DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. F,II
Fieri forsitan poterit ut uterque princeps aère alieno fere obrutus et incertam Martis aleam reformidans, exhaustis numrais qiios undique mutuo corraserunt, clamore tandem et eiulatu siiorum commoveanlur. Novioduni aspectus, Domine, non parum me comraovit qiiiim urbis pulchritudo in horrendam deformitatem conversa est, ac plebs nihilo sapientior fada virgis et casligatione Domini in miseriis suis tabescit. Ambiani aliquos fratres consolatus sum et horlatus ut malis suis levamen quaererent quod unicum ipsis restabat, nempe si convenirent ad invocandum nomem Dei et audiendum verbum ejus. Idem institui Mondiderii ac utrumque oppidum fidèle et salutare consilinm secutus, statuit a nobis hominem idoneum postulare. Urgebo hoc negotium, ut patria nostra tandem incipial agnoscere Deum et creatorem suum et in suis miseriis oculos ad ipsum discal attollere. Aliqui etiam collecti sunt in Claromonte , item Luzarchi : ac istis conventibus semper interfuit D.Secheliusquem, Ambiani repertum, comitem itineris habui Lutetiam usque. Is tibi, Domine, ac D. Norm. plurimam salutem adscribi cupit. Haec est peregrinationis me» ratio in qua narranda cupiissem esse brevior ut labori parcerera , sed hsec omnia vobis narrare ex officio meo esse duxi. Comes autem meus, frater Rocliœus, salutem vobis plurimam dicit, et tibi imprimis, Domine, ac te vult tieri certiorem, quod Navarreno ex sententia et consilio nostro operam et obsequium suum obtulerit, ut authoritate magni principis in cuius familiam cooptatus fuerit, aliquos nebulones cohibeat qui fortunis ipsorum inhiant. Valete fratres charissimi et mihi plurimum suspiciendi. Dominus vos consoletur et spiritus sui virtute sustineat usque in finem.
26 Augusti 1558. Lutetise.
Collegae mei vos oranes reverenter salutant.
Vobis obsequentissimus
lo. RACHAiMUS.
Traduction.
S. Pendant que j'étais au camp, le faiseur de lenles, qui a longtemps séjourné auprès de vous, a apporté plusieurs lettres, que je n'ai point encore reçues ; car il les a conliées, pour me les remettre , a un homme qui ne m'a pas encore trouvé. Mais je viens d'en recevoir d'autres, dans lesquelles je suis peiné d'upprendre ce que vous racontez de vos voisins, qui se montrent hostiles à la sainte doctrine de Dieu. Non moins triste a été la nouvelle de la maladie de Raimond et de Pleuresius. Je ne sais quelle influence vous pourrez avoir sur D'Andelot, dont je n'ose rien vous écrire, de peur d'augmenter vos douleurs, que je préiérerais adoucir par des consolations, si toutefois je le pouvais. Quant a ma femme, que les frères me prient de faire venir, sans doute pour me retenir plus longtemps auprès d'eux , j*^ ne puis me décider à l'appeler, car le trajet est long et entraine de nombreuses fatigues et de dérangements, tant au dehors que dans la maison même. Elle fera donc bien par ce temps oragtux de rester encore auprès de vous, d'autant plus que ce parti vous parait aussi être le meilleur. Les ordres que vous me donnez au sujet du (ils de Rambouillet, je m'en acquitterai en prenant des informations. Je ne savais pas encore qu'il était parti, et en passant hier par le village de Rantigny, je me suis rendu auprès de sa sœur, qui n'a fait aucune mention do son frère. Quant à elle-même, elle était couchée, craignant une lièvre quarte, dont elle avait déjà éprouvé la première attaque. 11 est à supposer que la mélancolie est la principale cause de celte maladie, et il n'est pas étonnant qu'elle en souffre ; car avant-hier son mari , retournant au camp, s'est montré plus atroce e< plus cruel que jamais, et il a juré qu'il ne mettrait