‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 116 sur 215 · LES SECTES · texte numérisé non relu

LES SECTES

$ 55. Sectes réformistes. — Pierre de Bruis. Henri. Arnauld de Brescia.

Dans cette période les sectes qui ont eu une tendance plus ou moins réformiste sont toutes originaires de pays de langue romane. Plusieurs d'entre elles n'ont eu qu'une importance locale, et ont disparu peu après la mort de leurs chefs. La seule qui ait subsisté est celle des vaudois.

Un des premiers qui aient élevé la voix, non seulement contre les désordres du clergé, mais contre l'église elle-même et ses institutions, est le prêtre provençal Pierre de Bruis. Disciple d'Abélard, il voulut mettre en pratique les principes critiques de son maître, en en tirant des conséquences exagérées. Il n'admettait de la Bible que les évangiles, rejetait le baptême des enfants et la messe, prétendait que, Dieu pouvant être adoré partout, on peut se passer des églises et que la croix, signe de l'abaissement du Seigneur, ne devait pas être vénérée ; il se prononçait contre le célibat des prêtres, contre les jeûnes, contre les prières et les aumônes pour les morts. Il trouva des partisans dans le midi de la France ; ils détruisirent des églises, brûlèrent des croix, maltraitèrent des prêtres et des moines. Pierre fut pris et brûlé en 1126. Les pétrobrusiens se joignirent alors aux henriciens, sectateurs d'un ancien moine de Cluny nommé Henri qui, après avoir prêché la pénitence à Lausanne

108 Duplessis d'Argentré, Colleetio judiciorum dr novis erroribus. Paris 1728,3 vol. in-f°. — Fueslin, Kirchen und Ketzerhistorie der mittlern Zeit. Francf. 1770, 3 vol. — Hahn, Geschichte der Ketzer im Mittelalter. Stuttg. 1845, 3 vol.

Page 1