‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 93 sur 120 · L PRECIS DE L HISTOIRE · texte numérisé non relu

L PRECIS DE L HISTOIRE

ex eo plenius cognoscas. Conuenimus, ego et Rochaeus, Fratrera Na. mira pollicetur more principum, sed utinam diniidium prsestaret. Instant magnopere indices ut captiui concédant localem Ciiristi prsesentiani in cœna et in pane inclusuni esse corpus fateantur; praecise urgenter verba, nuUa admissa expositione. Nostros muniuinius armis quoad fieri potuit. Astute, ni fallor, et fallaciose iudices hoc caput attingunt omissis cseteris, ut plausibile suae sseuitive praetextum apud Germanos habeant. Faber lignarius, qui cum Rochaeus captus erat , daranatus est igné a praefecto crirainum et provocauit ad curiam. And. quaerit vias quibus mundo salisfaciat nec displiceat Deo. Accersitur heri, objurgavi ipsuni. Nescio quid profecerira. Hodie rursus vehementer ipsum obtestatus sum ne/ralrimbicnndo et Evœ sux aureni prœberet , et scandalum quo hand scio an grauius ullum quisquam dederit e multis annis , tolleret aliqua ex parte. Non oflfensus est saltem asperitate sermonis qua usus sum, ut par erat. Quid tamen in poslerum facturus sit , incertus sum. Nunc quidem domum dimissus est a Rege , sed si in conspectum prodeat , ibi est periculum. Hesterno die fratribus visum est ut profectionem in castra susciperem quae distant hinc itinere tantum bidui. Occasio videtur offerri non incommoda ut pro athletis nostris qui tôt mala perpessi sunt in carcere, cum Saxone agamus per ministros eius qui se libenter nobis cum communicaturos esse dixerunt. Fortunet iter Dominus quod non caret periculo. Quod superest, ancipiti cura jam distrahimur propter incertum hujusce belli exitum. Si vincat Rex, aut si pacem cum hoste facial, quam si possit vel iniqua conditione redimet, oninem suum inspectum(?) ad nos opprimendos conuertet; quod nec ipse bis temporibus dissimulât. Sin vincatur ad omnes casus periculorum, quae maxima esse soient in tanto motu ac turaultu, objecti sumus.

Dominus tamen est rex nosler ac conseruator gregis sui, et hoc in primis elogio pro sua infinita bonitate gaudet, quod mihi piisque omnibus spem adfert laeli tandem acprosperi successus, quocumque modo res gerantur et cadant. Valete observandissimi fratres. Dominus vos incolumes diu tueatur ut per vos confirmet Ecclesiam suam.

Lutetiae, 17 die August. 1558. Vobis obsequentissimus

lo. Rachamtjs.

(En marge : « De Rantig. narrabit quod audiuit ex Riverio qui ipsam adiit nuper.»)

Traduction.

S. Si je décrivais par ce messager l'étal de nos affaires, je ferais un travail superflu, d'autant plus qu'il est lui-même assez habile pour vous raconter tout ce que je lui ai ccmmuniqué et ce qu'il a vu de ses propres yeux. J'indiquerai néanmoins quelques poinls que vous lui rappellerez à la mémoire, pour qu'il vous les expose en détail M. de la Roche et moi, nous nous sommes rendus auprès du frère du ro/ de Navarre. Il promet monts et merveilles à la manière des princes , mais plùl à Dieu qu'il en tînt, ne fùl-ce que la nioilié. Les juges insistent avec opiniâtreté à ce que les ftaptifs leur accordent la présence locale du Christ dans la sainte Cène, et qu'ils avouent que le pain renferme le corps dans le sens véritable du mot , sans admettre aucune explication. Nous les avons pourvus des armes nécessaires, afin de fortifier les nôtres autant que possible. C'est par ruse et par politique, sans doute, que les juges se sont emparés de ce chef d'accusation, en omettant tous les autres, pour avoir un meilleur

DE L ÉGLISE RÉFORMÉE DE PARIS. Li

prétexte de leur cruauté aux yeux des Allemands. Le charpentier, qui avait été pris avec M. de la Ruche, a élé condamné au bûcher par le lieutenant criminel, mais il en a appelé au Parlement. D'Andelot cherche un moyen de plaire a\i monde sans déplaire à Dieu. .4yanl été mandé auprès de lui hier, je lui ai fait des reproches, mais je ne sais s'ils ont sorti leur effet. Aujourd'hui je l'ai de nouveau vivement engagé à ne pas prêter l'oreille à son frère le rouge (c'est-a-dire le cardinal dp Beauvais), ou a son Eve et à laver ce scandale, le plus honteux qu'on ait vu depuis des années. Au moins il ne s'est pas offensé de la sévérité de mon discours , sévérité dont j'avais le droit de me servir. Mais je ne sais pas ce qu'il va faire dorénavant. Aujourd'hui enfin il vient d'être renvoyé chez lui par le roi ; mais il lui sera dangereux de se montrer dehors. Hier il a plft aux frères de m'envoyer au camp, qui est éloigné d'ici de deux jours de marche. L'occasion me parait favorable d'intercéder en faveur de nos athlètes, qui ont souffert tant de maux dans les prisons, auprès du duc de Saxe, par l'entremise des ministres, qui ont dit qu'ils s'entretiendraient volontiers avec nous. Dieu veuille protéger mon voyage, car il n'est pas sans péril. En outre, nous sommes tourmenlés de soucis poignants à cause de l'issue incertaine que prendra cette guerre. Car si le roi est vainqueur, ou s'il fait la paix avec l'ennemi , paix qu'il est capable d'acheter aux plus viles conditions, il emploiera toutes ses forces pour nous opprimer ; c'est là son projet, qu'il ne craint pas d'avouer dès maintenant. Mais s'il est vaincu, nous serons exposés à tous les dangers , si fréquents dans de tels troubles et dans de tels soulèvements.

Néanmoins Dieu est notre roi et le prolecteur de son troupeau, et, de toutes les louanges, sa bonté inlinie se complaît le plus dans ce titre de prolecleur, car moi et toutes les âmes pieuses nous sommes convaincus que la guerre aura une joyeuse et heureuse issue, quoiqu'il puisse arriver et n'importe quelle tournure les affaires prennent. Adieu, vénérables frères. Dieu vous garde, afin que vous puissiez soutenir son Eglise.

Paris, 17 août 1558.

Voire dévoué J. Racuamus.

(En marge : « Il vons dira de M"* de Rantigny ce qu'il a appris de M. de la Rivière, qui l'a vue naguère.»)

{Même suscription.)

S. Dum essem in castris, is qui diu apud vos niansit, confector tentoriorum, multas a vobis litteras ad me attulit quos nondtim accepi. Datae enim sunt cuidam ut mihi redderet qui me non reperit. Altéras auteni nunc accepi in quibus peracerbiim est quod narras de vicinis qui palam et hostiliter oppugnant sanctam Dei doctrinam. Triste etiam luit nuntium de valetudine Raimondi et Pleuresii (?). In And. nescio quid jam proficies, de que nihil audeo scribere ne augeani dolores tuos undique concurrentes, quos consolando levarem libentissime si qua in me facultas esset. Deuxore, etsi instant fratres ut accersam ut scilicetdiutius me hic retineant, non adducor tamen ut hue migret, quia longum iter multas secum trahit molestias atque incommoda tum foris, tum donii. Recte igitur latebit apud vos in his tempestatibus, quod etiani tibi utilius videtur. Quod mandas de filio Rambullieti, inquiram diligenter. Nesciui hactenus ipsum discessisse, ac cum heri praeteriens per vicum Rantigny, sororem conuenirem, ipsa mihi nullam fratris mentionem fecit. Quod ad statum ejus spécial, decumbebat niPluens quartanam cujus uno accessu jam vexata est. Sciiicet melancholia pr«-

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