‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 128 sur 226 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

La guerre extérieure ne nous était guère plus favorable.. L'armée du Nord, démoralisée par la défaite de Neerwinden, désorganisée par la trahison de Dumouriez, n'opposait plus qu'une résistance inefficace à la coalition, qui venait de se renforcer d'un corps de dix raille Anglais sous lesordres du duc d'York. L'armée du Rhin avait été obligée de rétrograder et de se replier sur Landau. Celle des Alpes et celle d'Italie, aux ordres des généraux Kellermann et Biron, attendaient dans l'inaction. Enfin, au midi, le général Servan, n'ayant à opposer aux forces de l'Espagne qu'un petit nombre de troupes insuffisant, n'avait pu empêcher l'ennemi d'envahir le territoire français et de s'emparer d'Arles et de Céret. Ainsi pressée de toutes parts, la République eût été perdue, si les grands patriotes de la Convention n'avaient pas eu une foi indomptable et supérieure aux revers.

Le 30 avril, l'immortelle Assemblée réorganisait, sur Réorganiun rapport de Cambon, les forces de la République, et les divisait en onze armées, savoir : du Nord, des Ardennes, de la Moselle, du Rhin, des Alpes, d'Italie, des Pyrénées orientales, des Pyrénées occidentales, des côtes de la Rochelle, des côtes de Brest, et des cotes de Cherbourg. A chacune de ces armées elle adjoignit un certain nombre de représentants chargés d'exercer la Surveillance la plus active sur les opérations des fournisseurs, des agents du conseil exécutif, et sur la conduite des généraux. Tous les commissaires précédemment envoyés aux armées,-et qu'elle ne désigna pas de nouveau, durent rentrer immédiatement dans son sein. Le lendemain elle passa à l'ordre du jour mai 1793. sur une pétition par laquelle, sous menace d'insurrection, le faubourg Saint-Antoine réclamait une série de mesures révolutionnaires; mais successivement elle finit par décréter une partie de ces mesures. Le 3 mai, notamment, fut votée la loi du maximum des denrées, dont la fixation pour chaque département fut laissée aux soins des direc-

sation des armées.

• toires. Cependant il fallait songer à envoyer sans retard des renforts en Vendée et à lever des subsides pour Ten-

La Commune tretieti de ces nouvelles levées. La Commune, n'écoutant

et la Gironde. i • i • j j» » » . ,

que son patriotisme, ordonna, d après un vœu emis dans

* la Convention elle-même par le département de l'Hérault et approuvé par elle, le recrutement, par voie de réquisition, d'une armée de douze mille hommes pris, dans une proportion déterminée, parmi les employés, commis, clercs et négociants non mariés, et la levée d'un emprunt forcé sur les riches. Mais au lieu d'obéir, les jeunes gens désignés pour la réquisition se répandirent dans les Champs- Elysées, au Luxembourg, et par les rues, en criant : A bas la Montagne/ Cela se passait le S. Or, la veille, on avait pu lire dans lé journal de Brissot un véritable appel à la guerre civile ; et, par une coïncidence au moins bizarre, il se trouva que le domestique de Buzot fut au nombre de ceux qu'on arrêta dans le tumulte. Dés lors on put voir la bourgeoisie réactionnaire et les royalistes s'abriter derrière les Girondins. C'étaient là de funestes clients. Bien mieux, et comme si ce n'était pas assez d'une imprudence, Vergniaud, dans 'la séance du 6, attaqua violemment la Commune, au sujet de quelques-unes des arrestations opérées par son ordre. Robespierre prit vivement en main la défense de la municipalité et démontra à la Convention la nécessité d'appuyer, en de pareilles circonstances, les autorités constituées de»la ville. Deux jours après, avec une énergie toujours croissante, il prononça des paroles qui, d'un bout à l'autre de la République, électrisèrent tous ceux pour lesquels le mot de patrie n'était pas un vain mot. Indemnité aux citoyens nécessiteux pour le temps consacré par eux au pays, fabrication d'armes de toute espèce, établissement de forges sur les places publiques, tels furent quelques-uns des moyens proposés par. lui pour la défense du pays. Il fut vivement appuyé par Danton et Camille Desmoulins. Ce fut le moment que choisit Buzot

Page 1