‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 52 sur 215 · K [« PÉR. 771-1013. CHAP. VI. PROPAGATION DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

K [« PÉR. 771-1013. CHAP. VI. PROPAGATION DU CHRISTIANISME

mesures barbares devaient empêcher le retour des Saxons à leur paganisme04. Un nouveau soulèvement en 793 provoqua de nouvelles expéditions des Francs. Ce ne fut que dix ans plus tard que les Saxons, réduits à l'impuissance, consentirent, par le traité de Seltz, à rester chrétiens, à payer la dîme et a suivre Charlemagne en temps de guerre. L'empereur créa successivement dans leur pays plusieurs évêchés, pour consolider la domination du christianisme et la sienne. Louis le Débonnaire fonda le grand monastère de Herford et celui de Corbie, colonie du Corvey français.

Il restait encore à convertir les populations du Nord Scandinave et celles qui habitaient aux confins orientaux de la Germanie. Depuis le commencement du neuvième siècle on fit à cet effet des tentatives réitérées ; dans plusieurs de ces contrées la victoire ne fut définitive qu'après des retours offensifs du paganisme et des luttes sanglantes.

Harald, roi de Danemark, détrôné par un fils de son prédécesseur, implora l'assistance de Louis le Débonnaire, grâce à l'intervention duquel il rentra en possession de son royaume05. En 826 il vint à la cour impériale; a Mayence, lui, sa femme et les gens de leur suite se firent baptiser. En retournant en son pays il emmena deux moines, dont l'un était Ansgaire, du couvent de Corvey. Malgré le baptême de la famille royale, les succès d'Ansgaire, qu'on a surnommé l'apôtre du Nord, furent d'abord insignifiants. Il racheta de jeunes esclaves, qu'il instruisit pour les envoyer comme missionnaires parmi leurs compa-

54 Capitulatio de partibus Saxoniœ, chez Pertz, T. 3, p. 48.

05 Pontoppidanus, Annales ccclesiœ danicœ diplomatici. Copenhague 1741, T. 1. — Mûnter, Kirchcngeschichtevon Danemark un d ' Noriuegcn . Leipzigl823, T. 1. — Maurer, Die Bekehrung des norwegischen Stammes Munich 1855, 2 vol. — Oernhjahn, Historia Sueonum Gothorumquc ecclcsiastica. Stockholm 1689, in-4».

g 21. LES SAXONS. LES PAYS SCANDINAVES.

triotes. En 831 Louis le Débonnaire créa pour lui l'archevêché de Hambourg, comme centre des missions du Nord; le pape lui envoya le pallium, afin de rattacher au siège apostolique l'église Scandinave qui se formait à peine. Hambourg ayant été saccagé en 845 par les Normands, Ansgaire, expulsé, obtint, après la mort de Tévêque de Brème, l'union de cet évôché avec la métropole hambourgeoise. Il résida dès lors à Brème, continuant son œuvre avec un rare dévouement et avec peu d'effet, jusqu'à sa mort en 865 66. Les quelques établissements chrétiens, fondés par lui et par son disciple et successeur Rimbert, eurent beaucoup à souffrir; le christianisme ne s'était pas maintenu dans la famille royale, il était odieux comme religion venue de l'étranger. En 934 Henri Ie' d'Allemagne obligea le roi Gorm à promettre aux chrétiens la tolérance. Après une guerre avec Otton Ie', le roi Harald consentit à recevoir le baptême. Son (ils Swen, quoique baptisé lui-même, se mit à la tête d'une réaction païenne; dans une bataille qu'il livra à son père, en 99J, celui-ci perdit la vie. Swen chassa les prêtres chrétiens et rétablit l'ancien culte. Ce ne fut qu'après avoir entrepris la conquête de l'Angleterre, qu'il comprit les avantages de l'église; il revint au christianisme et favorisa sa propagation dans le Danemark. Son fils Knut, 1014 à 1035, ayant achevé la conquête de l'Angleterre, acheva aussi la conversion des Danois ; lors d'un pèlerinage qu'il fit à Rome, il soumit son église au siège apostolique.

En 829 et en 855 Ansgaire avait fait deux essais infructueux d'évangéliser aussi la Suède. En ce pays la nouvelle religion ne se répandit que très lentement. Le premier roi chrétien fut Olaf, 1008. En 1075 le roi Inge fit détruire à Upsal le sanctuaire le

00 Vita Anskarii, par son disciple Rimbert, chez Pertz, T. '2, p. 378, et séparément Paderborn 1864. — Lentz, S. Ansgar. Hambourg 1865.

81) I" PÉR. 77i-lUi:J. CHAP. VI. PROPAGATION DU CIIIUSTIAN1SME.

plus vénéré du culte national; pour obtenir ce résultat, il lui avait fallu réprimer d'abord un soulèvement des païens.

Le christianisme, apporté en Norvège dès le neuvième siècle, ne fut consolidé en ce pays que par le roi Olaf Trygvesen, 995 à 1000; il accorda des faveurs aux convertis et sévit contre les réfractaires. Olaf le Gros, depuis 1019, organisa l'église; tué en 1033 dans un combat contre les païens révoltés, il fut vénéré comme le saint national et le patron de la Norvège.

Des missionnaires venus de ce pays introduisirent aussi le christianisme en Islande ; en l'an mil il fut adopté par une assemblée du peuple, avec la réserve de pouvoir sacrifier en secret aux anciens dieux. De cette île il passa au Gronland, où l'on put fonder de bonne heure un évêché.

Il faut ajouter enfin que ce fut au commencement du dixième siècle que les Normands, établis en France, acceptèrent le christianisme. Charles le Simple céda à leur chef Rollon la province qui prit le nom de Normandie; Rollon, devenu duc et vassal de la couronne, se fit baptiser avec beaucoup de ses hommes. Mais là aussi il fallut un temps assez long pour que la christianisation fût complète.

§ 22. Les pays slaves, etc.07

L'évangélisation des Slaves, établis à l'est de la Bavière, avait

u7 Dombrowski, Die mâhrischc Légende von Cyrill und Metlwdius. Prague 1826. — Ginzel, Geschichte der Slavenapostel Cyrill und Mcthodius und der slavisehen Liturgie. Leitmeritz 1857, 2e éd. Vienne 1861. — Huber, Einfûhrung des Cfiristenthums in Sûdost-Deutschland , T. 4, Slavenzeit. Salzbourg 1875. — Frind, Kirchengeschichte Bùhmens. Prague 1862, T. 1. — Kanngiesser, Behclirungsgesclùchte der Pommern. Greifswalde 1824. — Giesebrecht, Wendische Geschichten, Berlin 1843, 3 vol. — Friese , Kircliengeschichte Polens. Breslau 1786, T. 1. — Mailath, Geschichte der Magyaren. Vienne 1828. T. 1.

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