L'INQUISITION
quand il combattait les prétentions des papes sur le domaine séculier, il affichait d'autant plus de zèle à les soutenir contre les sectes ; il sanctionna les peines décrétées par eux, la confiscation des biens, la démolition des maisons, la mort civile ; en entrant en charge, les magistrats et les officiers juraient de prêter main-forte aux inquisiteurs. L'église elle-même ne prononçait pas les sentences de mort, mais elle les approuvait. Quelques docteurs avaient demandé qu'au lieu de tuer les hérétiques, on essayât de les convertir; Thomas d'Aquin démontra scolastiquement que, si les crimes contre l'état sont justement punis de mort, il est juste à plus forte raison de frapper de la même peine les crimes contre l'église.
Plus d'une fois des inquisiteurs payèrent de leur vie le fanatisme de leur zèle ; en Allemagne Conrad de Marbourg en 1233, dans le midi de la France Guillaume Arnauld, Etienne de Narbonne et deux autres en 12^2 , en Italie Pierre de Vérone en 1252, périrent sous les coups de gens exaspérés. Il y eut des évèques et des magistrats qui tentèrent en vain de modérer la rigueur farouche des juges de la foi. L'effroi produit par le terrorisme de la procédure inquisitoriale fut tel, qu'à la longue les hérésies furent, sinon extirpées toutes, du moins réduites à se cacher dans l'ombre.