SECTES ET RÉFORMATEURS
§ 91. Les vaudois. Suite du § 77.
Ni les conciles ni les papes n'ont songé au quinzième siècle à une révision de la doctrine; toucher au système traditionnel, c'eût été mettre en cause l'essence même du catholicisme ; aussi le protégeait-on par la sévérité farouche de l'inquisition. Ceux qui comprenaient qu'une vraie réforme de l'église ne pouvait procéder que d'une théologie ramenée plus directement à l'Ecriture, étaient repoussés comme hérétiques.
L'histoire des vaudois du Piémont et de la France méridionale, souvent persécutés et se maintenant toujours, devient particulièrement intéressante par la formation de leur littérature et le développement de leurs doctrines. Ils ont désormais des poèmes et des traités en prose 71 ; dans le nombre il y en a qui exposent encore les opinions anciennes de la secte, tandis que d'autres révèlent un progrès. Le plus célèbre des premiers est la Nobla leyczon, sorte de sermon en vers, exhortant les hommes à la vigilance et à la prière ; l'auteur rappelle les faits de l'histoire sainte et les destinées de l'église depuis les temps des apôtres,
71 Beaucoup en sont publiés par Léger, Hist. des églises vaudoises, T. 1, p. 25; par Raynouard, Choix des poésies originales des troubadours, Taris 1818, T. 2 ; et par Hahn, Geschichte der Ketzer im Mittelalter, T. 2, p. 5G0. — Des traités encore inédits se trouvent aux bibl. de Genève, de Cambridge, de Dublin ; une édition complète et critique serait bien désirable.