‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 20 sur 215 · I" PÉR. 77 1-1H7:!. CHAP. II. CLERGÉ · texte numérisé non relu

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des prélats fit même des progrès nouveaux. Ils obtinrent, principalement en Allemagne, le droit de battre monnaie, d'ouvrir des marchés, de lever des péages. Dès le dixième siècle on en rencontre qui sont investis du titre de comte et du pouvoir judiciaire attaché à ce titre. En 928 l'empereur Henri I " donna à l'évêque de Toul la seigneurie et le comté de cette ville ; cet exemple fut suivi surtout par les Ottons, dans l'intention de se créer des soutiens contre les barons laïques.

La jouissance de ces privilèges consolida les relations entre les évêques et les princes; très souvent, d'ailleurs, les premiers étaient nommés parles seconds, ou au moins confirmés et toujours investis par eux. L'investiture était l'acte symbolique par lequel un évêque était institué dans ses fonctions; elle se faisait par le roi, au moyen de la remise d'un anneau et d'une crosse; l'anneau était le signe de l'union du prélat avec son église, la crosse celui de son ministère pastoral. Depuis que. comme possesseurs de fiefs, les évêques sont entrés dans l'organisme féodal, l'investiture prend aussi un caractère politique; outre la dignité ecclésiastique, elle leur confère des domaines, avec les droits et les obligations qui y sont attachés. Comme vassaux, ils prêtent le serment de fidélité à leur suzerain, prennent part aux expéditions militaires, et bien souvent commandent eux-mêmes leurs troupes, malgré les canons qui le leur défendent.

L'accroissement de leur pouvoir et de leurs richesses était un perpétuel sujet de jalousie pour les seigneurs laïques, qui, comme par le passé, pillaient fréquemment leurs possessions. Pour se procurer des défenseurs, autres encore que les avoués, ils donnent des châteaux, des bourgs, des villages en fief à des nobles, qui sont alors leurs ministériaux; ces fiefs ne tardent pas à devenir héréditaires. Les ministériaux, joints aux fonctionnaires préposés à la monnaie, à la justice, aux péages, aux corporations des métiers, forment la suite ou la famille des

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