‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 19 sur 215 · LES BIENS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

LES BIENS ECCLÉSIASTIQUES

nant contre des redevances. Aux revenus de ces domaines s'ajoutait la dîme; d'abord on avait été tenu de la fournir, sans contrainte, par simple obligation morale; en 779 Charlemagne eu fit une loi pour toute l'église franque.

Les biens des églises et des couvents continuaient de jouir de l'immunité; ce privilège exemptait les évêques et les abbés de l'intervention des officiers royaux; ils percevaient les impôts et jugeaient leurs hommes, tout en restant, pour leur personne, sous l'autorité directe du souverain. Les habitants de leurs terres, serfs ou libres, étaient devenus leurs sujets; eux-mêmes étaient assimilés aux fidèles du roi. Comme ils ne devaient ni porter des armes, ni juger dans les choses criminelles, le prince leur donnait des advocati pour les représenter dans toutes les affaires incompatibles avec le caractère ecclésiastique. Ces avoués, qui étaient en général des nobles et auxquels les églises et les monastères payaient une certaine rente, exerçaient la juridiction pénale sur leurs hommes, et en cas de besoin les défendaient par les armes; ils assistaient aux plaids des colons, et ceux-ci leur devaient alors le même hébergement qu'au seigneur propriétaire.

A cause de leur seigneurie temporelle, les évêques et les abbés des grands monastères étaient au nombre des vassaux et convoqués, en cette qualité, aux assemblées nationales des Carolingiens, où se traitaient à la fois les affaires séculières et les affaires ecclésiastiques. Charlemagne sentait qu'il y avait là une anomalie; en 811 il ordonna d'examiner jusqu'à quel point il convient qu'un clerc s'occupe de choses politiques, et un laïque de questions d'église. A l'assemblée de Mayence de 813 on partagea les assistants en trois curies, les comtes pour les affaires séculières, les évêques pour celles qui regardaient les églises, les abbés pour les cas qui pouvaient seuls les intéresser. Cependant l'usage contraire ne cessa de se maintenir. Le pouvoir temporel

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