I 22. LES PAYS SLAVES, ETC
été confiée par Gharlemagne aux évêques de Salzbourg et de Passàu. Quelques chefs avaient accepté le baptême, mais la grande masse de la population était restée païenne. Deux moines grecs, Cyrille et Méthodius, se chargèrent de la convertir. D'abord missionnaires parmi les Bulgares et parmi les Chazares de la Grimée, ils vinrent en 862 en Moravie, où l'usage intelligent qu'ils firent de la langue nationale leur assura des succès rapides; ils se servirent de l'idiome slave pour le culte, Cyrille traduisit la Bible. Le pape Adrien II les consacra évêques. Cyrille étant mort. Méthodius obtint en 880 de Jean VIII l'autorisation de se servir de la liturgie slave, Dieu pouvant être glorifié dans toutes les langues. Il mourut en 885. L'église morave, pas assez forte pour ne pas succomber dans le conflit avec les évêques allemands de la Bavière, perdit son caractère national et son rite; le pays lui-même perdit, en 908, son indépendance.
Vers 871 Méthodius avait baptisé le duc de Bohême, Borziwoï. Mais ni l'exemple de ce prince, ni la charité de son épouse Ludmille, ni le zèle de leur petit-fils Wenceslas ne réussirent à établir solidement le christianisme. Sous Boleslas, frère de Wenceslas, l'ancienne religion reprit le dessus; on détruisit les églises, on chassa les prêtres. Enfin le duc Boleslas, dit le pieux, 967 à 999, triompha des païens; il fonda en 973 l'évèché de Prague, pour lequel le pape Jean XIII fit la condition de n'y célébrer le culte qu'en langue latine.
Le rite slave ne se maintint que dans quelques couvents; en 4 062 Alexandre II l'autorisa aussi dans la partie méridionale de l'Illyrie.
Otton Ier s'occupa de la conversion des Wendes, que Henri Ier avait soumis à l'Allemagne. Il fonda les évéchés de Mersebourg, de Brandebourg et d'Oldenbourg, avec Magdebourg pour métropole. Ces églises devaient être à la fois des centres de mission