‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 88 sur 120 · XLII PRÉCIS DE L HISTOIRE · texte numérisé non relu

XLII PRÉCIS DE L HISTOIRE

A mon très honoré Seigneur, Monsieur d'Espeuille La licirt ou il sera.

S. Omnibus niodis student adiiersarii terrorem nobis incutere. ScWpsit Rex ad senatum nos sibi hostes esse capitales, qui quotidie pro vita ei corona eius Doininum precamur. Edictum eius publicatum est ut quicunique viderit aliquem ex iis qui in prato cantarunt, tum qui cognoverit domos in quibus cœtus conuenerint, quam primum indicet, nisi velit eiusdem criminis conuictus teneri. Accedit fulmen excommunicationis in templis. Insuper datum est niandatum quam plurimis commissariis ut inquirant et investigent domos omnes, ut jam incœperunt. Nemo tamen hue usque tractus est ad niorlem. 10 vel 12, quod sciamus, abducti sunt in carcerem, qui ex vulgo fere omnes. Nullo autem modo licet illos compellare. Spes nonnullos sustinet non fore diuturnum quod adeo est violentum. Interea certe vix reperiuntur hospites qui Christi ecclesiam excipiant. Dominus adsit nobis in tanta tempestate.

Legati principum nondum reuersi sunt ex aula , quum ut audio littcras super a suis acceperunt quas Régi offerant pro Buxœo, qui jam abductus est ad nemus Vincentium. Intérim miserunt ad nos exemplar litterarum quas pro nobis attulerant, quae nihil aliud continent, quam ill» Buxaei quas ante très menses ad vos misi. Ex eo facile collegimus tune non fuisse missas. Quoniam hic et sententise et verba propemodum eadem essent. Nihil vero taie fuit quale scripsit D. Veracius, nempe principibus, nec fœdus nec amicitia constare posse cum Rege si pergat nos persequi qui eandem cum ipsis religionem amplexi sunt. Legati etiam scribunt se suo officio probe functos esse et nihil omisisse quod ad rem facerét. Obtulerunt interea breuem nostram confessionem quœ ex admonitionibus tuis jam diu a me decerpta, nescio qua ratione in principum manus peruenerat. Hoc tamen in summa responsum tulerunt a Rege quod missurus esset unum ex suis nobilibus qui principibus satisfaceret. En vero eximius fructus legationis, quod dum hic adsunt, tanta saeuitia exercetur. Saltem si expectaretur donec migrassent, ne testes essent tam tristis spectaculi. Statuimus intérim gratias agere principibus et legatis litteras dareubi non praetermitfemus quse acciderunt. Andelolus invictus perstat quod multis est grauissinuim, quare utrin- (lue pro ipsis periculum est seu demittatur, seu retineatur. Fremunt jam multi duces et milites et minantur se non pugnaturos. Ideo aduersa pars oblique ipsum ad desertionem solicitât. Ad uxorem eius itum est, et terror ei non mediocris obiectus est quod non effugeret mortem, si perstet: ipsam cum liberis miseram fore : proinde adeat virum et cor eius flectere conetur, impellatque ad petendam a regeveniam dissimuletque adtempus. At ego et Rochœus nudius tertius ipsam, quoad fleri potuit, confirmauimus. Exhibuit nobis litteras viri postremas quae miram constantiam pra? se ferunt, ubi diserte ipsam hortatur ut importunos luiiusmodi consiliarios abigat. Assiduis precibus ipsum Deo commendari conuenit, quia multum in huius hominis fortitudine positum est. Nauarrenus concessi

DE L EGLISE HEKUH.MEE UE l'AlilS. XLIll

in aulani, qui utinam longo interualio ad huius viri excellentiani accederet. Mira tamen hic pollicebatur, sed more suo mutuserit in conspectu Régis. Si voles ad ipsum scribere, licebit, ut opinor, quum rumor est regeni in bis turbis non perniissurum esse ut concédât in Aquitaniam Cum in oppido Meaux oanerentur psalmi in loco, sicut in prato nostro, qui président illic idem edixerunt quod nostri iudices. Mutauimus consilium de Gasparo quare prae cœteris investigatur ab hostibus, et necesse sit finem imponere negotiis domesticis. Itaque cum niissionem peteret quam illi, anlequani iret iu Britanniani, concesseramus, ipsum dimisimus. Yalete fratres charissimi et mihi summopere obseruandi. Quia certo scio me vobis non minori curae esse quam vosmetipsos, non me coramendo, sed precor Dominum ul vos protegat et perpetuo gubernet spiritu suo.

25 Maij 1558. Vobis obsequentissimus

J. IVC.

(En marge de cette lettre, qui a quelques ratures, on lit: «ETxcusate maculas propter festinationem et locuni ad scribendum incommodum.»)

Traduction.

S. Nos ennemis cherchent par toute espèce de moyens à nous inspirer de la (erreur. Le roi a écrit au Parlement que aons élioiis ses principaux ennemis, uous qui invoquons journellement le Seigneur pour qu'il lui conserve la vie et la couronne. On a publié un édit, d'après lequel quiconque verrait un des chanteurs du Pré-aux-Clercs, ou qui connaitrail une maison dans laquelle se tiennent les assemblées, et ne le déclarerait pas, serait regardé comme coupable du même crime. Ajoutez à cela les foudres de l'excommunicaliou dans les églises. De plus , ordre a été donne à tous les commissaires de faire des recherches et des investigations dans toutes les maisons, et ces recherches ont déjà commencé. Jusqu'ici, personne n'a encore été conduit a la mort; ^0 ou ^2 personnes seulement, hommes du peuple, ont été emprisonnées; il n'y a aucun moyeu (le les approcher. L'espoir que la persécution, par cela même qu'elle est si violente, ne durera pas, soutient le plus grand nombre. En attendant, le nombre de ceux qui veulent recevoir l'assemblée du Christ dans leurs maisons, diminue. Le Seigneur uous soit en aide dans cette calamité.

Les ambassadeurs des princes ne sont point encore de retour de la cour. Ils ont reçu , comme je l'ai appris, des lettres de leurs princes, qu'ils doivent présenter au roi en faveur de du Buis, qui, du reste, a déjà été mené au château de Vincennes. En attendant, ils nous ont envoyé une copie de la lettre qu'ils avaient apportée pour nous ; mais elle ne contient rien d'autre que celle pour du Buis , que je vous ai envoyée il y a trois mois. Nous avons compris par là qu'elle n'avait pas été envoyée alors, parce qu'elle contient les mêmes idées et les mûmes paroles. Ce que M. deVérace' a écrit n'est pas fondé, c'est-a-dire que les princes ne sauraient faire ni alliance ni traité avec le roi , aussi longtemps qu'il nous poursuit parce que nous avons embrassé la même religion qu'eux. Les ambassadeurs écrivent aussi qu'ils se sont acquittés de leurs fonctions, et qu'ils n'ont rien négligé pour arriver à un résultat déhnitif. Ils ont aussi présenté notre confession , qui, quoique je l'eusse détruite d'après vos ordres depuis lontemps, est cependant tombée, je ne sais comment, entre les mains des princes. Le roi leur a répondu qu'il enverrait un des nobles pour donner satisfaction aux princes. Mais voici le brillant résultat de cette ambassade, c'est qu'en leur présence même on sévit plus que jamais contre nous. Encore si l'on attendait qu'ils fussent partis , pour ne pas les rendre témoins de ce triste spectacle. En attendant , nous avons résolu de remercier les princes et d'envoyer une

'Jean Busé, seigneur de Vérace.

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