‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 123 sur 215 · I 58. LES FRÈRES DU LIBRE ESPRIT · texte numérisé non relu

I 58. LES FRÈRES DU LIBRE ESPRIT

fortifiait la résistance des cathares; leur organisation subsista, les seigneurs continuèrent de les protéger et le peuple de les écouter ; leur cause religieuse se confondait avec la cause nationale. En 1239 le comte de Toulouse, exaspéré par l'oppression, reprit les armes ; il fut une seconde fois forcé de se soumettre. Quand le 29 mai 1242 on tua quatre inquisiteurs à Avignonet, le comte, soupçonné injustement d'avoir été l'instigateur de ce crime, fut excommunié par l'archevêque de Narbonne ; il jura de venger la mort des victimes, mais aussi de ne plus tolérer les dominicains comme agents de l'inquisition. Pour témoigner de son dévouement à l'église, il assiégea le château fort de Montségur, dernier refuge des albigeois. Après plusieurs assauts la place dut se rendre ; le ik mars 12M près de deux cents parfaits, dont deux évêques, périrent par le feu. L'hérésie ne se maintint plus que péniblement et en secret; beaucoup de membres de la secte se réfugièrent en Lombardie. Après la réunion du comté de Toulouse à la couronne de France, les rois achevèrent la destruction du catharisme, dont les dernières traces se perdent en ce pays dans la première moitié du quatorzième siècle.

§ 58. Sectes dénaturant le christianisme. Suite. Les frères du libre esprit na.

Amaury de Bennes, dont les opinions panthéistes ont été mentionnées ci-dessus au § 45, avait laissé des disciples. En 4 209 on apprit à Paris que des clercs et des laïques se réunissaient chez un orfèvre nommé Guillaume, pour s'entretenir d'hérésies. L'année suivante ils furent traduits devant un concile, qui en livra plusieurs au bras séculier. Ils avaient tiré de

110 Jundt, Histoire du panthéisme populaire au moyen âge. Paris 1875.

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