II« PÉR. 1073-1294. CHAP. III. MONACH1SME
Jacques de Composlelle. — L'ordre portugais des chevaliers d'Evora ou d'Avis eut ceci de particulier que ses membres devaient être mariés, afin de ne pas succomber à la tentation de violer un vœu. — Enfin, le midi de la France eut, pendant la guerre contre les Albigeois, des frères de la milice de Jésus- Christ; en 1261 ce petit ordre se propagea aussi dans l'Italie septentrionale, sous le nom de milice de la Vierge ou de fratres gaudentes, cavalieri gaudenti.
§ 37. Ordres mendiants.
Dans plusieurs des formes du monachisme dont il vient d'être parlé on a pu constater une tendance à le rendre utile, en lui donnant une action sur le monde; cette tendance se manifeste chez les ordres charitables et chez les ordres militaires. Cluny et Cîteaux exerçaient de l'influence par quelques chefs éminenls, mais fort peu par leurs moines; aucune des deux congrégations n'avait reçu la mission de se mêler à la foule pour agir sur elle; elles étaient, d'ailleurs, trop riches pour devenir populaires, elles formaient en quelque sorte l'aristocratie du monachisme. D'autre part, la règle du silence imposée aux religieux des ordres d'ermites les privait de tout moyen d'entrer en communication avec les hommes du dehors. Les vaudois furent les premiers à concevoir l'idée d'une association, revenant à ce qu'on appelait la vie apostolique, c'est-à-dire une vie à la fois pauvre et consacrée à la prédication. Ils offrirent leurs services à l'église, qui les repoussa. En 1210 un des leurs, redevenu catholique, Durand d'Osca, fonda avec l'assentiment du pape une petite congrégation de pauvres catholiques, à l'effet de neutraliser l'influence des pauvres de Lyon; elle ne dura guère.
Innocent III, persuadé que tous les besoins monastiques étaient satisfaits, fit défendre par le concile du Latran de 1215