‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 183 sur 215 · IV« PIÎK. U09-1517. CHAI'. III LES LAÏQUES ET LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

IV« PIÎK. U09-1517. CHAI'. III LES LAÏQUES ET LE CLERGÉ

casraes des railleurs, empressés de tout temps à dénigrer les prêtres, on trouve chez les hommes les plus dévoués à l'église l'expression attristée de ce qu'ils souffraient au spectacle donné par les clercs, les moines et des papes comme Innocent VIII et Alexandre VI 66. Partout on se plaignait de voir les laïques se détourner des prêtres et devenir indifférents ou hérétiques. Des personnages éminents étaient si découragés qu'ils songèrent à fuir le monde; Jean Raulin, professeur à la Sorbonne et prédicateur estimé, se fit moine au couvent de Cluny ; Jean a Lapide, également professeur à Paris, alla s'enfermer dans la chartreuse de Bâle; Geiler de Kaisersberg fut tenté un moment de se retirer dans la solitude ; il n'espérait plus rien, pas même d'un concile universel; que chacun, disait-il, s'occupe de son salut et tâche de faire sa paix avec Dieu. Michel Menot, parlant un jour contre les abus et les scandales, mit dans la bouche d'un de ses auditeurs la question: pourquoi ne sont-ils pas supprimés ? il répondit: parce qu'il nous manque un homme.

D'autres faisaient des prédictions ; beaucoup d'hommes éclairés, ne pouvant croire que Dieu souffrirait plus longtemps la corruption de la hiérarchie, s'attendaient à une grande tribulation. Chaque fois que s'accomplissaient ou que se préparaient

06 II suffira de citer l'évêque Rodéric de Zamora , référendaire du pape Paul II, dans son Spéculum vitœ humanœ , Rome 1468, in-f°, et souvent, Lib. 2, cap. 19; le canne Baptiste de Mantoue, dans plusieurs de ses poésies; l'abbé de Sponheim Trithémius et le prêtre alsacien Wimpheling, dans beaucoup de leurs ouvrages. — En 1482 le dominicain André, archevêque de Garniole, afficha à Bâle une invitation de convoquer un concile universel, pour réprimer « les scandales et les vices des papes, afin que la barque de saint Pierre ne soit pas engloutie dans l'abîme de la corruption». Sommés de s'emparer de sa personne, les Bâlois invoquèrent en sa faveur le droit d'asile; ils ne cédèrent que devant la menace de l'interdit ; André, conduit en prison, se suicida. V. la relation par J. Burckhardt, d'après les documents des archives de Bâle. dans les Basler Beitrâge zur vaterlândischen Geschichte, 1854, p. 25.

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