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CHAPITRE DIXIÈME

SOUS de la Convention, et, comme aux jours de septembre, elle s'efforça d'enflammer la population parisienne de cette fièvre de patriotisme qui fait les héros. Plus de trêve, plus de compromis : c'était un combat à mort entre les peuples et les rois, entre l'esclavage et la liberté, disaitelle, dans une proclamation brûlante. Au sommet de l'hôtel de ville et de l'église métropolitaine, elle fit hisser le drapeau noir, afin qu'à ce spectacle funèbre on ne songeât plus qu'à courir au secours de la patrie en danger.

Eh bien! «en ces douloureuses conjonctures, quand cha- Robespierre cun eût dû faire au pays menacé le sacrifice de ses ressen- ^ la seoUon timents particuliers, nous voyons le^principal organe des ^^^^[i ^^ " passions girondines, le Patriote français, déverser, selon son habitude, l'injure et la calomnie sur les patriotes qui s'efforçaient de communiquer au peuple le feu de leur indomptable énergie. Chargés de haranguer les citoyens de la section Bonne-Nouvelle, Robespierre et Billaud -Varenne les avaient conjurés de s'armer sans retard pour voler au secours de la République et des Belges nos frères, comme cela est dûment constaté par le procès-verbal de la section. Le journal de Brissot prétendit que le premier s'était conduit en véritable Mazaniello, et qu'il avait engagé le peuple à se lever contre ce qu'il appelait les intrigants et les modérés. Aucun mensonge ne coûtait à ces complaisants de la Gironde pour satisfaire les haines de la faction, et, la croyant inébranlable au pouvoir, ils ne se demandaient pas s'ils ne finiraient point par pousser à bout ceux que depuis plus d'une année ils outrageaient chaque jour.

On touchait à une heure de crise imminente, car on se sentait pris entre l'ennemi du dedans et celui du dehors, A la séance du 28 février, Saladin avait dénoncé le.tribunal d'Amiens pour avoir rendu à la liberté un prêtre émigré, et, sur la proposition de Goupilleau (de Fontenay), la Convention avait autorisé les directoires et corps munici-

Abolition

de la contrainte par corps.

Atteinte à la liberté de la presse.

paux à visiter toutes les maisons suspectées de receler des émigrés ou des prêtres ayant encouru la déportation. Le 9 marsy en présence d'une députation de la municipalité, elle décida que quatre-vingt-deux de ses membres iraient dans les départements réchauffer le patriotisme et pousser la nation aux frontières; puis, comme on s'était plaint de l'inertie du tribunal du 17 août^ elle décréta, sur une motion de Carrier, contre laquelle, seul, Lanjuinais s'éleva, rétablissement d'un nouveau tribunal extraordinaire, pour le jugement, sans appel, de tous les traîtres, conspirateurs et contre-révolutionnaires. Ensuite,. comme, avec elle, l'humanité ne perdait jamais ses droits, elle décréta l'abolition de la contrainte par corps sur une demande de Danton, complétée par Jean-Bon Saint-Andt'é. Cependant, ce décret conforme à la justice rencontra d'étranges résistances,|et ce fut seulement au bout de plus d*un mois que, sur les instances réitérées de Robespierre, il sortit sa pleine et entière exécution. Malheureusement, le jour même où fut abolie en principe la contrainte par corps vit porterégalementuneatteinte grave à la liberté de lapresse. Une bande d*in.dividus égarés étaient allés briser les presses du Courrier desquatre-vingt-trois départements^ journal de Corsas, et celles de la Chronique de Paris, comme de nos jours nous avons vu des bataillons de garde nationale en délire mettre à sac et à pillage l'imprimerie de certapts journaux démocratiques; or — détail assez curieux — les presses de Gofsas étaient celles de l'abbé Royou, concédées au journaliste girondin après le 10 août, et Billaud- Varenne se plaignit de ce qu'il les avait prostituées comme ce royaliste. A la nouvelle de l'événement, la Convention, frappant à la fois Corsas, Brissot et Marat, qui, pour les exagérations de leurs feuilles, dans un sens ou dans un autre, ne valaient pas mieux les uns que les autres, déclara, sur la motion de Lacroix, la qualité de journaliste incompatible avec celle de représentant du peuple. Il y

du 10 mais.

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