‹ Précis de l'histoire de l'anatomieChapitre 9 sur 101 · PLATON · texte numérisé non relu

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le ventre, séparé du siège du courage par le diaphragme, parce qu’elle est destinée à être régie et être tenue en ordre par la raison au moyen du cœur ou du courage, séparée quelle est de l’une et de l’autre. D’ailleurs , le ventre a été formé d’une manière conforme à son but : la rate a été placée à gauche du foie , afin quelle séparât les impuretés qui pourraient se produire dans les maladies du corps durant le cours de la vie et s’en chargeât ; les intestins sont plusieurs fois repliés sur eux-mêmes , afin que les aliments ne passent pas trop promptement , et que le besoin de la nourriture ne reparaisse pas aussitôt qu’il a été satisfait; car le besoin constant du corps ne permettrait pas de vaquer à la philosophie , et nous mettrait ainsi dans la nécessité de manquer à notre destinée morale. — Nous n’étendrons pas nos citations au-delà ; celles que nous venons de faire suffiront pour montrer que Platon savait appliquer à la physiologie la plus élevée, les idées qu’il avait puisées dans les leçons de son maître Socrate. En général, Platon expose ses vues sous une forme métaphorique, qui en fait souvent méconnaître Je sens. Quelques médecins se sont permis d’en parler comme de rêveries, ou de délires d'un cerveau malade : il faut leur pardonner de n’avoir pas su démêler ce qu il y a sous cette forme abstraite et poétique , de profondément philosophique et de sensément physiologique ; ainsi, lorsqu'il dépeint la matrice comme un animal impatient de eoncevoir,et qui, s’il reste trop longtemps sans le faire, prend fie l’humeur et se met à courir par tout le corps, s'arrêtant à tous les passages de l’air pour reprendre haleine, et donne lieu de cette manière à une foule de maladies (Timée) ; lorsqu’il dit encore que le cœur est en même temps la source des veines et du sang qui tournoie rapidement dans toutes les parties, et qu'il a été établi comme un satellite on comme un commandant : que quand la colère s’allume

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par Je commandemenl de Ja raison, au sujel de quelque injustice, ou de la part du dehors ou au-dedans, par les désirs et les passions , d’abord tout ce qu’il y a de sensible dans le corps se dispose par l’ouverture des pores à écouter ses menaces et à obéir à ses commandements: c’est que Platon est poëte avant tout, et qu’il cherche à rendre dans son langage brillant et figuré l’effet que les réactions instinctives des viscères produisent sur 1 économie.

. Du reste, qu’ont dit autre chose les physiologistes modernes, lorsqu'ils ont avancé que les passions et les instincts ont leur siège dans les viscères de la vie organique? Ils n’ont eu sur Platon que l’avantage de mieux connaître les liens qui rattachent les organes entre eux (le système nerveux viscéral) et les font agir les uns sur les autres.

Platon eut pour disciple Aristote : celui-ci naquit à Stagyre, la première année de la 99nie olympiade (584 ans avant l’ère chrétienne). Son père Nicomaque était médecin et ami d’Amynthas, roi de Macédoine; il descendait par lui d’une famille qui faisait remonter son origine à Esculape. Cette circonstance ne paraît pas avoir été sans influence sur la direction des études de ce grand philosophe : elle prouve d ailleurs que sa famille cultivait depuis longtemps , et comme par tradition , les sciences naturelles et médicales. Le père d’Aristote passe aussi pour avoir laissé des ouvrages sur 1 histoire naturelle et la médecine. — Aristote était; encore fort jeune quand il perdit ses parents : à 1 âge de dix-sept ans il se rendit à Athènes pour s’y livrer à lctude de la philosophie sous Platon, et resta vingt ans près de ce maître. Pour se faire une idée de l’ardei# avec laquelle il s’appliquait alors à approfondir non seulement la philosophie ancienne, mais encore la littérature grecque, il suffit de dire que Platon l’appelait le Liseur, et le distinguait de Xénocrate eu disant que l'un avait besoin île frein et l’autre d’aiguillon.

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La haute réputation qu’il s’acquit comme philosophe, le fit appeler à soigner l’éducation d’Alexandre : on connaît la lettre louchante que Philippe de Macédoine lui écrivit à celle occasion : « Je remercie moins les Dieux , lui disail-il ,

» de m’avoir donné un fils , que de l’avoir fait naître dans » un temps où il sera à môme de recevoir vos leçons ;j’es- » père qu’élevé par vous , il se rendra digne et du sang dont » il sort et de la monarchie qui lui est destinée. » Alexandre se montra reconnaissant des soins de son maître; il mit à sa . disposition tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de scs travaux. Quand il se fut rendu maître de l’Asie , il en fit parcourir les vastes contrées dans tous les sens , afin d’en recueillir les productions naturelles. Aristote se trouva ainsi dans des circonstances où aucun naturaliste ne fut plus depuis; mais, il faut le dire, personne mieux que lui ne pouvait les faire servir aux progrès de la science. Infatigable à letude , doué d’un jugement profond et d’un esprit apte à saisir les rapports des êtres et à les exposer avec ordre et clarté, il fit son histoire des animaux, ouvrage remarquable, surtout pour l’époque où il a été écrit. On dit qu’indépendamment des frais de voyage , Alexandre affecla à cette histoire une somme de 800 talents, c’est-à-dire, à peu près un million quarante-six mille quatre cents francs. Aristote y considère le règne animal comme ne formant qu’un seul être , idée qui a été reproduite de nos jours , et que M. Carus enlre autres a formulée en disant que le règne animal est l’idée de l’animalité répandue dans le temps et l’espace. Il examine les animaux, 1° par rapport à leur composition : ils ont des parties simples (les chairs, les os, les nerfs) et des parties composées, telles que la tête, le tronc, les membres; l’existence de ces dernières parties , l’absence de quelques-unes d’entre elles , leur volume, leur consistance, etc., formant les différences que

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les animaux présentent entre eux; ainsi il y a des parties qui sont communes à tous , le tube digestif, par exemple; d’autres, qui ne sont propres qu’à quelques-uns , les extrémités.

2° Par rapport au mode de respiration : par des poumons , des branchies, ou par absorption directe de l’air.

5° Par rapport au mode de reproduction : une gemme , un œuf, un petit vivant.

4° Par rapport au genre de vie : les uns vivant en société, les autres solitaires, quelques-uns ne quittant pas les lieux où ils sont nés.

Il décrit ensuite chaque organe en particulier, prenant l’homme pour terme de comparaison et considérant les différences ou les ressemblances que les animaux présentent avec lui sous le rapport de leur structure , comme constituant leur essence ou leur nature propre. Arrivé au bas de lechelle, il fait voir que les vers (parmi lesquels il comprend les Zoophytes) forment la transition entre les règnes végétal et animal. Nous nous abstenons pour le moment de juger cette méthode génétique , nous réservant d’y revenir dans la suite ; nous ne devons considérer ici les travaux du philosophe de Slagyrc que dans leurs rapports avec l’anatomie humaine.

Bien qu’Aristote ait rapporté tout à l’homme, il résulte ‘cependant de ses écrits qu’il n’a jamais ouvert de cadavre : ses descriptions si exactes, tant quelles se bornent aux parties externes, deviennent fautives quand il parle des organes profonds ; aussi se hatc-t-il d’avertir que les parties de 1 homme sont inconnues, et qu’on n’a rien de bien certain sur ce sujet, mais qu’il en faut juger par la ressemblance qu’elles doivent avoir avec les organes des animaux. ( Hist . Arum. lih. 1, Cap. IG).

Il divise le corps en tète, col, poitrine, bras et jambes;

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mais quant aux organes en particulier, ses connaissances sont subordonnées non à la nature , mais à ses théories physiologiques. Ainsi il fait du cœur un centre unique, d’où partent à la fois les reines, les artères et les nerfs ; il partage «•et organe en trois cavités qui communiquent avec les poumons; méconnaissant la nature du cerveau, il en fait un organe froid et humide, insensible, ne contenant pas de sang, mais destiné à modérer la chaleur du cœur ; il confond les nerfs avec les tendons et les ligaments. Quant au principe de la vie, il admet que le cœur en est le siège; que de ce a iscère partent à la fois le sang , pour être distribué à toutes les parties par les veines, et le principe vital qui se répand dans le corps par les artères ; que la respiration a pour but de tempérer la chaleur du corps , se fondant sur ce que les animaux qui ont le sang le plus chaud , présentent le plus d’intensité dans l’acte respiratoire : et Omnino igitvr )> animantium natura refrigerationem desiderat , ob )) anima ? in corde incendia , cam autem per respiratio- A> nem moliri soient animalia qnœ non tantum cor ha - )> bent, sed etiani pulmonem , et qnœ cor hahent , sed » puhnone vacant , uti pisces , aqua per branchias re- » frigerantur , quod eorum natura aquatilis est (1).

Il résulte de cet aperçu que si Aristote a rendu de grands services à l’histoire naturelle et à 1 anatomie comparée, il n’en est pas de même pour l’anatomie et la physiologie de l’homme , puisque s’écartant de l’observation de la nature , il s’est laissé guider par des théories à priori . dans l’examen des organes et l’appréciation des fonctions qui leur sont dévolues.

(1) De vrspirnlione.

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