I 6. LA HIÉRARCHIE
étaient d'autant plus grandes, que leurs provinces étaient plus étendues ; lors de l'élection d'Otton Ier les trois archevêques de Mayencej de Trêves et de Cologne figurèrent pour la première fois en tète des grands dignitaires impériaux.
Au neuvième siècle il existait encore des chorévêques ; ce n'étaient plus, comme jadis, des évèques ruraux, mais tantôt des évêques régionnaires ou missionnaires, sans diocèse déterminé, tantôt ils étaient adjoints à des évèques titulaires, à peu près comme les suffragants des temps postérieurs. Les régionnaires disparurent après la réorganisation de l'église franque et la constitution de celle de la Germanie. Les autres donnaient lieu à des abus divers. Gomme ils ne pouvaient pas remplir toutes les fonctions épiscopales, tandis que les supérieurs, qu'ils devaient remplacer, faisaient des absences fréquentes, il en résultait que bien des choses dans les diocèses restaient en souffrance. De plus, lors de la vacance d'un évêché, les rois, quand il y avait un chorévèque, ne se pressaient pas de nommer un successeur; le chorévèque, qui n'avait que peu d'autorité légale, était presque forcé alors d'exercer un pouvoir illégal ; de là des irrégularités d'une autre espèce. Déjà Charlemagne essaya de fixer les limites des fonctions des chorévêques ; mais ce ne fut qu'au concile de Meaux, en 845, qu'on leur défendit de donner la confirmation et de consacrer soit des églises, soit des prêtres. Au concile de Paris de 849 on en destitua plusieurs ; bientôt après on supprima toute l'institution , que condamnaient aussi les fausses décrétais"21. Dans quelques diocèses plus grands on conserva encore le nom ; jusqu'au douzième siècle on le donna aux vicaires des évèques, çà et là même aux archidiacres.
L'évêque Heddon de Strasbourg paraît être le premier qui ait divisé son diocèse en plusieurs archidiaconats ; en 774
21 Weizsâcker, Der Kampf gegen den Chorepiskopai im frânkischen Beich im neunten Jàhrhundert. Tubinçpm 1859.