‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 64 sur 215 · II- PÉR. 1073-1294. CHAP. II. LA HIÉRARCHIE · texte numérisé non relu

II- PÉR. 1073-1294. CHAP. II. LA HIÉRARCHIE

§ 3!. Le pouvoir pontifical dans l'église.

Le droit canonique consacre la suprématie et l'indépendance pontificales dans toute leur étendue. Les élections des papes ne se font plus, avec le concours de l'empereur, elles sont complètement affranchies du pouvoir séculier. Nicolas II avait décrété qu'à la mort d'un pape les cardinaux se concerteraient sur le choix du successeur, pour demander ensuite le consentement du peuple et du clergé de Rome. Alexandre III, pour éviter des scissions, exclut le clergé et le peuple, et voulut que les élections ne fussent valables que si l'élu réunissait les deux tiers des voix. Au concile de Lyon de 127/i Grégoire X fit même décréter la fermeture du conclave, afin de le soustraire à toute pression du dehors.

A Grégoire VII et à Alexandre III il suffisait encore d'être appelés vicaires de saint Pierre; mais quelque saint qu'il fût, l'apôtre n'était après tout qu'un homme. Aussi Innocent III dédaigna-t-il d'être le vicaire d'un simple homme, puri hominiS; il se qualifia de vicaire de Dieu ou de Christ. Avec cette haute prétention contraste étrangement l'humilité des mots serons servorum dei, qui accompagnent les noms des papes au commencement des bulles.

Du titre de vicaire de Dieu les glossateurs du droit déduisirent des principes comme ceux-ci: ce que fait le pape est fait par Dieu lui-même; il agit avec une autorité divine; il peut changer la nature des choses, en appliquant à l'une les propriétés substantielles d'une autre, il peut changer par exemple l'injustice en justice; nul n'a le droit de lui demander raison de ses actes, sa volonté est sa raison unique, ei est pro ratione voluntas. Toute l'autorité se concentre dans le pape; c'est à lui que passe le pouvoir législatif dans l'église. Déjà dans les dictatus

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