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CHAPITRE XIV

Origine de l'opéra (i) ou drame lyrique. — Définition de ce genre de spectacle sous le rapport musical. — Mystères, miracles, moralités, sotties dans les diverses contrées de l'Europe. — Ecrivains qui ont traité de l'art dramatique au moyenâge. Compositeurs à qui l'on doit les premiers essais du drame lyrique. Invention de la déclamation notée ou récitatif. La musique du style madrigalesque. — La tragédie -lyrique Euridice. — Célèbres architectes et décorateurs italiens des XVIe et XVIIe siècles. — ■ Nouveaux théâtres élevés en Italie pour la représentation du drame lyrique. — Naissance de la tragédie et de la comédie modernes.

Voici comment un écrivain définit l'opéra, sous le rapport musical et esthétique :

« La musique est une langue. Imaginez un peuple d'inspirés et d'en- » thousiastes, dont la tête serait toujours exallée, qui avec nos passions » et nos principes, nous serait cependant supérieur pour la subtilité, la » pureté et la délicatesse des sens, par la mobilité, la finesse et la per- » feclion des organes; un tel peuple chanterait au lieu de parler, sa » langue naturelle serait la musique. Le poème lyrique ne représente » pas des êtres d'une organisation différente de la nôtre, mais seule-

(i) Opéra est un mot italien, qui signiûe œuvre. Le drame-lyrique ayant été regardé à son apparition comme l'œuvre musicale la plus importante , les Italiens , par antonomase, lui donnèrent le nom d'opéra, qui lui est resté , et qui a passé dans plusieurs langues.

m ment d'une organisation plus parfaite. Ils s'expriment dans une langue » qu'on ne saurait parler sans génie, mais qu'on ne saurait non plu* » entendre sans un goût délicat, sans des organes exquis et exercés : » ainsi, ceux qui ont appelé le chant le plus fabuleux des langages e* » qui se sont moqués d'un spectacle où les héros meurent en chantant, » n'ont pas eu autant de raison qu'on le croit d'abord; mais comme » ils n'aperçoivent dans la musique tout au plus qu'un bruit harmo- » nieux et agréable, une suite d'accords et de cadences, ils doivent la » regarder comme une langue qui leur est étrangère : ce n'est point » à eux d'apprécier le talent du compositeur, il faut une oreille attique » pour juger de l'éloquence de Démosthènes. La langue du musicien a sur » celle du poète l'avantage qu'une langue universelle a sur un idiome » particulier : celui-ci ne parle que la langue de son siècle et de son » pays ; l'autre parle la langue^de toutes les nations et de tous les siècles. » Les premiers opéras , comme l'art dramatique en général chez les modernes, ont eu d'abord pour objet les mystères. Francesco Baverini , contrepoinliste italien, fut le premier qui mit en musique un drame de ce genre, intitulé : La conversîone di San Paolo (La conversion de St-PaulJ, représenté en 1440 sur une place publique à Rome. On mentionne aussi un certain Beverini , comme auteur d'un opéra, ou plutôt d'un mystère, paroles de Jean Sulpicius, dont le sujet était également la Conversion de St-Paul, et qui fut représenté à Rome en 1480, par ordre du cardinal Riari, à qui ce drame était dédié. L'Orfeo, d'Ange Polilien, composé d'après Tilaboschi, en 1483, pour une fête donnée à la cour de Mantoue, en l'honneur du cardinal de Gonzague, est la première représentation théâtrale, étrangère à celles de ces spectacles pieux», qui divertissaient alors toute l'Europe. Les historiens ne nomment pas., l'auteur de la musique.

Mystères, miracles, moralités, sotties, etc., dans les divers pxqys de l'Europe, — Naissance de la tragédie et comédie modernes. — Jodelle.

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