IV* PÉR. 1409-1517. CHAI". II. LA THKOLOGIK
("était là une manière originale et intéressante de déterminer les rapports de la nature et de la religion ; mais les conséquences que Raymond en déduit ne sont que des artifices de dialectique sophistique. Il entreprend d'expliquer l'un après l'autre tous les dogmes de l'église ; cette partie de son œuvre ne consiste qu'en résumés de ce qu'avaient enseigné les docteurs antérieurs, principalement saint Augustin et Thomas d'Aquin. Ce qui est nouveau chez lui, c'est que le critérium de la vérité des doctrines est leur accord avec les besoins de lame : il faut accepter celles qui nous promettent le plus de satisfaction intérieure, lors même qu'elles seraient plus difficiles à prouver que les opinions contraires. Cet argument, appliqué d'une manière plus conséquente, aurait du amener liaymond à des conclusions fort différentes de celles qu'il propose ; à quel besoin de l'àme et à quel phénomène de la nature peuvent correspondre l'absolutisme des papes et la supériorité du pouvoir pontifical sur le temporel ? Sa démonstration tourne dans un cercle ; les dogmes sont des mystères, l'observation de la nature doit aider à les confirmer, et pourtant on ne saisit le but religieux de la nature que quand on a la foi , et dès qu'on croit, on peut se passer de confirmation. Son livre n'est en somme qu'une apologie du système de l'église ; en Espagne, où les chrétiens étaient journellement en contact avec les Arabes, très versés dans la philosophie, une pareille œuvre a pu avoir une certaine utilité ; ailleurs on ne l'a goûtée que médiocrement; le Livre des créatures ne s'est guère répandu avant la fin du quinzième siècle.
$ 87. Essais d'une théologie plus indépendante.
Dès le milieu du quinzième siècle on voit paraître une tendance à la fois plus libre et plus religieuse que la théologie officielle des écoles. En partie sous l'influence des frères de la vie