IV* PÉR. 1409-1517. CHAP. III. LES LAÏQUES ET LE CLERGÉ
séculiers à les poursuivre sacs attendre un avertissement. Il se trouva déjà des esprits plus éclairés qui doutèrent de la sorcellerie08, mais ce n'était pas seulement le peuple qui y croyait, des hommes très instruits partageaient la même superstition. On fit périr une foule de gens, condamnés sans preuves. La bulle de IkSk trouva aussi une application en Italie ; dès 1485 quarante-et-une sorcières lurent brûlées à Corne.
Le pays le plus cruellement éprouvé par l'inquisition était l'Espagne09. Depuis 1391 on forçait les juifs et les maures à se faire baptiser; beaucoup d'entre eux gardaient leurs croyances et célébraient clandestinement leur culte. Les habitants de race espagnole se vantaient de leur qualité de vieux chrétiens ; les descendants des infidèles baptisés formaient la classe toujours suspecte des chrétiens nouveaux. En 1477 le cardinal Gonzalez de Mendoza crut s'apercevoir que ceux de Séville étaient restés juifs; à sa demande, l'inquisition fut introduite dans tout le pays. Sixte IV autorisa Ferdinand et Isabelle à nommer euxmêmes les inquisiteurs et à confisquer au profit de la couronne les biens des condamnés. Le saint-office devint ainsi une institution politique, que la royauté eut intérêt à proléger. Les deux premiers inquisiteurs, les dominicains .Michel de Morillo et Jean de Saint-Martin, se montrèrent si violents, que les cortès
68 Le jurisconsulte Ulric Molitor écrivit un dialogue de lamiis et pythonicis mulieribus, Cologne 1489, in-4° et dans les éditions complétées du Maliens. Un des interlocuteurs, l'archiduc Sigismond d'Autriche, expose les arguments contre la sorcellerie, Molitor est censé les réfuter.
69 Lud. a Paramo, De origine, officio et progressu officii S. inquisitionis. Madrid 1598, in-f°. — Reuss, Sammlung der Instructionen des spanisclten Inquisitionagcrichts, à la suite de Spittler, Entwurf der Gcscliichte der span. Inquis. Hanovre 1788. — Llorente (ancien secrétaire de l'inq. esp.), Histoire critique de l'inquis. d'Espagne, trad. de l'esp. parPellier. Paris 1817, 4 vol. — Comp. aussi Hefele, Der Cardinal Ximenes und die kirchlichen Zustande Spaniens, 2e éd. Tubingue 1851 , et l'article du même sur l'inquis. dans le Kircltcnlexicon de Wetzer et Welte.