‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 130 sur 226 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

det comparait outrageusement les patriotes de la Montagne Proposition aux séides de,Cromwell, et inopinément, conformément à "*°®"^*f^

f 1 .. . 1 Tr 1 » * 1 . , . ,» . de Guadet.

une resolution prise chez Valaze,ou lui et ses amis s étaient constitués en comité permanent, il' demanda la cassation des autorités de Paris, leur remplacement dans les vingtquatre heures par les présidents des diverses sections, et la réunion immédiate des suppléants de l'Assemblée dans la ville de Bourges. « Voilà donc la conspiration découverte ! » s'écria vivement Collot-d'Herbois. Arriva Barère qui fit entendre quelques • paroles de conciliation, et blâma , comme intempestives, les mesures proposées par Guadet. A sa voix, la Convention décida la formation immédiate d'une commission de douze membres chargée d'examiner les arrêtés pris par la Commune de Paris depuis un mois et de rechercher les auteurs des complots. Trois jours LacommiMion après, elle désigna, comme membres de cette commission, ^* ^^^' Bojrer-Fonfrède, Rabaut-Saint-Etienne, Kervélégan, Saint- Martin, Vigée, Gomaire, Bergœing, Boileau, MoUevault, Henri Larivière, Gardien et Bertrand , douze Girondins, dont quelques-uns étaient notoirement royalistes. Il était facile de prévoir quels déchirements allait provoquer une commission ainsi composée.

Au dehors, les sections parisiennes y virent une menace contre elles, et leurs commissaires, réunis à Tarchevèché, songèrent dès lors à résistera des mesures contre-révolutionnaires auxquelles on s*attendait.Quant à la Convention, elle devint une arène où Girondins et Montagnards se traitèrent mutuellement d'assassins, et où se croisèrent des dénonciations respectives. Le thème favori des orateurs de la Gironde était de jeter à la tête de leurs adversaires l'accusation d'être des fauteurs d'anarchie ; à quoi Robespierre jeune avait répondu, avec un grand sens, dans la séance du 20, qu*il n'était point de sans-culottes qui ne dussent désirer le maintien de l'ordre, parce qu'ils ne vivaient que de leur travail, et qu'on ne travaillait que

Histoire des Brissotins.

Complot imaginaire.

SOUS le règne des lois. A cette accusation banale, la Montagne répondait par des reproches autrement graves, que Camille Desmoulins réunit et condensa dans une brochure terrible intitulée : Histoire des Brissotins^ dont, le 19, la société des Jacobins vota l'impression à ses frais et la distribution à toutes les sociétés affiliées. De sa plume acérée et mordante, l'immortel pamphlétaire avait tracé un tableau sinistre des menées, des intrigues, des abus de pouvoir et des actes d'intolérance de la Gironde, sans s'inquiéter de savoir s'il n'avait point trop -chargé ses couleurs et si, à des vérités, hélas! incontestables, il n'avait pas accouplé, à la légère, bien des mensonges et des calomnies.

La colère des Girondins ne connut plus de bornes. La résistance de quelques-uns d'entre eux à un emprunt forcé d'un milliard sur les riches, qu'avait cependant appuyé Lanjuinais, accrut encore leur impopularité. Mais ils semblaient avoir juré de défier le destin. Une section de Paris, celle de la Fraternité, étant venue le 23 dénoncer un prétendu complot ourdi à la mairie et ne tendant à rien de moins qu'à regorgement d'une trentaine de membres de la Convention, la Commune somma, le soir même, les auteurs de la dénonciation de lui fournir tous les renseignements nécessaires pour qu'elle pût livrer immédiatement les traîtres aux tribunaux. De son côté, Pache protesta énergiquement contre cette dénonciation où il était mis en cause. Néanmoins, le lendemain, Vigée, au nom de la commission des Douze, évoquant ce complot Imaginaire, proposa entre autres mesures, à l'Assemblée, de s'entourer d'une garde formidable. <c Quoi ! s'écria Danton, voudriezvous décréter la peur! » Vaine protestation. Vivement ap. puyéepar Vergniaud, cette proposition fut votée d'urgence. Les Girondins se crurent entièrement maîtres de la situation: ce fut ce qui les perdit.

Coup sur coupjdans cette journée du 24, la commission des Douze ordonna l'arrestation de deux administrateurs

Page 1