II« PÉR. 1073-1294. CIIAP. VIII. PROPAGATION 1)1! CHRISTIANISME
juifs la supériorité du christianisme, mais on n'a que peu d'exemples de conversions.
Par les moyens employés pour la répression des hérésies, on peut juger de ceux dont on a fait usage contre les païens. Les essais d'évangélisation pacifique deviennent de plus en plus rares ; dans la plupart des cas, les missionnaires sont accompagnés de soldats, et ce que ne produit pas la parole est consommé par la violence. Pressée d'étendre sa domination, l'église n'a plus la patience d'attendre les effets plus lents, mais plus sûrs, de la simple prédication de l'Evangile ; il lui faut des triomphes plus prompts. De même qu'à ses yeux les hérétiques sont des criminels, les païens sont des ennemis qu'il faut combattre, pour les exterminer, si on ne réussit pas à les convertir. Toutes les contrées que, dans cette période, l'église a ajoutées à son domaine, en y détruisant le paganisme, n'ont été conquises que par les armes124.
La conversion des Wendes, déjà commencée, fut continuée par la soumission de la Poméranie aux ducs de Pologne; par Albert, le premier margrave de la marche de Brandebourg, dès 1133, qui appela à son aide des templiers et des johannites ; enfin par les victoires du duc de Saxe, Henri le Lion, sur les Obotrites, en 4162. Dans ces pays, ravagés et dépeuplés par une longue suite de guerres, on établit des colonies allemandes, qui assurèrent la durée du christianisme.
Le dernier asile du paganisme Scandinave était l'île de Rùgen ; elle fut conquise en 1168 par le roi danois Waldémar, qui fit détruire les sanctuaires païens et baptiser les habitants.
En 1157 Éric IX, roi de Suède, dit le Saint, força les Finlandais à accepter le christianisme et établit pour eux un évêché.
124 V. les ouvrages cités § 21 et 22.