‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 174 sur 215 · ESSAIS D'UNE THÉOLOGIE PLUS INDÉPENDANTE · texte numérisé non relu

ESSAIS D'UNE THÉOLOGIE PLUS INDÉPENDANTE

Vers la fin du siècle trois théologiens de l'Allemagne du Sud, plus scolastiques que ceux qui viennent d'être nommés et n'allant pas aussi loin, témoignent également de l'esprit nouveau qui commençait à pénétrer dans la science. Sans quitter le terrain de la tradition, ils se sont mis sur celui de la Bible, et de là ils ont reconnu que le système régnant n'était pas à l'abri de la critique. Ce sont trois professeurs de Tubingue, Gabriel Biel, mort en i/i95. le dernier nominaliste qui ait écrit sur les Sentences42, Conrad Summenhart, mort vers 1501 4S, et le franciscain scotiste Paul Scriptoris, mort en 150444. Quoique très catholiques et grands admirateurs de la perfection de la vie monacale, ils ont blâmé l'abus qu'on faisait des indulgences et censuré les vices qui régnaient dans les couvents; ils ont cru que Dieu seul peut absoudre les pécheurs, ils ont placé les conciles universels au-dessus des papes et ont demandé qu'on en convoquât un pour réformer l'église, ils ont insisté enfin sur les études bibliques, plus nécessaires aux théologiens que toutes les autres. Summenhart et Scriptoris ont su le grec et même l'hébreu. Ce qui n'est pas moins digne de remarque, c'est que Biel et Summenhart ont abordé aussi les questions d'économie sociale qui commençaient à agiter le monde ; ils ont émis sur les contrats, sur le prêt à intérêts, les redevances, la dime, des idées nouvelles, mais dont l'examen est en dehors de notre cadre.

42 Collectorium ex Occamo in IV libros Sentent. Tubingue 1495, in-f°. On a en outre de G. Biel quelques recueils de sermons et une Expositio canonis missœ, Tub. 1499, in-4». — Linsenmann, G. Biel und die Anfànge der Universitât Tûbingen; G. B., der letzte Scholastiker und der Nominalismus. Tiibinger theol. Quartalschrift, 1865.

43 Linsenmann, Konrad Summenhart. Tiib. 1877 , in-4°, où sont indiqués les ouvrages de S., à l'exception de quelques traités adressés à des religieuses et encore inédits.

44 V. sur lui Chronikon des Conr. Pcllicanus, herausg. von Riggenbach. Bâle 1877, p. 12 et suiv. — Dans les leçons que Scriptoris lit à Tubingue sur Duns Scot, il émit des doutes sur la transsubstantiation.

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