‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 26 sur 215 · LE MONDE LAÏQUE. LES PÉNITENCES · texte numérisé non relu

LE MONDE LAÏQUE. LES PÉNITENCES

tiendrait compte; on fa i sa i t le bien ad remedium animœ, pour pourvoir au salut de sa propre âme; mais à ce sentiment intéressé s'alliait fort souvent une vraie pitié pour les malheureux263.

Enfin, l'église tenta de mettre un terme aux querelles sanglantes qui troublaient les pays quand, par suite de l'affaiblissement du pouvoir royal, le droit du plus fort s'était substitué au règne de la loi. Plusieurs fois depuis la fin du dixième siècle, les évêques de diverses contrées de la France essayèrent d'obtenir des nobles le serment de garder la paix, et décrétèrent des peines ecclésiastiques contre les perturbateurs. Mais les passions étaient trop ardentes, pour ne pas se réveiller à chaque instant. L'église, ne réussissant pas à établir un état de paix durable, dut se contenter de la trêve de Dieu, treuga (Ici. On trouve celle-ci pour la première fois en Aquitaine, en iO/il; il fut convenu que les prêtres, les religieux, les femmes, les marchands en voyage, les pèlerins, les pâtres, les cultivateurs jouiraient d'une paix constante; quant aux nobles, ils devaient interrompre leurs guerres privées au moins depuis le mercredi soir jusqu'au lundi malin, cet intervalle étant consacré à la mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ ; ceux qui observeraient la trêve seraient absous de leurs péchés, ceux qui la violeraient étaient menacés d'analhème. En 10/jl ces mesures furent annoncées au clergé d'Italie par plusieurs prélats de France; elles ne tardèrent pas à être adoptées dans la plupart des pays; mais dès 10/|7 on dut restreindre la trêve au samedi et au dimanche27.

2Ga Uhlhorn. Die christliche Licbcsthàtiykrit im Mittelalter. Stuttgard 1884.

27 Le concile de Clermont de 1095 fit de la trêve de Dieu une loi générale pour toute la chrétienté. En 1103 l'institution fut sécularisée; une charte du roi Louis VII de 1155 l'étendit à toutes les églises et à toutes les populations rurales de la France; en Allemagne elle devint l'origine des Landfrieden, paix publiques pour de certaines régions et pour un temps plus on moins long. — Semichon, paix cl lu trêve de Dira. Paris 1857. — Kluckhohn,

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