XXX PRECIS DE L HISTOIRE
s'étaiciU rassemblas ooimiio pour rormer un complot contre le roi, au moment où l'ennemi le menaçait, cl qu'ils avaient préparé une émeute contre lui ; que d'ailleurs la plus grande pailie des captifs avaient été rendus à la liberté, après avoir subi un interrogatoire détaillé sur leur foi. Celte ruse a élé secondée encore par l'impudence du secrétaire, qui, dans sa mauvaise foi, a osé dire qu'en parlant de Genève il avait entendu dire aux principaux citoyens qu'il était iunliie que les princes se chargeassent de celte ambassade, parce que tout était déjà prêt. On ajoutait que Melcharius (?) cl d'autres ministres de la parole de Dieu prêchaient librement à Paris , seulemenl dans de petites assemblées, il est vrai, pour ne pas troubler l'Elal par la nouveauté du fait. Et c'est ainsi que nous avons failli êlre trahis, si cet excellent homme, comme poussé par nu bon génie, ne nous avait sauvés à temps. Il a déclaré que tous ces bruits étaient faux, et grâce à Dieu, on a ajouté foi ;i ses paroles. Il nous a montré la sentence prononcée contre Longueville qui a élé renvoyée à l'évêque, et la lettre de Melcharius , écrite de cet endroit à un particulier, cl par là il a convaiwcu le secrétaire de trahison. Il se prépare en outre quelque chose de grave , mais la lettre ne nous a pas donné de renseignement à ce sujet; de Saules , comme je l'espère, vous dira ce qu'il en est; car il s'est chargé de celle affaire avec l'assentiment des principaux membres de celle Eglise. Dieu veuille qu'il la mène à bonne fin et qu'elle contribue à l'auginentalion de sa gloire et à noire salut. C'est sur son conseil, parce que, disait-il, telle est aussi l'idée du comte palatin, que nous enverrons un des noires pour l'accompagner a l'assemblée de Francfort, où se réuniront le 22 janvier les princes de l'Empire. Nous lui avons aussi remis une lettre, dont je vous envoie une copie. En l'écrivant, j'ai regretté de ne pas posséder une partie de votre génie , et j'ai du me contenter de m'en tenir à l'argument qui m'avait élé prescrit, et j'ai traité le sujet d'après mes faibles moyens. Il m'importait beaucoup de vous en informer; car je connais le zèle avec lequel vous secourez tous ceux qui gémissent et qui soupirent en ces lieux, et je savais que s'il se présentait un moyen, vous chercheriez à gagner par votre autorité les princes allemands à notre cause. Quant aux dépenses, les nôtres vous prient de leur pardonner; en refusant de faire une offre d'argent, ils n'ont pas eu l'intention d'accuser quelqu'un d'imprudence parce qu'il en offrait; en tout cas, celte accusation s'adressait le moins à vous. Monsieur, dont ils admirent la rare prudence et dont ils se reconnaissent volontiers les débiteurs pour les nombreux sacrifices que vous vous êtes imposés en leur faveur. Mais comme ils n'avaient point songé aux dépenses , et que peu de temps avant mon arrivée Al. Veracius avait écrit à un de ses parents que l'argent avait élé payé, ils craignirent d'être accusés par vous de négligence de ce qu'ils ne savaient pas prendre leurs pr^ cautions ; ils signifièrent à ceux qui avaient fait en leur nom les dépenses nécessaires, qu'ils ignoraient qu'on avait ofTert à Messieurs de l'argent pour les frais de voyage, et qii'ils ne comprenaient pas pourquoi leurs seigneuries n'avaient pas refusé (?), Comme vous accusez Melcharius seul , ils ont compris que cette accusation les regardait tous, et ils vous prient d'accepter tout en bonne part, et de ne pas soupçonner Melcharius comme s'il avait séparé sa cause de la leur. Dès maintenant ils font leur possible pour contenter leurs créanciers ; mai^ en même temps ils les prient de ne pas s'impatienter; car une somme aussi considérable n'est pas si vile réunie, d'autant plus que le voyage dont je vous ai parlé exige de nouvelles dépenses. Mais je ne veux point m'arrêler à excuser les nôtres, de peur que ma lettre ne devienne trop longue et ne vous importune si j'y ajoutais du superflu ; et c'est un reproche auquel je ne veux pas m'exposcr à votre égard.
Je vous parlerai donc des captifs; depuis que je vous ai écrit par mon hôte, il n'est arrivé rien de nouveau. Cependant on en a renvoyé quatre autres , .«i je ne me trompe, à l'évêque. Quelques-uns ont confessé avec fermeté la vérité, et après avoir déclaré dans l'interrogatoire qu'ils voulaient persévérer dans la confession qui était la seule vraie, ils ont été reconduits en prison ; ce qui nous pousse à croire que le seul moyen par lequel ces juges traîtres à l'Evangile espèrent triompher des nôtres, est de les retenir en prison, moyen qui leur a déjà réussi avec quelques-uns. Mais Dieu soutiendra les siens et trouvera un remède pour guérir la blessure que leur ont faite quelques-uns en reniant leur foi. Quant à nous, nous les exhortons par des lettres et par nos discours à persister fermes et invincibles dans la voie dans laquelle ils sont entrés; nous ralTermissons les ùmes faibles, afin que leur hésitation