‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 126 sur 226 · CHAPITRE DIXIÈME 34i · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME 34i

tendaient pas, un écrivain dont Timagination maladive travestit trop souvent les faits au gré de ses préventions et de ses préjugés, M. Michelet, qui, sous prétexte d'histoire, a écrit une longue fantaisie sur la Révolution française, fait juger TAmi du peuple par un tribunal robespierrisle^ qu'il compose d'Herman, de Dumas et de Coffinhal. Parmi les jurés il compte Duplay, Souberbielle, le peintre Topino- Lebrun, nombre de menuisiers, etc., métier aimé de Robespierre. C'est tout simplement le contraire de la vérité. Le tribunal qui jugea Marat avait été nommé par la Convention, alors qu'elle était entièrement sous l'influence girondine. Montané présidait, avec Etienne Foucauld et Roussillon pour assesseurs ; Fouquier-Tinville siégeait comme accusateur public; enfin, les jurés étaient: Dumont, l'ex-consti tuant Langlier (de Feuquières), Brisson, Laurent Coppens, ancien député du Nord à la Législative, Lagrange, le médecin Cabanis, cet ami dévoué de Mirabeau, Jourdeuil, Fallot, Moulins, Gaunet et Laroche. Plus tard, en effet, le personnel du tribunal se trouva modifié, augmenté et formé d'éléments hostiles aux hommes de la Gironde; mais anticiper en histoire-, c'est pour ainsi dire commettre un faux. L'acquittement de Marat fut salué par les applaudissements populaires. L'Ami du peuple fut ramené en triomphe sur son banc de représentant. La tête ceinte d'une couronne de lauriers, il rentra dans la Convention au bruit des cris alternés de Vive la Républiqxjte! vive la nation ! vive Marat/ et à la confusion des Girondins dont l'un d'eux qui présidait, Lasource, dut subir toute l'amertume de cet échec. De l'échafaud où ils avaient voulu envoyer le sombre écrivain, ils avaient fait un autel.

Cependant, au milieu de ces orages. Girondins et Monta- ^^J^ gnards faisaient trêve à leurs haines, quand, par exemple, ils s'occupaient du bonheur des hommes, suivant l'expression de Danton, ou du soin de défendre la patrie. Ainsi, à la voix de Robespierre, la Convention, à l'unanimité, dé-

momenUDé.

crëta la peine de mort contre quiconque proposerait de traiter avec une puissance ennemie avant qu'elle eût au préalable solennellement reconnu la République, et sur une motion moins heureuse de Danton, elle déclara qu'elle ne s'immiscerait en aucune manière dans le gouvernement des peuples étrangers. Robespierre réclama au nom des nations qui, se fiant au décret du 15 décembre 1792, imploreraient contre leurs tyrans les secours de la France, et il obtint à leur égard une demi-satisfaction. Débats Mais OÙ Girondins et Montagnards semblèrent surtout

oonsututioii ^^^^» sinon dans une communauté de pensées, du moins dans un même sentiment d'amour pour la liberté, ce lut dans les discussions auxquelles donna lieu la constitution nouvelle. Ici les lutteurs disparaissent, les philosophes restent. Un grand pas avait été fait depuis 1789. On était allé de Voltaire à Rousseau. La liberté avait été la première préoccupation du pays régénéré, il s'agissait maintenant de fonder l'égalité. Le plan présenté par Condorcet n'avait point paru suflBsamment conforme à l'esprit démocratique. C'était pour cela que, dès le mois de février, les Jacobins avaient chargé une commission, dans laquelle figuraient Jean-Bon Saint- André, Robespierre, Billaud- Varenne, Thuriot et Saint-Just, d'étudier les bases d'une constitution républicaine. Ce fut au même point de vue que, le 17 avril, jour où commencèrent à la Convention les débats sur la constitution, Romme critiqua vivement le projet du comité girondin. Il fut d'abord décidé, sur la demande de Robespierre, qu'on fixerait bien nettement la Déclaration des droits de l'homme, parce que, au contraire des modes de constitution qui pouvaient varier suivant les

LaDédaration peuples, cette Déclaration devait être la même pour tous.

d^ droits. Le 21 avril 1 793, Robespierre lut aux Jacobins un projet de

Déclaration où il avait condensé en quelques articles les

principes sociaux qu'il s'était efforcé de faire triompher

depuis lorigine de la Révolution. Ce manifeste de la démo-

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