I 13. LE SAVOIR THÉOLOGIQUE
les auteurs de déterminer le sens littéral plutôt que le sens spirituel.
Deux travaux, fondés sur les évangiles et écrits en langue vulgaire, méritent une mention spéciale. L'un est le poème saxon, connu sous le titre de Iléliand.'^ L'auteur, inconnu, le composa à la demande de Louis le Débonnaire, pour fournir sans doute aux Germains nouvellement convertis une histoire de celui qu'ils devaient adorer comme leur sauveur (Ifeiland). Les faits et les discours rapportés par les évangélistes sont transformés en une épopée germanique, où Jésus-Christ est représenté comme un chef puissant, suivi de jeunes gens dévoués et forts, qui sont ses fidèles, comme les leudes étaient ceux du roi. Le second est également un poème, écrit en langue franque et dédié à Louis le Germanique par Otfried, un des moines de l'abbaye de Wissembourg en Alsace; pour remplacer «les chansons obscènes», c'est-à-dire païennes du peuple, Otfried paraphrase les évangiles en strophes rimées, plus didactiques et moins poétiques que les beaux vers du Héliand43. Ces deux ouvrages étaient évidemment destinés à être récités; au neuvième siècle bien peu de laïques auraient été capables de les lire.
Ajoutons enfin quelques traités pour l'instruction pratique des prêtres, tels que ceux de Raban Maur, de institutions clericorumu, de Walafried Strabon, de exordiis et incrementis rerum ecclesiasticarum1^ , et d'Amalaire de Metz, de ecclesiasticis offl-
Haguenau, in-f° ; dans la Bibl. Patrum Maxima. T. 15, p. 86 et dans la Patrol. de Migne, T. 106. — Hist. litt. de la France, T. 4, p. 84.
i2Heliand, pooma saxon icum, ed. Schmeller. Stuttgard 1830, in-4°. — Nouv. édit. par Rûckert et Bartsch. Leipzig' 1876 ; par Sievers, Halle 1878.
43 La première édition fut faite par Mat. Flacius, Bàle 1571. Les plus récentes sont celles de Kelle, Ratisbonne et Prague, 1856 à 1872, 3 vol., et de Paul Piper, Paderborn 1878, 2 vol.
44 Opéra, T. 0.
45 Bibl. Patrum maxima, T. 15, p. 181.