‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 63 sur 215 · I 30. LE DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

I 30. LE DROIT CANONIQUE

Pennaforte, chapelain de Grégoire IX; vers 1230 ce pape le chargea de former un code systématique, tiré principalement des décrétales. Ces libti V decretalium Gregorii IX s'arrêtent à l'année 1234. Dans la suite Innocent IV,. Grégoire X et Nicolas III donnèrent des lois nouvelles, et en corrigèrent ou abrogèrent d'anciennes. Une revision du recueil devint nécessaire; elle fut entreprise par ordre de Boniface VIII, à la demande des professeurs des facultés de droit; en 1298 le pape la confia à deux prélats français, Mandagout, archevêque d'Embrun, et Bérenger de Frédol, évêque de Béziers; le résultat de leur travail fut le sixième livre des décrétales. Ajoutons ici, pour ne plus y revenir, que Clément V fit réunir cinq libri clementinarum, composés de ses propres décrétales et des canons du concile de Vienne de 1311 ; et que plus lard on rassembla encore un certain nombre de pièces, dites extravagantes, c'est-à-dire dispersées en dehors des collections officielles. Ces dernières, les papes eux-mêmes les avaient transmises aux universités, pour y conformer leur enseignement. Tout l'ensemble forma le corpus juris canonici, qui fut adopté dans tout l'Occident20. Il embrasse tout ce que l'église avait fait l'entrer sous sa juridiction, depuis les affaires purement ecclésiastiques jusqu'à celles qui concernent la vie civile et sociale, le mariage, les degrés de parenté, les testaments, les prêts d'argent, les redevances, etc. Déjà le Décret de Gratien avait eu ses glossateurs; le corpus en trouva encore davantage; en subtilisant sur les textes, ils en ont tiré parfois des conséquences et des applications que le simple bon sens aurait de la peine à y découvrir.

20 Le Dccretum de Gratien et les autres recueils, souvent imprimés depuis la lin du quinzième siècle. — Hauréau, Quels sont les auteurs du sixième livre des décrétales. Journal des savants, mai 1884, p. 271. — Les meilleures éditions du Corpus entier sont celles de Claude de Pelletier, Paris 1G87, 2 vol. in-f"; de Bohmer, Halle 1747, 2 vol. iu-4°, et de Richter, Leipzig 1833, 2 vol. ih-4°.

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