I 54. ÉTAT MORAL DU PEUPLE ET DU CLERGÉ
rompu sortira purifié1071'; Joachim de Flore, au contraire, prédit que les prélats et les prêtres de l'église romaine, devenue la grande Babylone, seront privés de leur pouvoir et que celui-ci sera transféré à de vrais prédicateurs de l'Évangile.
Les laïques, frappés de la discordance entre le caractère sacerdotal et la conduite de beaucoup de ceux qui en étaient revêtus, commencent à leur tour à se plaindre, soit par des satires, soit par des invectives. Les troubadours et les Minnesœnger sont sous ce rapport les organes de leur temps. 11 est vrai que chez les poètes provençaux il y a aussi l'expression du ressentiment national contre l'église qui, pour exterminer les albigeois, avait armé contre le midi le nord de la France; et que chez les Allemands se manifeste l'animosité des partisans des Hohenstaufen contre les papes; mais la preuve que leurs plaintes étaient fondées, c'est qu'elles sont confirmées par celles des clercs. Tels sirventes de Pierre Cardinal, de Bertrand Carbonel, de Guillaume de Figuéiras, tels vers de Walther von der Vogelwcide ne sont pas plus véhéments que ce qu'ont écrit Gerhoh ou saint Bernard.
Cet état de choses explique en grande partie la propagation des sectes. Celles-ci peuvent se partager en deux classes, les sectes réformistes et celles qui ont dénaturé le christianisme.
i07b Hildegarde était religieuse à Bingen. Son Liber scivias avec d'autres écrits qui lui sont attribués, chez Migne, Patrol., T. 197, où sont aussi les visions de la nonne Elisabeth de Schônau, morte 1165.