‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 111 sur 215 · LA LITUROIE ET LES ARTS · texte numérisé non relu

LA LITUROIE ET LES ARTS

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dans le Siebengebirg, écrivit vers 1227 douze livres de miraculis et visionibus suce œtatis88. Un auteur de la seconde moitié du treizième siècle mit en rimes allemandes les vies de Jésus-Christ, de la Vierge, des apôtres et des saints 89. Jacques de Viraggio, de Vorayine, dominicain, mort archevêque de Gènes en 1298, disposa, d'après l'ordre du calendrier, les légendes des saints telles qu'elles étaient fixées alors ; ce recueil, connu sous le titre de Légende dorée et plein de fables, acquit une autorité que personne n'osa discuter 90.

^ 52. La liturgie et les arts.

La liturgie, dans son ensemble, était devenue uniforme, quant aux. rites et à la langue, dans toutes les églises de l'Occident ; les particularités nationales avaient disparu. Cette uniformité était la conséquence de la suprématie exercée par les papes et universellement reconnue par les peuples. Le monde catholique forma dès lors un grand organisme, dont la hiérarchie , le système dogmatique et la liturgie étaient les parties inséparables.

Les auteurs qui à cette époque se sont occupés du culte ne l'ont examiné ni au point de vue historique ni d'après une théorie, à laquelle personne ne songeait ; de même que les dogmatistes se sont bornés à démontrer par la dialectique les doc-

8S Cologne, 1591. Nouv. éd. par Strange, Cologne 1850, 2 vol. — Kaufmann, Câsarius von Heistcrbach. Col. 1850.

89 Das aile Passionnai, herausgegeben von Hahn. Francf. 1845. Ne contient que les deux premiers livres ; le troisième, consacré aux saints, avait existé en manuscrit à la bibl. de Strasbourg.

90 Legenda sanctorum, Legenda aurea, parfois avec le titre: Historia lombardica, à cause d'un abrégé de l'histoire de la Lombardie , faisant suite à la légende du pape Pélage. Nouv. éd. par Grâsse, Dresde 1846.

trines traditionnelles, les écrivains liturgiques n'ont fait que décrire et expliquer les cérémonies et les objets servant au culte, en les ramenant par l'interprétation allégorique aux types de l'Écriture sainte. Le principal de ces auteurs est au treizième siècle Guillaume Duranti, évêque de Mende en Languedoc ; son Hationale divinorum officiorum a servi de code liturgique jusqu'à la lin du moyen âge91.

Le culte proprement dit était exclusivement l'affaire du clergé; le peuple n'y assistait plus que comme auditeur ou comme spectateur ; toute la partie chantée de la liturgie était réservée a un chœur composé de clercs. On possède, il est vrai, du douzième et du treizième siècle quelques cantiques en langue vulgaire, mais il est peu probable qu'ils aient été destinés à être chantés dans les églises, il paraît qu'ils ne servaient que lors des processions. En fait d'hymnes ecclésiastiques latines, cette période en a produit plusieurs des plus belles. De Thomas d'Aquin on a le Lauda Sion salvatorem, et le Pange lingua gloriosi corporis mysterium; d'autres ont été composées par des franciscains italiens; Thomas de Gélano, mort en 1260, un des compagnons de François d'Assise et un de ses premiers biographes , est l'auteur du Dies irœ; Giacopone da Todi, mort en 1306 excommunié par Boniface VIII, a composé le Stabat mater speciosa, et son admirable pendant Stabat mater dolorosa92.

Le rituel de la messe consistait en grande partie en antiphones

01 Souvent imprimé depuis la fin du quinzième siècle. Sur l'auteur voir Hist. litt. de la France, T. 20, p. 411. — Il faut citer aussi le Micrologus de ecclesiasticis observationibus d'Yves de Chartres ; les 12 livres de divinis officiis de Robert deDuits, mort en 1135; la divinorum officiorum ac eorumdem rationum brevis explicatio de Jean Beleth , professeur à Paris dans la seconde moitié du douzième siècle. — Voir en général Martène, JJi antiquis ccclcsiœ rilibus. 3e éd. Anvers 1736, 4 vol. in-f°.

92 Ozanam, Les poètes franciscains en Italie au treizième siècle. 5L' éd. Paris 1872.

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