‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 150 sur 215 · I 71. ASSOCIATIONS LIBRES · texte numérisé non relu

I 71. ASSOCIATIONS LIBRES

tiques. Aussitôt il s'établit dans d'autres villes des maisons semblables, toutes en relation avec la congrégation de Windesheim. Les frères, clercs et laïques, qui les habitaient, furent appelés frères de la vie commune35. Chacune d'elles avait son recteur; celle de Deventer formait le centre de l'association, son recteur était légère général. Les laïques travaillaient pour la communauté; les prêtres célébraient le culte et instruisaient les jeunes clercs; ceux-ci devaient suivre quelques conseils, donnés encore par Gérard Groot : ne jamais rechercher plus d'un bénéfice ; ne pas se vouer à des études stériles; fuir les disputes; s'occuper de la Bible et des principaux Pères ; diriger tous leurs efforts vers l'éducation chrétienne du peuple. Dans chaque maison on tenait des réunions, où l'on faisait en flamand des explications pratiques de passages scripturaires ; pour les personnes sachant lire on écrivait des traités religieux. Un des premiers frères de Deventer, Gérard Zerbolt, laissa un ouvrage de libris teutonicali- 6ms36; ce n'est pas un péché, dit-il entre autres, de posséder des livres en langue vulgaire sur des matières édifiantes; l'église tolère que les laïques se divertissent par des romans frivoles, pourquoi leur refuserait-elle le droit de lire des écrits qui peuvent les améliorer et les consoler ?

Une pareille institution ne pouvait manquer de faire naître des soupçons ; on traita les frères de beghards, on leur fit un grief de leur vie en commun sans vœux monastiques. En 1398 ils soumirent cette question à la faculté de droit de Cologne, qui se prononça en leur faveur, en déclarant que les vœux ne sont pas

35 Parfois aussi hiéronymiens ou grégoriens, d'après leurs patrons saint Jérôme et Grégoire le Grand.

30 On n'en a publié encore qu'une partie, dans l'ouvrage de Révius, Daventria illustrât a. La Haye 1651, in-4°, p. 41. Les sacrœ literœ dont il est parlé dans ce fragment, ne sont pas, comme l'a cru Ullmann, o. c, p. 1 18, la Bible, mais en général la littérature religieuse.

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