L'épiscopat
Par suite de la suprématie attribuée aux. papes, les conciles généraux se voient diminués dans leur autorité. Convoqués par le seul chef de l'église, ils sont réduits au rôle d'assemblées consultatives, ils écoutent les décisions prises par les papes et les approuvent pour la forme, elles sont publiées sacro approbante concilio. Même dans leurs propres diocèses le pouvoir des évêques est affaibli; comme les papes ont «la plénitude» de la puissance ecclésiastique, ils en délèguent une partie, partem sollicitudinis, aux évêques, qui deviennent ainsi leurs lieutenants. Lors de leur , consécration les archevêques jurent d'être fidèles à saint Pierre et au pape canoniquement élu, de défendre les droits et l'honneur de l'église romaine, de l'aider en cas de besoin par des troupes, de se présenter à des époques fixes à la cour de Rome, d'assister en personne ou d'envoyer des délégués aux conciles convoqués par le pape. Par ce serment, calqué sur celui que les barons prêtaient à leur suzerain, l'organisation féodale est introduite jusque dans la hiérarchie; les archevêques sont en quelque sorte les grands-vassaux spirituels du siège apostolique.
En se rattachant le haut clergé par des liens si étroits, les papes espéraient le soustraire à toute ingérence des pouvoirs séculiers. Ils ne réussirent complètement en ce dessein que dans un des royaumes d'Espagne. Le roi de Castille, Alphonse X, 4252 à 1284, reconnut au pape le droit de déposer et de rétablir les évêques, de les transférer d'un siège à un autre, d'ériger des sièges nouveaux et d'en supprimer d'anciens, de confirmer les élections épiscopales ou de les annuler «quand môme l'élu serait digne», de conférer les bénéfices à qui il veut et où il veut, de restreindre la juridiction des archevêques, d'absoudre les excommuniés, de recevoir les appels, de soumettre « tous les