‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 73 sur 120 · XX PRECIS DK L HISTOIRE · texte numérisé non relu

XX PRECIS DK L HISTOIRE

(lesgariiy dt; inste cl véritable défense. Sur cela Monsieur le Cardinal dil (|iiil y a un Livre de la Cène, lequel on niatlribue, ou ie dy que 'i'am qnicritw- C/ir/sliis nuiic in cœun (jnam cniteqnarn i\c virgine luisceretnr. Item dit, il, on m'a dict ce que ie ne veux affirmer, car ie nay pas veu le livre, c'est que vous dites que CInisliis non est niagis in cœnd quain in cœno. le respondy que voyant les livres, ie ne les desavouerais s'ils sont miens; et, quant aux propositions, que le sens de la première me semblait véritable, pourveu quelle fust bien interprétée, conmie il faudrait veoir le livre pour en iuger; mais que de la seconde, elle ne pouvoit estre tirée ny de mes escrits, ny d'aultres qui eussent la moindre intelligence du monde, bricf que nostre confession faisoyl;foy en (pielle révérence nous avions les sacremens. Il insista sur la première de ces propositions, monstrant quil ne savoit rien ou bien peu de la convenance et de la différence des deux Alliances et des sacremens de l'une et de l'aultre. Toutes fois à la fin il falut quil accordas! la vérité ou pour le moins qui^ en fist le semblant. De la il veint a ceste belle Consubstantiation, car distil, pour la Transubstantiation, ie ne suys point d'advis quil y ait scbisme en l'Eglise. Enfin, ie suys, dit-il , rude (?) en ces affaires ; vous oyez mes raisons; — et vous, dis-ie, les miennes, lesquelles comme il me semble, vous doibvent contenter. In summa, nous confessons, dis-ie que panis i s', corpus sacrainentaUter^ et pour définir que c'est a dire sacramenfa/ikr, , nous disons quencores que le corps soit aujourdhuy au ciel et non ailleurs, et les signes soyent en la terre avec nous , toutes foys aussy véritablement nous est donné ce corps et receu par nous , moyennant la foy en vie éternelle , d'autant que Dieu le promet ainsy, comme le signe nous est donné naturellement entre les mains. le le croy ainsy, dit il. Madame, et voila qui me contente. Tian ego ad Rcginam concersus : Ecce, iitqnam. sacra nicnlufios il/os iamrliu vexatos et omnibus calumniis oppressas ! — Escoutez-vous, dit-elle. Monsieur le Cardinal? il dit que les sacramentaircs nont aultre opinion que ceste cy à laquelle vous accordez.

Quelques menus propos furent sur cela poursuyvis toucliant l'accord et union, et me sembla que la Royne s'en alla fort salisfaicte, comme ie scay que depuis elle ne la dissimulé. Et le cardinal en s'en allant: le vous adiure, dit-il, que vous ayez a conférer avec moy, et vous trouverez que ie ne suys pas si noir qu'on me faict.

Sur ces entrefaictes la Royne se despart avec la compagnie, après que ie l'eus 'remerciée et suppliée de poursuyvre en ceste bonne volonté. Voila le iour dbier, iusques a unze heures du soir que ie fis une exhortation en la Chambre y assistant oulîre le dict Seigneur Roy, et Monseigneur le Prince et Madame, Monsieur L'Amiral et Madame L'Amiraile, Monsieur de Montbrun, Le Secrétaire Bourdin et Madame de Cursol qui a esté prophète; car, tenant le Cardinal par la main , elle luy dit tout liauit : Bon homme pour ce soir, mays demain quoy? Or est-il que tout ce matin il na cessé de se vanter quil mavait convaincu et reduict a son opinion. l\Iais jay bons tesmoins et bons garents, Dieu mercy, de tout le contraire.

Cijourdhuy jay prescbé chez Monsieur L'Amiral qui ma retenu à disner.

DE L ÉGLISE HÉl'OIlMÉE DE l'Al'.lS. XXI

Apres disner est survenu Monsieur le Cardinal de Chaslillon, et Monsieur de Montmorancy ', quos video optlme esse affectas, comme de faict les choses sont esbranlées d'une merveilleuse force. Cependant nos Théologiens- disputent de la moutarde, et sont bien empeschés, couniio l'on dict. Mais si avons-nous besoin de prier nostre Dieu, plus tost que de croire ceulx qui nous les l'ont si contemptibles.

Monsieur Martyr est attendu avec un tort grand désir, comme ie l'ay cogna par les paroles de la Royne mesmes. Si Dieu faisoit ce bien a son Eglise de vous y veoir, alors oseroys-ie bien espérer certaine victoire, et le plus grand bien qui jamais advint à ce Royaume. Et de faict ie ny voy point de danger. Mais ie nay encores peu obtenir ce poinct, auquel toutesfois ie ne cesseray de tascher de parvenir jusques a ce que toute espérance men soit ostée, et vous prie vouloir pour le moins vous tenir tousiours prest pour moyenner un si grand bien. De ReipiibUcx noslrsc negotio quod mikl commendaras nikildnm potid amplius expiscai'i ex eo quem nosli. Coiijicio vicinum nostnim suas adrersus Arctopol. querelas ad régis consilium dcfulisse , partim ut illud sibi conciliaret, partim ut inteUigeret an posslt sine hujus regui off'eusiu/ie, betlum nioveret. Si quid certim cognovero ^J'aciam ut mox intelligas.

Monsieur et très honoré père, ie vous escry tout au long comme ie vous ay promis et comme ie feray de jour a jour sil plaist a Dieu quand i'auray de quoy, vous priant mexcuser si ie n'escry plus considérémenl et plus nettement. le supplie d'estre recommandé a la bonne grâce de nos très honores Seigneurs, selon que vous verrez estre bon, et pareillement aux prières de toute la compagnie, des frères et de nos amis. Singulièrement, Monsieur, puisquil plaist a Dieu se •servir de ce tant paoure et inutile instrument en un si grand ouvrage, ie masseure que ne me refuserez ny prières ny conseil , qui est la principale assistance en laquelle ie me confie, après Dieu. Et sur ce ie prie nostre bon Dieu et père quil luy plaise vous fortifier, bonir et maintenir de plus ou plus. — de sainct Germain ce Lundy 25 D'Aoust au soir.

Vostre entier et hundjie serviteur en nostre Seigneur,

T. Di; CUALONAV.

Reginani Aacarr;e iiUra Quatriditum expectamus. Galasius noster et rrliqui fratres qui hue sunt , libi et cxleris satutevi adscribunt.

Has Literas , si tibi vidcbilùr, cum uxore mea ^ormandius noster cominunicabit, ut magis uc magis se con/irmet. Varenniuin nostrum cupio satrere , de cujus valetudine laboro. Lutetiu: non tantuni pestis , scd eliani Febris vaide grassatur.

' Le maréchal François de Monlmoreiicy, fils aîné du connétable, -Les théologiens catholiques.

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