‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 84 sur 120 · DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. XXXV · texte numérisé non relu

DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. XXXV

puisse le corriger oprès en avoir élé averti par vous, ou au moins afin que j'évite la même faute à l'avenir. Je désire donc, parce qu'il y va de notre intérêt à tous, que vous connaissiez tout aussi bien que moi, autant que je puis y parvenir par des lettres, l'état de notre Ei^dise, pour que, si vous le croyiez nécessaire, vous puissiez m'aider et m'assister de vos conseils. Depuis longtemps j'ai pris la résolution de soumettre à voire assentiment et à votre volonté tous mes projets, et de ne commencer ou de ne poursuivre aucune entreprise sans avoir été autorisé et guidé par vous, pour autant du moins qu'il m'est permis de consulter le plus fidèle et le plus expérimenté des hommes. Toutefois je ne voudrais pas me rendre à charge au point de vous demander une réponse a chacune de mes lettres; il sullira, quand besoin en sera, de dicter a votre secrétaire quelques mots de bon conseil. Car quand je suis accablé, un de vos billets vaut plus que toutes mes longues lettres ; mais si quehpie indisposition vous oblige de vous abstenir du travail , comme les médecins vous ont ordonné dernièrement de garder le repos a cause d'une douleur au cùlé, alors je vous prierai de remettre la réponse jusqu'à ce que le n\al se soit un peu adouci. J'espère que Dieu exaucera la prière de tous les fidèles , et qu'il vous accordera uon les forces d'un lutteur ou d'un alhlète , ce que ne permettent plus ni votre âge ni la faiblesse de votre corps, mais les forces nécessaires a l'accouqilissement de votre tâche, jusqu'à votre dernier soupir. Le plus ardent de mes vœux est sans doute que le Seigneur prolonge cette vie pour le salut de son Eglise, h laquelle vous vous êtes dévoué et consacré.

Je viens aux autres parties de votre lettre. Vous écrivez qu'il n'est point dans vos vues que noire consistoire nomme un second délégué. Telle a été mon opinion tout d'ahord , et je l'ai communiquée à nos fières ; et je ne doute point que, (juand je leur aurai lu et exposé celte partie de votre lettre (ils doivent se réunir mardi prochain) , ils ne se déclarent satisfaits. A propos des dépenses, s'ils avaient vu que vous-même avez conseillé et facilité l'ambassade , ils n'auraient jamais écrit ce qu'ils ont écrit. Mais ils déclarent tous qu'ils l'ignoraient, ce qui m'a beaucoup étonné. Du reste, si vous n'avez pas encore reçu 150 livres, vous les recevrez sous peu, et le restant ne lardera pas à être rassemblé. Ils n'ignorent pas que vous n'insistez nullement sur le paiement, mais ils veulent vous donner par là une preuve de leur zèle. L'opinion que vous avez eue du roi de Navarre s'est confirmée ; le Seigneur veut sans donie nous priver du secours des hommes, pour rendre son assistance plus efficace et pour nous apprendre à mettre notre confiance en lui seul, et à le remercier de toutes ses bontés. Comme je l'ai déjà écrit à notre frère Des Gallars, il fit venir auprès de lui de La Roche {Cfiandieu) et le sieur James, et avant-hier, à huit heures du m;iiin, heure à laquelle il était encore couché, il s'est entretenu avec eux. Il a d'abord félicité le sieur James de son heureuse délivrance , et lui a dit qu'il s'était rendu auprès de la cour à Paris pour lui procurer la liberté sur nos propres instances et sur celles de nos frères du Poitou. Vous savez s'il faut ajouter foi à un homme de la cour. Il a montré votre leitre , et a déploré ensuite à sa manière l'état présent de l'Eglise, disant qu'il avait l'intention de faire connaître à la première occasion, au Roi, son opinion sur la religion. Quand David, qui en ce moment est à Tours avec la Reine, sera arrivé, il veut lui donner l'ordre de prêcher le pur Evangile , de ne rien cacher, si même le roi venait l'entendre. Enfin il a voulu prier avec eux, il s'e.st fait donner les noms des autres captifs, et il a recommandé au seigneur à' Arancoui' de travailler auprès du président à leur mise en liberté. Mais jusqu'ici aucune de ces promesses ne s'est réalisée. Et cependant, si l'ou ne connaissait pas le caractère de cet homme, quelles espérances n'en aurait-on pas conçues? J'ai remarqué moi-même tout ce que vous avez dit sur M. du Buis, et vos avertissements m'ont rassuré. Avec la grâce de Dieu, je suivrai toujours vos conseils, et je me montrerai toujours soumis à vos ordres, et, comme en toutes choses, je serai dans cette affaire aussi l'instrument de votre volonté. Il n'y a aucun danger à confier au pa|)ier les tentatives de du Buis ; néanmoins il sera peut-être convenable que vous gardiez la lettre pour vous. Il veut allier l'autorité de N. (roi de Navarre?) et la bienveillance des Allemands, afin que si l'on en venait aux armes, chacun eftl préparé ses troupes pour écraser les ennemis de l'Evangile. Pour moi, je ne lui ai point donné ce conseil et je n'y ai pas adhéré, je ne veux point m'occuper de ces choses ; c'est lui-même qui a médité ce projet avec le Comte Palatin et N. Nous n'avons pas poursuivi plus loin l'afTaire dont vous

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