‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 91 sur 215 · PÉR. 1073-1 294. CHAP. III. MONACHISME · texte numérisé non relu

PÉR. 1073-1 294. CHAP. III. MONACHISME

se tenir un chapitre général, et tous les deux ans des chapitres provinciaux.

Dominique mourut en 1221 ; enterré dans l'église du couvent de Bologne, il fut canonisé en 1233 par Grégoire IX. En 1238 le troisième général de l'ordre, le canoniste Raymond de Pennaforte, donna à la règle sa forme actuelle. De même que les franciscains, les dominicains eurent un ordre de femmes, ainsi qu'un tiers-ordre de pénitents laïques.

Les tiers-ordres, qui formaient la transition du monachisme à la société séculière, soumettaient à la direction des moines mendiants des hommes de toutes les classes, parfois même des prêtres. Un autre phénomène du même genre ce sont les associations de béguines et de beghards, qu'on rencontre vers la fin du douzième siècle dans plusieurs villes de la Belgique42. Le plus souvent c'étaient des femmes pauvres qui s'unissaient pour habiter en commun une maison, appelée béguinage, afin de vivre du travail de leurs mains et de mener, sans vœux monastiques, une vie dévote. En beaucoup de villes, des personnes charitables, émues de la misère des veuves et des jeunes filles privées de ressources, fondèrent pour elles des béguinages ; dans ce sens primitif, ceux-ci ont été un bienfait rendu à une classe abandonnée. Les béguines qui les habitaient ne devaient pas sortir pour demander l'aumône. Les beghards, au contraire, pouvaient mendier; ils parcouraient les villes et les villages par bandes, en criant: donnez au nom de Dieu du pain!

D'autres béguinages étaient destinés à recevoir des femmes

42 Mosheim, De beghardis et beguinàbus. Leipzig 1790. — Hallmann, Geschichte des Ursprungs der belgischen Beghinen. Berlin 1843. — L'étymologie des mots beghart et begyne est encore inexpliquée; des germanistes, tels que les frères Grimm, Deutsches Wùrterbuch, T. 1, Col. 1295, et Schmeller, Bayerisches Wùrterbuch, éd. Frommann, Munich 1872, T. 1 , p. 215, la laissent dans le doute.

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