’avons pu également les apercevoir sur des membranes inflammées. En détachant ces dernières, nous avons vu que les vaisseaux sanguins restaient adhérents à la couche sous-séreuse. Nous admettons donc d autant plus volontiers 1 opinion de Fohmann, que nous croyons que l’opinion de Béclard et de Bichat cà l’égard des vaisseaux séreux est basée sur une erreur d’observation , ces