TRADUCTION
« L'autre jour, près d'un plant de sabine, je trouvai une bergère, pleine de gaieté et d'esprit. Comme fille de villageoise, elle portait capote, jupon et pelisse, robe et chemise bien repassée, souliers et bas de laine. »
Perdignon, troubadour du XIII" siècle, naquit dans un bourg du Gévaudan, nommé l'Espéron. Fils d'un pauvre pêcheur, il se trouva doué par la nature d'une voix agréable et d'un talent fécond pour composer des airs de musique; il parvint à jouer de plusieurs instruments, se livra d'abord à la profession de jongleur, et peu après, sentant en lui le génie poétique, il se plaça parmi les troubadours.
GiRAUD ou GuiRAUD RiQuiER, natif de Narbonne. Sa première pièce est datée de 1254. « Giraud Ricquier, dit M. Emeric David, a voulu laisser un nom dans tous les genres, où les troubadours les plus célèbres se sont illustrés. Aubades, Pastourelles, Chansons, Brefs-doubles, Vers, Complaintes, Re'troances ('), Tensons, Sirventes, Epitres, Morales, rien ne lui fut étranger. »
Giraud surnomma sa dame « Bel déport, » (beau délassement, de qui le nom fut toujours trompeur.)
En 1280, ce troubadour alla dans la Caslille, auprès d'Alphonse X, roi et empereur.
Un des ouvrages où Giraud Ricquier a montré le plus de talent et d'esprit, est sa requête en vers, présentée au roi Alphonse de Castille, au nom des jongleurs -musiciens, et dans laquelle ils demandaient à être
(i) La Rétroancc était une pièce à refrain, ordinairement composée de cinq couplets, tous à rimes différentes.
distingués par une dénomination particulière d'avec les jongleurs qui faisaient sauter des singes, des boucs et des chiens; le roi répondit pareillement en vers qu'il acquiesçait aux fins de la requête.
Pierre Cardinal, naquit au château de Veillac, dépendant de la ville de Puy, au commencement du XIIl^ siècle.
Ce troubadour est compté parmi les poètes satiriques les plus fameux de son époque : « e molt trobat de bellas razos et de bels chaniz. »
Guillaume de Montanagout. Ce troubadour vivait au commencement du XIIP siècle. Dans une de ses sirventes il s'afflige de voir les réunions des cours interrompues, les amusements des troubadours peu-à-peu abandonnés, les plaisirs de l'esprit s'éteindre, les mœurs, en un mot, changer et prendre de nouvelles formes. En effet l'époque heureuse des troubadours est celle antérieure au temps de la ligue contre les Albigeois, c'est-à-dire avant 1229.
Les sirventes de Guillaume de Montanagout se rapportent tous à des événements très-importants. La plus ancienne des pièces connues date évidemment de 1242. Elle appelle à la guerre contre le roi de France Louis IX les alliés et les vassaux du comte de Toulouse, Raymond VII, dernier comte de Toulouse. Raymond VII, dit le Jeune, naquit à Beaucaire en 1197. Il aima et favorisa les lettres, nous dit Lamotle, et fut amplement loué par les troubadours. Il doit être considéré comme le fondateur de l'université de Toulouse, où il établit en 1228, par suite du traité de Paris les facultés de théologie, de droit canonique et de philosophie.
Il existe aussi de Guillaume de Montanagout quelques poésies erotiques.
GUILLAUJIE d'AuTPOL, LE MoiNE DE FoiSSON, Gui FOLQUET et RaVMOND
Gauzelm de Béziers. C'est à la Sainte-Vierge que ces poètes adressaient presque toujours leurs vers, comme le plus grand nombre des troubadours de la fin du XIII^ siècle.
Gui d'Uissel, troubadour limousin du XIII" siècle. Parmi les poésies de Gui, M. Emeric David mentionne surtout la pastourelle :
L'autre jorn, cost una via Auzi cantar un pastor, etc.
traduction.
« L'autre jour sur le bord d'un chemin , » J'entendis un berger chanter, etc. »
« Colle jolie pièce de vers, dit-il, mérile autant d'altenlion par la puielé de la langue, que par l'élégance du shle. Nous y vo}ons le langage choisi des troubadours dans toute sa perfection. »