PRIVILÈGES ET CONFLITS
nobles ou riches, qui s'associaient pour se vouer à la piété, en gardant la liberté de rentrer dans le monde. D'autres enfin étaient des asiles pour des pécheresses repentantes qu'on appelait sœurs de la pénitence, et qu'il faut distinguer des pénitentes de Sainte-Madeleine, soumises à la règle de saint Augustin. Au treizième et au quatorzième siècle les béguinages s'affilièrent à l'un ou à l'autre des ordres mendiants, les pauvres à celui des franciscains, les plus fortunés à celui des dominicains ; à ce dernier furent aussi incorporés tous les couvents de Sainte- Madeleine, ainsi que la plupart des nombreux ermitages ou cluses, inclusoria, dispersés dans les campagnes et habités par quelques recluses.
§ 38. Ordres mendiants, suite. Privilèges et conflits.
Gomme leur mission de prêcher la foi de l'église et de réfuter les hérésies exigeait des connaissances peu communes, les dominicains et les franciscains instituèrent dans leurs couvents des écoles, dirigées par des lecteurs qui jouissaient de dispenses considérables, et qui enseignaient aux jeunes frères les arts libéraux et les éléments de la théologie; les mieux doués des élèves étaient envoyés ensuite dans une université, où ils achevaient leur instruction. Plusieurs des docteurs et des prédicateurs les plus célèbres du treizième et du quatorzième siècle ont été des moines mendiants; les dominicains ont fourni aussi la plupart des inquisiteurs.
Les papes comprirent de bonne heure que les deux ordres seraient leurs meilleurs auxiliaires pour retenir les peuples dans l'obéissance; aussi les comblèrent-ils de privilèges, dont le plus important fut l'autorisation donnée aux moines de confesser et d'enterrer dans les cimetières des couvents tous les laïques qui le désireraient, sans avoir besoin du consentement des évêques