H ['■<> PÉR. 77I-IH7:: CIIAP. III. ÉTAT MORAL, DISCIPLINE, CULTE
peut se l'aire en l'espace de six jours'2'1. Quelque étrange que nous paraisse ce genre de pénitence, il frappa les imaginations et se répandit très vite; hommes et femmes, riches et pauvres, clercs et laïques se mirent à se flageller, et bientôt on verra des troupes de ces pénitents parcourir les provinces étonnées.
Contre les pécheurs incorrigibles et contre les adversaires de l'église on sévissait, comme précédemment, par l'excommunication. Quand il s'agissait de punir des populations entières, on les frappait de l'interdit, qui consistait dans la suspension du culte public et dans le refus des sacrements et de la sépulture en terre consacrée. Cette mesure, employée souvent d'une manière arbitraire pour des motifs qui ne la méritaient pas, provoqua plus d'une fois des troubles.
Dans une autre direction, l'église exerça une action plus réellement bienfaisante. Elle continua de prendre sous sa protection les pauvres et d'offrir aux persécutés un asile dans les édifices consacrés au culte et jusque dans les cours colongères de certains établissements religieux. Les évêques étaient les tuteurs des orphelins et des veuves ;"eux et les abbés traitaient leurs serfs et leurs sujets plus humainement que ne le faisaient les seigneurs laïques. Avec le concours des fidèles ils créèrent des hôpitaux pour les malades, des refuges pour les lépreux. Le concile d'Aix-la-Chapelle de 816 fit établir près de chaque monastère, sous la direction d'un frère spécial, un hospice pour les voyageurs et les pèlerins indigents. La charité laïque n'a pas été moins active; jusqu'à la fin du moyen âge elle a contribué aux œuvres créées par l'église ou en a créé ellemême dans des proportions diverses; il y avait là sans doute chez beaucoup de personnes le désir de se procurer, par des aumônes ou des fondations pieuses, des mérites dont Dieu leur
M Opéra, T. 3, p. 400.