‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 110 sur 226 · CHAPITRE NEUVIÈHB · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈHB

de l'humanité. Le 15 décembre, sur un rapport de Cambon, elle traçait aux généraux français la ligne de conduite à tenir dans les pays occupés par nos armées. Dès le mois précédent, elle avait promis aide et protection aux peuples . soulevés pour la liberté. Cette fois-ci, elle décréta solennellement, à la face du monde, qu'aux nations dont les soldats de la France touchaient le territoire, la République apportait secours, pai-x, affranchissement, liberté, fraternité et égalité, et que, venue, pour chasser leurs tyrans, elle les garantirait des vengeances de ceux-ci.

La Convention, comprenant que Tinstruction était une chose de première nécessité pour un peuple libre, ordonna la réimpression d'un rapport de Condorcet à l'Assemblée législative sur l'organisation générale de l'instruction publique, et, d'après un projet de Lanthenas^ elle posa les premières bases de l'établissement des écoles primaires. Puis, comme, en ces temps orageux, il fallait toujours, à coté des lois les plus douces et les plus conformes au génie de l'humanité, prendre de rigoureuses mesures de conservation et forger des armes terribles, elle décréta, le 18, la peine de mort contre toute personne convaincue d'avoir exporté des grains et farines hors du territoire ou de s'être opposée à la libre circulation des subsistances. L'avant-veille, elle avait également, à Tunanimité, frappé d'un décret de mort quiconque proposerait de rompre l'unité de la République. C'était la loi qui devait conduire les Girondins à l'échafaud.

Un tel décret, prétendit Buzot, n'atteignait point les royalistes ; l'ardent Girondin réclama la 'proscription éternelle de tous les Bourbon, et notamment le bannissement de Philippe-Égalité et de ses fils. On entendit alors un futur sénateur de l'Empire, un futur pair delà Restauration, le républicain Lànjuinais^ insinuer, dans un langage violent, que ceux qui avaient soutenu la candidature de d'Orléans, voulaient le rétablissement de la royauté. Cela

Actes diven

de la Convention.

Bannissement

de tous les Bourbon.

était à Tadresse de Danton, qui avait en effet cautionné l'élection du citoyen Égalité. Danton ne put répondre, étant depuis une quinzaine de jours à Tarmée du Nord, où il . avait été envoyé comme commissaire. Camille Desmoulins essaya vainement de protester; au milieu du tumuKe, il ne put parvenir à se faire entendre, et l'Assemblée, après une discussion extrêmement orageuse, vota le bannissement de tous les Bourbon, en ajournant sa décision en ce qui concernait particulièrement Philippe-Égalité. Mais, trois jours après, conformément au 'vœu des sections parisiennes, et malgré les efforts des orateurs girondins, elle remit au lendemain du jugement de Louis XVI à statuer sur le sort de la famille des Bourbon. Que la mesure proposée par Buzotet si vivement soutenue par ses amis ait été d'une bonne politique, cela est possible ; mais il n'en est pas moins vrai que c'était une atteinte profonde portée à l'inviolabilité de la représentation nationale, puisque Philippe-Égalité était représentant du peuple. Pas plus en cette circonstance ^u'en réclamant un décret d'accusation contre Marat, les Girondins ne reculèrent devant cette faute énorme d'entamer la Convention sans une nécessité absolue^ Appuyée par Saint-Just, dont le républicanisme ,

s'accommodait de l'exil de tous les Bourbon comme d'un gage assuré de la stabilité du nouveau régime, leur proposition n'avait point rencontré de contradicteur dans . , Robespierre. Celui-ci, aux Jacobins, se borna à leur I

demander de lui garantir que ce serait là le dernier acte {

de proscription, et que, dès le lendemain, ils permettraient |

à leurs adversaires de présenter de bonnes lois; car les travaux utiles avaient été singulièrement entravés jusque-là par les récriminations continuelles des enfants terribles de la Gironde, Malheureusement les cœurs irrités étaient sourds à ces appels à la conciliation, et de nouvelles explosions de fureur signalèrent le procès du roi. On ne fut pas peu étonné, dans la séance du 25, d en-

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