X. THÉODORE DE BÈZE A CALVIN
PnHimlnah-es du Colloque de i'olssij.
(Hibl, de Genève. Lellrcs de Tli. de Bèze , t. 117).
Monsieur et Père, l'arrivay en ceste cour il y a deux jours, ou ie vous puis asseurer que i'ay esté receu avec un fort grand accueil de tous les plus grands qui ne me baillèrent loisir de souper pour les aller trouver. A l'entrée ie trouve le Chancelier que savez' qui vouloit avoir l'honneur de m'avoir introduict. Force me fut de le suyvre, mais ce fut avec un tel visage quil cognut assez que ie le cognoissois. Cela ne dura guères, car il ny avoit que troys pas au cabinet, à l'entrée duquel ie trouve Monsieur 2, que ie neus pas loisN" de saluer que voicy le Roi de Navarre et Monseigneur le Prince (jui se jettent sur moy avec une foi't grande atléction, ce me sendjla. (De là?) ie voy auprès de moy le Cardinal de Bourbon et puis le Cardinal de Chastillon qui me tendaient les mains, le ne vous puis escrire au long les propos qui furent tenus, seulement ie vous diray que ie protestay à Monseigneur le Cardinal de Bourbon que ie navois rien changé depuis quil navoit voulu parler a moy de peur d'estre excommunié, et luy de sa part desclaira quil avoit désir d'entendre les affaires a la vérité, en quoy ie luy presentay mes services, le priant de continuer en ceste volonté. Sur cela, peu s'en falut quon n'entrast en propos, mais le bon Seigneur le fist court et moy aussy.
Quant au Roy de Navarre, la somme du propos fut que javoy grandpeur que bientost il ne fust pas si joyeux de ma venue sil ne se deliberoit à faire aultrement. 11 se print à rire , et ie luy respondy que c'estoit a bon escient quil y faloit
'Micliel de l'ilùiiiUil,
■-Sans doute raïuiial Coligny.