CHAPITRE IV
LE MO NACHISME
§ 11, Benoît d'Aniane. La congrégation de Gluny.
Au huitième et encore au neuvième siècle plusieurs grands monastères continuaient d'être des foyers d'étude et d'art, et des centres de civilisation pour les populations environnantes. Dans d'autres se manifestaient des symptômes de décadence ; il y en avait que les rois avaient conférés à des seigneurs laïques et ceux-ci, qualifiés d'abbés-comtes, ne tenaient pas à une observation trop rigoureuse de la règle. Une première réforme fut entreprise par un Français, Benoît, fils d'un comte de Maguelonne. Dégoûté du monde, après avoir passé sa jeunesse à la cour de Pépin et à celle de Gharlemagne, il se fit admettre en llh dans le couvent de Saint-Seine en Bourgogne. Comme le régime de cette maison lui semblait trop indulgent, il retourna» dans le Midi, où il s'établit comme ermite sur les bords du ruisseau d'Aniane, en Languedoc. Sa réputation de sainteté attira quelques clercs et quelques laïques, pour lesquels il bâtit un monastère dont il devint le supérieur. Sa discipline plus sévère fut adoptée aussi dans d'autres couvents de la France méridionale et occidentale. En 815 Louis le Débonnaire, qui l'appela auprès de lui, le mit à la tête de la grande abbaye d'Inda, qu'il venait de fonder près d'Aix-la-Chapelle. Là Benoit entreprit pour les couvents de l'Est la même réforme qu'il avait tentée dans les provinces du Midi. En 817 il fit adopter par une assemblée d'abbés et de religieux, réunie à Aix-la-Chapelle, une règle qu'il avait rédigée en 80 articles; l'empereur la sanctionna sous le titre de capitulare de vita et conversatione mona-