‹ Précis de l'histoire de la musique, depuis les temps les plus reculés; suivi de notices sur un grand nombre d'écrivains didactiques et théoriciens de l'art musicalChapitre 5 sur 62 · EGYPTIENS · texte numérisé non relu

EGYPTIENS

L'opinion des historiens concernant la musique des Égyptiens paraît aussi bien souvent contradictoire; selon les uns, ce peuple avait eu, comme toutes les nations civilisées, ses jeux, ses courses, ses triomphes, des édifices consacrés aux danses, à la musique et aux représentations théâtrales; selon d'autres, la musique y était non seulement peu cultivée, mais considérée connne nuisible aux hommes. D'après quelques auteurs anciens, les Egyptiens firent les premiers de leurs danses des hiéroglyphes en actions, pour exprimer les mystères de leur culte, le mouvement réglé (Ks astres, l'ordre inuuuable et l'harmonie constante de l'univers.

Au rapport de Sirabon, les temples de l'Egypte ne retentissaient jamais du son des insliuments, el les sacrifices s'y faisaient en silence. 11 s'agit apparenmienl ici des temps les plus reculés, car on sait que c'était au son

(i) Voyez le Livre des Rois et celui des Paralipomèncs.

(■2) Fr. Fclis, liésitmo philosophlqur, etc., cl ]iah Vllistoire de la miisl(j>(c par ■■^es viomtmcHts ; ildd. Revue ri Cazetle iniisiaile de Paris, année 18.i0.

des inslrumenls que les femmes promenaient le dieu Osiiissur, « Nil; et puis, au dire de Platon (livre II des lois), qui paieourul l'Égyple quatre siècles avant la naissance de Jésus-Christ, le chant y était cultivé de temps immémorial, et depuis dix mille ans (selon la chronologie payenne) son caractère s'y conservait pur, sous l'empire de la religion ('). Hérodote, à son tour, en parlant du culte qu'on rendait à Diane dans la ville de Bubasle, oii cette déesse était adorée, rapporte que, de toutes les parties de l'Égyple, à certaine époque de l'année, les peuples se rendaient en foule à la fêle de Diane, à Bubaste; une multitude de bateaux voguaient vers cette ville; dans chaque barque des musiciennes accompagnaient leur chant avec des cymbales et le tambour de basque; des hommes jouaient de la fliile, d'autres chantaient et battaient des mains en cadence. On s'arrêtait devant toutes les villes, et la musique recommençait. D'ailleurs, les instruments de musique que l'on remarque dans les sculptures qui décorent les monuments de l'ancienne Egypte, comme les instruments trouvés dans les hypogées, prouvent suflisammenl que les Égyptiens non seulement aimaient la musique, mais en faisaient un fréquent usage(^).

(i) Rapport de M. Daussoigne-Méhul , directeur du Conservatoire royal de Liège, à la classe des beaux-arls de l'Académie royale de Belgique, au sujet d'un Mémoire sur la musique antique de la Grèce, par M. le comte de Robiano [Revue et Cazelte musicale de Paris, 18i8).

(2) Voyez l'ouvrage de M. Villoteau, Dissertations sur les diverses espèces d'instruments que l'on remarque parmi les sculptures qui décorent les anciens monuments de l'Egypte.

Les ouvrages suivants sont également bons à consulter sous ce rapport :

1° Description de l'Éçjypte et de la Nubie, par Champollion le jeune ; 2° / 3[onu menti deir Egitto e délia Nubia, par Rosselini, et l'ouvrage de Wilkinson.

Voyez encore : Recherches sur l'origine de l'harmonie, par le baron de Dalberg , Mémoire lu par l'auteur, en 1801, à l'Académie d'Erfurt; la partie historique de ce travail traite des instruments anciens, de leur usage et de la musique des Orientaux en général.

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