‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 106 sur 226 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

rondins, de plus en plus égarés par la haine, résolurent d'abattre, coûte que coûte, toutcequifaisaitobstacleàleur ambition, et continuèrent leurs ridicules déclamations contre Paris, dont Topinion leur était défavorable. Ce fut au point qu'un jour Bertholet étant venu, au nom du département, dont il était secrétaire, réclamer un secours provisoire de cinq cent mille livrespour les indigents de Paris, et s'étant servi du mot capitale en parlant de cette ville, Guadet, qui présidait, riuterrompitbrusquementet lui dit que dans une république il n'y avait point de capitale. Et le 19 octobre, une députation des sections de Paris s'étant présentée à la barre pour reprocher à l'Assemblée de vouloir, à l'instar des tyrans, s'entourer d'une garde soldée, quelques Girondins demandèrent que d'urgence on organisât cette force armée d'un nouveau genre, sortie de Timagination de Buzot* La Convention recula devant l'impopularité d'une pareille mesure ; et le surlendemain, au patriote Gonchon qui, au nom de de^ix sections du grand faubourg, vint réclamer l'abrogation de la loi martiale, le président répondit que si la liberté pouvait se perdre dans la République française, elle se retrouverait au faubourg Saint-Antoine.

Cependant, le même jour, des fédérés marseillais, accou- Fédérés rus à la voix de Barbaroux, avouaient naïvement à la barre Marseillais avoir appris que le pays n'avait plus d'autres ennemis que les agitateurs et les hommes avides de tribunat et de dictature. Il était facile, à ce langage, de reconnaître les serviteurs d'une coterie. Pourquoi donc alors^ à la demande du ministre delà guerre, la Convention décrétait-elle d'accusation les généraux Lanoue et Duhoux? Pourquoi frappait-elle d'un décret semblable l'ex-baron de Breteuil, MM.de Moustieretde Choiseul-Gouffier, l'évêque d'Arras, l'abbé Maury et quelques autres personnages moins connus? Pourquoi le 23 octobre, sur une motion de Buzot, bannisâait-elle à perpétuité du territoire de la République les émigrés français, et décrétait-elle contre tous ceux qui

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y rentreraient... la peine de mort? Pourquoi enfin créaitelle quatre cents millions d'assignats nouveaux? Ah! c'est qiie si les Girondins, qui alors menaient la Convention, aimaient beaucoup la patrie, ils détestaient davantage encore leurs adversaires, et ils ne s'inquiétaient guère de savoir si les coups qu'ils portaient à ceux-ci ne retombaient pas d'aplomb sur la République.

Intolérance Furieux d'avoir été rayé de la liste des Jacobins, Brisdea Girondins, sot lança dans le public un factum dans lequel il attribuait sa radiatioi) à son refus de se prosterner « devant la dictature de Robespierre, » — le bon apôtre! — et où il traitait de mrelevrs les grands patriotes séparés de sa ligne de conduite. Robespierre répondit par un formidable discours, prononcé le 28 octobre à latribune des Jacobins, sur l'influence delà calomnie. Danton présidait, Danton que les Girondins venaient de froisser cruellement en le sommant d'une manière injurieuse de justifier de l'emploi des sommes dont il avait eu à disposer comme ministre. Il proposa à la société d'adresser ce discours à toutes les parties intéressées, et Brival, membre de la Convention, demanda ironiquement que le ministre de l'intérieur Roland, qui employait à l'impression de tant de productions girondines lesfonds secrets mis à sa disposition, fût invité à imprimer également à ses frais l'excellent discours de Robespierre. Alors, de plus en plus exaspérés contre celui-ci, les Girondins dressèrent jun véritable plan de campagne, et Louvet, un des enfants perdus du parti, se chargea d'ouvrir l'attaque en règle.

Préliminaires Préalablement on commença par lancer une sorte de de combat, ^jg^u^^ d'essai. Buzot avait proposé une loi draconienne contre tous provocateurs au meurtre ou à la sédition par voie d'écrits ou de discours. Le 29 octobre, dans le but évi- % dent de pousser la Convention à adopter le projet de son

ami Buzot, le ministre de l'intérieur fit lire par Lanjuînais xm rapport sinistre sur la situation de la capitale. Il y

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