‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 117 sur 215 · SECTES RÉFORMISTES · texte numérisé non relu

SECTES RÉFORMISTES

et au Mans, était venu dans le Midi ; là ses déclamations véhémentes avaient trouvé tant d'écho qu'Eugène IV dut charger saint Bernard et un légat de ramener les populations à l'obéissance. Livré à l'évêque de Toulouse, Henri mourut en 11 kl avant qu'on eût prononcé son jugement 109.

Un mouvement en partie analogue fut celui que provoqua Arnauld de Brescia, dont il a été parlé dans l'histoire des papes 110. Arnauld ne paraît avoir attaqué ni les doctrines ni les rites ; il n'a protesté que contre les richesses du clergé et le pouvoir temporel des évêques et des papes ; plutôt agitateur politique que réformateur religieux, il a voulu rétablir une république romaine, le pape n'étant que le chef spirituel d'une église ramenée à sa simplicité primitive. Après son supplice en 1155, ses disciples, les arnoldistes, continuèrent pendant quelque temps de défendre ses principes ; déclarés hérétiques par le concile de Vérone de 1184, ils cessèrent de faire de l'opposition. Pas plus que les pétrobrusiens et les henriciens, ils n'avaient formé un parti organisé. Ce qui caractérise ces mouvements, c'est la hâte avec laquelle on a voulu réaliser des réformes, en commençant par les choses extérieures, avant que les esprits y fussent préparés; chefs et disciples ont été des radicaux, que leur précipitation a dû condamner à l'impuissance. Les vaudois, au contraire , ont débuté par être moins agressifs, leurs doctrines ne se sont développées que lentement ; c'est pourquoi ils ont pu fonder, à travers beaucoup de tâtonnements et d'épreuves, une église qui dure encore.

109 Petrus Venerabilis , Contra heinricianorum et petrobrusianorum hœreses. Ingolstadt 153(3, in-4°. C'est une épître adressée à plusieurs évêques ; elle se trouve aussi dans la Bibl. cluniacensis, p. 1117, et dans la Bibt. Patrum maxima, T. 22, p. 1033.

110 V. les ouvrages cités au § 27, note 7".

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