‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 109 sur 226 · CHAPITRE NEUYIÈUB · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUYIÈUB

immense réquisitoire tous les faits relevés à la charge de de Tex-roi, depuis louverture des états généreux jusqu'à l'explosion du 10 août : menaces contre l'Assemblée constituante, violation du serment prononcé à la Fédération du 14 juillet, refus de sanction, massacres de Nancy et du Champ de Mars, complicité avec l'émigration et l'étranger, protection accordée aux prêtres réfractaires, etc. Le lendemain, Barbaroux, suppléant Lindet, donnait lecture de l'acte énonciatif des crimes reprochés à celui qu'on n'appelait plus que LouiîTCapet, et, peu d'instants après, au railieu d'un profond silence, le monarque déchu, accompagné du maire, des généraux Santerre et Wittenkof et de deux oflSciers municipaux, paraissait à la barre de la Convention.

Avant d'aller plus loin, il faut dire un mot du séjour de i-a famin© la famille royale au Temple. Toute captivité est doulou- ^^^j^ j^ reuse , et Louis XVI prisonnier était certainement à * plaindre. Mais il s'en faut de beaucoup qu'il ait eu à subir, de la part de la Révolution, les taquineries et les persécutions sur lesquelles les écrivains royalistes se sont sicomplaisamment éteudus. Dans les premières semaines, il habitait avec sa famille les petits appartements contigus à la grande tour. Il employait son temps à se promener dans les jardins et à donner à son âls des leçons de latin. Le soir on lisait, on causait ou bien l'on jouait aux cartes. Cela dura jusqu'à la fin de septembre. Les repas se prenaient en commun et étaient véritablement somptueux ; les comptes de la Commune prouvent combien peu, sous ce rapport, elle lésinait avec les prisonniers du Temple. La nécessité, plus ou moins démontrée, d'une surveillance plus active, obligea seule la Commune, qui était responsable de la famille royale confiée à sa garde, de recourir à des précautions de rigueur que nous pouvons regretter. Au commencement d'octobre, un arrêté du conseil général ordonna la séparation du roi d'avec Marie-Antoinette,

Le rbi à la barre.

Les conseils de Louis.

interdit aux prisonBiers l'usage d'armes ou instruments tranchants, et à Louis XVI de se servir de tout ce qui pourrait faciliter une correspondance coupable. Marie-Antoinette pleura amèrement; et il ne faut pas s'en étonner, car, si coupable qu'elle fût, tombée de si haut, elle devait d'autant plus souffrir, et elle était bien à plaindre.

C'était un spectacle nouveau en France que celui d'un roi, paraissant en criminel devant les représentants du peuple souverain. L'attitude de Louis XVI à la barre ne fut ni altière ni huinble. Ses réponses â l'interrogatoire du président furent surtout évasives; presque toujours il se retrancha derrière la constitution. Il eut seulement le tort de commettre un mensonge en déclarant ignorer complètement Texistence de l'armoire de fer. C'était nier révidence. Du reste, il accepta parfaitement son rôle d'accusé et demanda à être assisté d'un conseil. Après qu'il fut retourné.' au Temple, où il mangea d un fort grand appétit, la Convention décida qu'il serait pourvu d'un conseil choisi par lui-même, et le lendemain elle chargea quatre de ses membres : Cambacérès, Thuriot, Dubois- Crancé et Dupont (deBigorre) d'aller lui notilSer ce décret Louis fit choix de Target et de Tronchet. Celui-ci accepta. Quant au républicain Target, il s'excusa, en alléguant des raisons de vieillesse et de santé. Il fut remplacé par Lamoignon de Malesherbes. Cet ancien ministre de la maison du roi s'était de lui-même offert à défendre celui qui, pour lui, était toujours son maître. D'autres encore se proposèrent comme avocats du royal accusé : citons parmi ces personnes une femme nommée Olympe de Gouges, sorte d'aventurière qui, tour à tour républicaine et royaliste exaltée, finit, d'excentricités en excentricités, par se heurter à l'échafaud révolutionnaire. A ses deux premiers conseils, le roi en adjoignit un troisième, ce fut Tavocat de Sèze.

Le procès du roi n'empêcha pas la Convention de s'occuper en même temps des grands intérêts de la patrie et

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